EC
le nitrate d'argent, le bichlorure de mercure, J'acide acétique
et le ferrocyanure de potassium, donnant la réaction du biuret.
Le produit ainsi obtenu, tout en étant toxique, l'était à un degré
moindre que la toxine de MM. Roux et Yersin.
Mais Brieger et Frankel avaient négligé une précaution indispensable, ils oubliaient que le bouillen de culture contenait primitivement des substances albuminoïdes et que le poison qu'ils attribuaient au bacille de Loffler pouvait bien n'être que ces matières albuminoïdes plus ou moins modifiées ; c'est ce que vinrent prouver Wassermann et Proskaüer, qui isolèrent d'une part une albumine jaune non toxique, mais provenant du bouillon, et d’autre part une substance blanche toxique, mais faiblement et provenant soit de la sécrétion bacillaire, soit des modifications du milieu albuminoïde sous l'influence de la vie du microbe. L'incertitude persistait quand” même et c'est M. Guinochet, pharmacien de l'Hôpital de la Charité, qui, dans un mémoire auquel nous avons déjà fait allusion, éclaira définitivement cette question en 1891.
M. Guinochet prit de l'urine et s'assura qu'elle ne contenait aucune trace d’albumine et de peptone, il l’ensemenca ensuite avec le bacille de Lœffler, puis, après quelque temps d’exposition à une température convenable, il filtra au filtre Chamberland et inocula le liquide à des animaux : il obtint les mêmes résultats qu'avec les cultures dans les bouillons, mais en employant des doses trois fois plus fortes.
Il en conclut que la toxine bactérienne de la diphtérie ne dérive pas nécessairement de matières albuminoïdes ou tout au moins qu'elle peut être élaborée en l'absence de ces matières.
M. Guinochet ne put déceler de matières albaminoïdes dans ses cultures, mais ne conclut pas à leur absence et se retrancha derrière la faible quantité qu'elles peuvent renfermer et le défaut de sensibilité des réactifs.
a ete de diphtérie p par Griffiths en 1891.
Griffiths Ja décrit comme une substance blanche cristallisée,
' donnant des sels cristallisés avec l'acide chlorhydrique, le chlos rure d'or et précipitant de ses solutions, en jaune par le tanni, en blanc par l'acide phosphomolybdique, en jaune par l'acide pierique et en brun par l'iodure de potassium et de bismuth; elle répond à la formule C“ITA 206, ee he | Cette étude encore incomplète nous permet d'exposer le principe de la sérothérapie de la diphtérie : c’est la substance diastasique atténuée par l'addition d’iode qui est injectée au cheval, et il est probable que cette diastase atténuée produit au contact des matières albuminoïdes qu’elle rencontre chez le cheval, une véritable fermentation déterminant dans l'orgapisme du cheval les productions peut-être de plomaïnes ou de toxalbumines qui constituent l’antitoxine du sérum de Roux. Nous avons commencé récemment des recherches dans ce sens, mais nous n'avons encore rien obtenu de certain. è L'étude de ces antitoxines, si ce sont des alcaloïdes, viendra encore compliquer la question des alcaloïdes, d’origine micro-
bienne déjà si obscure.
Bacille d'Eberth ou de la fièvre typhoïde. . Er
L'étude de la pathogénie de la fièvre typhoïde a donné lieu à beaucoup de polémiques et l'accord est loin d'être fait entre les partisans des diverses théories : c'est ainsi que Peter et son école admettaient l’autotyphisation, c'est-à-dire l'infection de l'individu par l'accumulation, sous l'influence d’un surmenage quelconque, de substances toxiques produites par l'organisme à l'état normal, mais en quantité trop considérable pour être éliminées : ces substances étaient d’ailleurs à l’ordre du jour à cette époque, grâce aux travaux d'Armand Gautier sur les leucomaïnes. ;
La découverte d'un microbe agent pathogène de la fièvre typhoïde considéré comme le bacille coli commune par les uns et comme un bacille spécifique par les autres, engagea les chimistes à étudier ses toxines. RL
Brieger en 1885 isola à plusieurs reprises des vieilles cultures de bacille typhique le chlohrydrate très déliquescent d’une base très toxique et dont la toxicité se manifestait chez les cobayes par l'augmentation de la salivation, la fréquence des mouvements respiratoires, l'impossibilité de contracter les muscles des extrémités et du tronc sans qu'il y ait de paralysie au sens vrai du mot; la diminution des battements du cœur, des évacuations diarrhéiformes et la mort dans le délai de 24 à 48 heures.
