Ibid
alors plus oppressif que jamais. Celait à la fin du II* siècle de notre ère.
L'empereur était Septime- Sévère, soldat né en Afrique, et élevé au trône par les légions après d'éclatants succès. Venu en Angleterre pour combattre une révolte, il y fut arrêté par la maladie. Se sentant mourir, il dit à Tami qui le veillait : Omnia fui et nihil expedit *. Puis, voyant entrer le centurion qui venait demander le mot d'ordre, il so leva sur son séant, et d'une voix ferme : laboremm'\ dit-il, et il expira.
Après la conquête des Gaules, et pour les neuf premiers siècles de l'ère chrétienne, les documents historiques sur les corporations d'artisans sont rares; ils suffisent cependant pour prouver qu'elles n'ont pas été éteintes ; à côté de l'esclavage, le travail libre a persisté, et il fallait assurément que sa vitalité fût forte pour qu'il ait pu lutter contre une telle concurrence.
Du X* siècle à la Révolution, les documents abondent au contraire ; les corporations, les confréries se multiplient et se fortifient. La grande industrie apparaît avec la paix donnée à la France par Henri IV. Colbert la protège, et par des règlements, sages alors, parce qu'ils assuraient les débouchés en assurant la fabrication loyale, et, par consé(|uent, la vente du produit, lui donne un grand essor; la discipline s'établit dans les ateliers ; l'apprentissage se règle enfin d'une manière plus libérale.
Il ne faut pas oublier que les corporations modernes sont nées sous la féodalité, et qu'elles sont contempo-
\. « J'ai joui de toutes grandeurs ; mais elles sont vaines aujourd'hui. »