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L' iridocyclite plastique

Les symptômes de cette forme de l’ophthalmie ont été parfaitement étudiés et décrits par MM. Critchett, Donders, de Graefe et autres. La maladie est connue de tous les médecins qui ont vu un grand nombre de traumatismes de l’œil. Aussi n’aurons-nous que peu de remarques à ajouter à ce qu’on trouve dans les traités des maladies des yeux.

pupillaire a été fixé solidement à la capsule cristallinienne, l’iris forme des bosselures considérables, qui s’avancent dans la chambre antérieure et touchent quelquefois à la membrane de Descemet, Ces bosselures sont ordinairement séparées l’une de l’autre, par des sillons profonds, provenant de synéchies postérieures linéaires, et rayonnant du bord pupillaire vers la périphérie de l’iris. On arrive souvent à découvrir dans les parties saillantes de l’iris de gros vaisseaux déjà visibles à l’œil nu.

Dans plusieurs cas, nous avons compté de cinq à six bosselures distinctes ; dans d’autres cas, il est vrai, elles font entièrement défaut.

Quant à la tension du globe, plusieurs auteurs disent qu’au commencement elle est augmentée. Cette augmentation de la pression serait suivie plus tard d’une diminution, qui se produirait aussitôt que l’atrophie du globe se déclare. Nous n’avons pas pu nous convaincre de l’existence de l’augmentation de la pression, mais nous avons bien des fois constaté l’abaissement de la tension précédant les autres signes de l’atrophie.

On a souvent discuté la question de savoir si l’iridocyclite sympathique se distinguait, par des signes pathognomoniques, des autres formes de l’iridocyclite. M. Critchett pense que la forme sympathique ressemble en général à l’iritis récidivante grave, mais qu’elle en diffère parla roideur et la consistance coriace du tissu de l’iris, consistance qui oppose de grandes difficullés à l’iridectomie. Nous croyons qu’il n’y a pas de signe absolument caractéristique de l’iridocyclite sympathique. Cependant nous sommes d’avis que la rétraction infundibuliforme de la pupille, sa forme allongée et ovalaire, et lés grosses bosselures de l’iris ne se présentent pas à un si haut degré dans les autres

Quelque temps après la blessure du premier œil, pendant qu’il est encore sensible, au moins, au toucher, et après que le malade a souffert d’une légère photophobie, de larmoiement , et des difficultés de l’accommodation , parfois aussi de douleurs frontales, il se développe petit à petit une iritis ou iridocyclite qui diffère peu de l’iritis exsudative. Il est très-rare, mais il arrive cependant, et nous l’avons vu dans deux de nos cas, que cette iridocyclite éclate tout d’un coup, et avec une grande violence, sans avoir été précédée de ces symptômes prémonitoires. Quand l’inflammation commence, les douleurs névralgiques dans le front et dans la tempe deviennent intenses, il se forme une injection des vaisseaux conjonctivaux et sous-conjonctivaux, l’humeur aqueuse se trouble, l’iris se décolore et montre parfois des vaisseaux sanguins engorgés; le bord pupillaire devient irrégulier, et on voit des adhérences de l’iris à la capsule du cristallin, qui ne cèdent que très -imparfaitement à l’action de l’atropine. Bientôt ces phénomènes augmentent d’intensité, le tissu de l’iris se gonfle, les synéchies deviennent plus larges et finissent par former une véritable synéchie complète, qui ne permet plus à la pupille de se dilater après l’instillation de l’atropine, et qui ne tarde pas à exercer l’influence la plus fâcheuse sur la nutrition du globe de l’œil, tout entier, surtout sur celle delà choroïde, de la rétine et du cristallin. La vision, qui dans le commencement n’a été diminuée que par l’exsudation produite dans le champ pupillaire et par les troubles de l’humeur aqueuse, se trouve maintenant gênée, davantage, par les conséquences de la synéchie totale.

