‹ Étude Sur Le Tremblement SyphilitiqueChapitre 9 sur 18 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

LEE (Augustine), domestique, âgée de 18 ans, entre à l’hôpital de Lourcine le 27 janvier 1870.

Comme antécédents cette malade rappelle qu’à 5 ans elle a eu la fièvre typhoïde et à 9 ans le croup. Les règles ont apparu à 12 ans et ont été régulières depuis. Elle n’est sujette qu’à des accès rares de migraine, en un mot elle n’a jamais présenté d’accidents de maladies qui aient pu présager la ténacité de l’affection dont elle est atteinte aujourd’hui, seulement elle nous paraît un

peu pâle et naturellement chétive.

Comme aftection des organes génitaux elle s’est aperçue pour la première fois, il y a deux mois, des végétations implantées sur les grandes lèvres, et le jour de son entrée nous constatons l’état suivant : les grandes lèvres sont tuméfiées et indurées; sur chacune d'elles, lésions que la malade prétend anciennes de huit jours, constituées par une papule, assez saillante, idure, jaunâtre. Sur la face interne de la grande lèvre gauche, deux petites papules érosives rougeâtres. Sur les petites lèvres et le capuchon da clitoris nombreuses petites végétations pédiculées. Ecoulement vaginal abondant depuis cinq jours, micüon douloureuse, Dans les aines, bubons extrêmement douloureux, celui de droite est gros comme un œuf de poule. Sur l’amygdale droite plaques érosives dont la malade dit ne s'être jamais apercue. Au cœur souffle au premier temps et à la base,

dans les vaisseaux murmure continu et faible. Elle ne présente aucun symptôme nerveux ni dans la sensibilité ni dans la motilité, elle n’en a du reste, nous le répétons, jamais présenté. Le chef du service porte le diagnostic suivant : 1° végétations; 2° syphilis ayant pour manifestations deux chaneres indurés en voie de transformation papuleuse, siégeant sur les grandes lèvres; 3° chloro-anémie.

Traitement : Six pilules de Blancard, lotions à la liqueur de [abarraque, pansement avec oxyde de zinc.

A partir de ce point nous nous contenterons d’extraire du texte de l'observation les détails qui nous paraissent les plus intéressants.

45 février. La malade a depuis trois jours des accès fébriles vespérins, accompagnés de céphalalgie et suivis d’insommie. À partir de ce jour la malade présente des accès fébriles quotidiens, dont les tracés furent pris avec soin par l’interne du service ; nous ne croyons pas devoir les reproduire, parce que la fièvre syphilitique n'entre pas dans notre sujet et qu’il serait inutile d’allonger l’observation.

Le 17. Apparaissent une syphilide papulo-squameuse discrète, disséminée sur tout le corps et le début d’un psoriasis palmaire.

Traitement : Une pilule proto-iodure d'hydrargyre (à 5 centigrammes), deux cuillerées de sirop d’iodure de potassium.

Depuis ce jour jusqu’au 1° mars la malade n’a présenté de nouveau que les symptômes de la fièvre syphilitique quotidienne, c’est-à-dire en quelques mots : accès fébriles vespérins avec appétit conservé, langue humide, ventre plat, selles régulières, rate normale, etc. La céphalée persévère accompagnée d’étourdissements et de quelques douleurs dans les genoux. La circulation présente en

dehors des accès, des palpitations cardiaques et certaine rrégularité du pouls.

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7 mars. La malade nous dit que depuis quelques jours elle tremble de temps à autre. Sur notre interrogation elle prétend trembler constamment et avoir des accès où le tremblement est plus violent. Elle éprouve aussi des secousses musculaires ; à ce moment la syphilis a comme manifestations extérieures une syphilide papuleuse sèche sur les cuisses et une chute abondante de cheveux. La fièvre et la céphalalgie ont diminué.

Le 11. Elle se plaint encore d’avoir tremblé dans la journée. En effet, nous constatons en lui faisant étendre les bras, qu’ils sont agités d’un tremblement manifeste. À partir de ce moment la malade a repris les accès de fièvre syphilitique qui absorbaient exclusivement l’attention, et le 25 avril les syphilides étaient devenues maculeuses ; le psoriasis palmaire était accusé, la fièvre persistait, le tremblement aussi, et malheureusement les nécessités administratives la forcèrent à quitter brusque-

ment le service et nous ne pümes savoir ce qu'elle était devenue.

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