Cette base était obtenue par précipitation des cultures avec le bichlorure de mercure. Le chlorhydrate se présentant sous la forme d'une poudre blanche soluble dans l'eau précipitant par le chlorure d'or mais non par le chlorure de platine, donnant un précipité. blanc avec, l'acide phosphomolybdique,
blanc jaunâtre avec l’iodure double de potassium et de mercure,
ne OT
. brun rouge avec l'iodure double de bismuth et potassium; blanc jaunâtre avec le tannin et brun avec l’iodure de potassium ioduré.
L'analyse du sel d'or donna 43 °/, d'or, 16 de carbone et 3, 6 d'hydrogène. Brieger appela cette substance typhotoxine et la considéra comme une triamine.
Arthur Luft en 1889 isola des urines de typhique un alcaloïde cristallisé et présentant les réactions de la HROSRESRE de Brieger et précipitant en jaune par l'acide picrique.
Garré et Freundereich en 1891, constatèrent que l'urine des, typhiques contient d'autres substances douées de propriétés vaccinantes que Brieger et Frankel essayèrent d'isoler par précipitation avec l’alcool, le sulfate d'ammoniaque et la dialyse,
mais sans y réussir.
Bacille de la tuberculose.
La présence de substances toxiques dans le corps des bacilles de la tuberculose avait été mise en évidence au moyen d'expériences physiologiques par Prudden et Hodenpyl, par: Strauss et Gameleia, et dans'les cultures de bacille par Maffucci ; Arloing, Rodet et Courmont dans deux communications faites à l’Académie des sciences les 7 mai et 11 juin 1888, avaient supposé que le bacille de la tuberculose secrète un poison primitif diastasique qui agit sur les tissus tuberculeux pour former un poison alcaloïde,
Cet alcaloïde a été isolé du corps des bacilles par Hammerschlag et de ses cultures par Zuelzer.
Hammerschlag, dans une note publiée le 1° janvier 1891 dans le « Centralblatt Fur Bacteriologie ou Parasitenkunde, »
annonce ainsi le résultat de ses recherches : les substances
actives contenues dans les bacilles de la tuberculose peuvent être extraites par l'alcool et l’éther qui les dissolvent et ces bacilles en contiennent en moyenne de 20 à 27/100. Ces extraits éthéroalcooliques contiennent des graisses, des lécithines et un poison qui détermine chez le lapin et le cobaye des crampes. Le poison précipité extrait par la méthode de BosE a présenté les réactions des ptomaïnes.
Luelzer dans le « Berliner Klinische Wochens, 26 janvier 1891 » décrit le chlorhydrate d’un alcaloïde qu'il a retiré par la méthode de Brieger des cultures de bacilles de la tuberculose : cette ptomaïne est convulsivante, accélère la respiration et élève la température du corps de deux degrés environ à la dose de un centigramme.
On sait que Koch en faisant macérer des bacilles de la tuberculose dans la glycérine et en précipitant cette macération par l'alcool a obtenu une solution glycérinée de substances solubles du bacille de la tuberculose qu'il avait présentée sous le nom de. Lymphe de Koch comme une substance destinée à guérir la tuberculose ; cette substance a été l’objet d’une étude chimique de la part de Jolles, qui a publié ses résultats dans le «Inter Klinische Rundschau, » il conclut à l’absence d'alealoïdes dans ce produit.
L'étude des travaux de Lebon sur les ptomaïnes volatiles des cadavres et des malades atteints du choléra nous avait engagé à rechercher des ptomaïnes volatiles dans les produits de l’expiration des tuberculeux, nous avons dans ce but fait barbotter dans de l’eau légèrement acidulée l'air provenant de la bouche de tuberculeux, la salive et les bacilles étaient arrètés par une légère couche d'ouate ; le liquide ainsi obtenu est très toxique et son action toxique se manifeste par la stupeur et l'abattement suivi de mort, tandis que le liquide obtenu dans les mêmes
conditions chez l’homme sain est toxique également, mais à dose
beaucoup plus considérable, et son pouvoir toxique se manifeste par l'excitation générale. |
Le premier liquide traité par l’éther après neutralisation et la solution éthérée agitée avec un petit volume d’eau acidulée avec l'acide chlorhydrique nous a donné une liqueur précipitant en blanc par le bichlorure de mercure, en jaune par l'acide phosphotungstique, mais les précipités obtenus étaient trop faibles pour être recueillis et soumis à l'analyse élémentaire.