L’exsudation la plus abondante a lieu à la surface postérieure de l’iris. Quand la prolifération des cellules de la paroi postérieure de l’iris commence, après que son bord

formes de l’iridocyclite, et surtout que cet ensemble de phénomènes ne se développe si rapidement que dans l’affection qui nous occupe. En effet, nous avons vu des cas dans lesquels la marche de l’inflammation a été tellement rapide qu’elle conduisait à la cécité complète en moins de trois semaines. Or, nous ne connaissons pas d’exemples d’iritis sp^ontanées, dont la marche ait été aussi foudroyante.

On a observé^ dans quelques cas, que l’affection s’arrêtait et même qu’elle s’améliorait; mais c’est là une exception. Le plus souvent, l’affection augmente, en dépit de tous les moyens qu’on tente de lui opposer, et conduit peu à peu à l’atrophie du globe.

Nous donnons ci-après quatre observations choisies parmi un plus grand nombre, qui peuvent servir de types d’iridocyclite plastique. Comme des cas semblables ont été publiés en grand nombre, et comme ils ont une grande ressemblance entre eux, nous pensons qu’il serait inutile de relater tous les autres.

Observation I. — J. L., un ouvrier de 26 ans, s’est présenté à nous à Cologne, le 16 septembre 1863. Trois semaines avant, il s’était blessé l’œil droit avec un fragment de verre. Nous constatâmes une plaie de la cornée, s’étendant de dehors en dedans et de bas en haut, et occupant toute la largeur de cette membrane. La pupille est déviée et tirée vers le bord interne de la plaie. A cet endroit l'iris forme une hernie grosse comme une tête d’épingle. L’iris est adhérent à la cornée le long de la plaie. On applique un bandage compressif, que le malade porte pendant trois jours. Comme les douleurs et l’injection allaient en augmentant, on pratiqua l’ablation du prolapsus de l’iris. Jusqu’alors l’œil gauche était resté parfaite-

ment normal. Huit jours après, Toeil gauche présente une iridocyclite très -avancée, et sa vision est tellement réduite que le malade reconnaît à peine les plus gros caractères. On propose alors au malade l’énucléation de l’œil droit; mais il s’y refuse, et il ne consent qu’à subir l’iridectomie de l’œil gauche. Malgré cette opération, la vision diminue rapidement, et le 7 octobre, à peine seize jours après le début de la maladie à gauche, toute sensation de lumière a disparu. L’énucléation du globe droit, pratiquée à présent, restait sans effet comme il était facile de le prévoir.

Observation 11. — M. de L..., âgé de 31 ans, est blessé pour la première fois à l’œil droit, il y a cinq ans, avec un tire-fond. Aucun corps étranger n’est entré dans cet œil. La vue s’affaiblissait fortement. Un an après l’accident, on lui fit une opération (essai d’iridectomie) qui améliora un peu la vision. Six semaines après l’opération, nouvel accident ; une bûche lui est tombée sur l’œil droit et lui a fait une contusion aux paupières. A la suite de ce deuxième accident, la vue se perdit tout à fait. L’œil gauche, resté bon jusqu’il y a un an, commence alors à s’affaiblir ; un mois après, le malade ne peut lire, et au bout de deux mois, la vision est affaiblie au point qu’il ne peut plus se conduire seul. L’œil gauche présente maintenant les caractères de l’iridocyclite maligne, et sa vision est réduite à la sensation quantitative de lumière. Avant le commencement de l’inflammation, le malade éprouvait de temps en temps des douleurs sourdes dans le front et la tempe du côté gauche, et souvent aussi le symptôme de fréquentes et longues interru'ptions de la vision.

Observation IIl. ~ L..., âgé de 3G ans, cultivateur, a

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subi un traumatisme à l’œil droit, il y a dix ans, en se heurtant contre une branche d’arhre. 11 s’ensuivit une inflammation qui ne laissait pas de suite. Le malade a bien vu des deux yeux jusqu’au 19 juin 1867. Ce jour-là il se forma un abcès à la cornée de l’œil droit, accompagné de douleurs frontales, injection de la conjonctive, larmoiement et enflure des paupières. Cette inflammation dura quinze jours et réduisit la vision de l’œil droit à la sensation quantitative de lumière. La forme du globe de l’œil n’était pas changée. Trois mois après, nouvelle attaque inflammatoire qui durait de trois à quatre semaines, et amenait une perforation de la cornée avec hernie de l’iris. Cette attaque inflammatoire n’était pas encore tout à fait passée, lorsque, vers le 20 octobre 1867, l’œil gauche, excellent jusqu'alors, commença à voir des brouillards. Ces brouillards changèrent beaucoup d intensité, mais ils allèrent généralement en augmentant, sans que l’œil gauche eût jamais souffert. Nous vîmes le malade pour la première fois, le 11 mars 1868, et nous constatâmes l’état suivant :

L’œil droit atrophié, la cornée aplatie et vascularisée, la conjonctive fortement injectée. La région ciliaire audessus de la cornée est extrêmement sensible au toucher. La paupière inférieure est ectropionnée.

L’œil gauche présente une injection de vaisseaux sousconjonctivaux, occlusion et adhérence totale de la pupille. L’iris est bombé en avant ; son tissu est fortement altéré. Le globe gauche n’est pas sensible au toucher. La vision est tellement réduite que le malade ne reconnaît le nombre des doigts qu’à la distance de deux pieds.

On pratiqua le lendemain l’énucléation de l’œil droit, et deux jours après, on essaya de faire une iridectomie à

l’œil gauche. On réussit à exciser un morceau d’iris de grandeur moyenne.

Malgré ces opérations, l’iridocyclite de l’œil gauche fait des progrès, et quatre mois après, la vision était réduite à la sensation quantitative delà lumière. L’iris, formant plusieurs bosselures , présente de gros vaisseaux ; la pupille est tirée en arrière; le champ de la pupille naturelle et artificielle est obstrué par une membrane épaisse; le cristallin est opaque. Dans cet état désespéré, on se décida à faire l’extraction de la cataracte avec une nouvelle iridectomie en haut. La plaie guérit, mais la pupille se trouva bientôt remplie par une nouvelle exsudation, et le malade resta aveugle.

Observ. IV. — M. A. F., âgé de 42 anSj a été en traitement dans la clinique de M. Liebreich, vers la fin de février 1869. Au commencement du mois de février, le malade s’est blessé à l’œil droit; en cassant des pierres, il sentit qu’un fragment était venu frapper son œil droit. Cet œil présenta une perforation de la cornée avec hernie de l’iris, opacité et gonflement du cristallin. Un traitement convenable fit cesser les douleurs et l’inflammation. Cependant, lorsqu’il se présenta de nouveau, le 3 mai 1869^ la région ciliaire du côté supéro- interne de l’œil droit est encore très-sensible à la pression. Nous constatâmes en même temps, que de nombreux vaisseaux sanguins sillonnaient la cornée , se rendant â la cicatrice centrale, à laquelle adhérait l’iris. La cornée, ainsi que le bulbe entier, est atrophié. La consistance de ce dernier est très-diminuée, il y avait encore une injection ciliaire rosée et du larmoiement. Sauf un larmoiement fréquent, l’œil gauche est resté en bon état jusqu’au 1" mai;

sa vue était excellente; et le malade pouvait s’occuper comme à l’ordinaire. Le t"mai, la vision s’est affaiblie subitement par l’apparition d’un brouillard épais, qui couvre tout, surtout les objets rapprochés. Point de douleurs spontanées, mais sensibilité forte au toucher de la région ciliaire en haut et en dehors. Léger trouble superficiel de la cornée visible à l’éclairage latéral. On constate une iritis parenchymateuse avec une forte adhérence triangulaire du côté supéro-interne. Le fond de l’œil est voilé ; la pression intra-oculaire est normale ; vision :

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