INTRODUCTION
La fin du xx°° sièele voit s’accomplir dans les sciences médicales une révolution qui tend à renverser toutes les théories admises jusqu'alors pour expliquer les causes des maladies des hommes et des animaux et à établir une nouvelle thérapeutique dont les succès éclatants répondent à l'attente des novateurs.
Résumons en quelques mots l’histoire de la doctrine microbienne née le jour où Pasteur s’aidant du microscope, reconnut que le sang, les humeurs et les sécrétions de malades atteints de certaines affections renferment des organismes infiniment petits auxquels on donne le nom de microbes, L’expérimentation lui ayant démontré que l'introduction artificielle de ces infiniment petits dans l'organisme animal produit une maladie semblable, imposait la conclusion suivante : Les microbes sont la cause des maladies infectieuses.
Ce premier point acquis et confirmé par les découvertes multiples de l'École pastorienne, les pathologistes se mirent à l’œuvre pour rechercher par quel mécanisme le microbe exerce
son action pathogène : on admit d’abord le parasitisme s’exer-
cant aux dépens de l'organisme, puis une action, mécanique résultant de l'accumulation des microbes dans les vaisseaux el se traduisant alors par des embolies et leurs conséquences; ou par une action destructive sur les tissus.
Ces hypothèses peu satisfaisantes ne tardèrent pas à faire place à la doctrine chimique; c'est Toussaint qui, le premier,
’ affierma que les microbes secrètent des produits solubles au moyen desquels ils agissent sur nos tissüs et sur nos organes.
A l'étude de ces produits solubles, au point de vue de leur action physiologique, se rattachent les noms de Chamberland et Roux qui dotent la science d'un instrument permettant de séparer les microbes de leurs produits solubles; de Cbarrin qui, par l'étude du bacille pyocyanique et de ses produits, formule d'une facon magistrale la pathogénie des maladies infectieuses; de Bouchard qui étudie les transformations subies par les poisons solubles dans notre organisme et les moyens de défense qui permeltent à cet organisme de se débarrasser de ces substances malfaisantes.
L'étude de ces produits solubles ne préoccupe pas seulement les médecins et les physiologistes, mais aussi les chimistes qui voient l’analogie entre la maladie, fermentation morbide, et la putréfaction, fermentation putride; ïls cherchent à isoler, séparer et à caractériser ces produits de sécrétion des microbes et à ces études se rattachent les noms de Gautier, Selmi, Villiers, Brieger, Pouchet, Gamaleia, ete.
A mesure que les découvertes des chimistes deviennent plus nombreuses, on reconnait que les produits microbiens appar-
tiennent à deux grandes catégories : les uns sécrétés par le
|ingérée … a influencée. par la ee ob
ment et physiologiquement ils se comportent comme des alca- | loïdes végétaux : les preniee reçoivent le nom de poisons
— primitifs et sont considérés comme les auteurs de fermentations
amenant une décomposition des matières albuminoïdes, décom-
| position produisant 1 les seconds poisons dérivés, alcaloïdes mi-
__ crobiens qui feront seuls l’objet de cette étude.
La Cette question touche done à la fois à la bactériologie à
Jaquelle elle emprunte ses modes de culture et ses données sur : les conditions les plus favorables à la vie du microbe. Elle touche à la chimie biologique qui lui donne la composition des milieux animés dans lesquels vivent les microbes et aux dépens desquels ils élaborent leurs toxines. La Chimie pure nous fournira ses procédés d’analyse et des réactifs qui nous permettront d'isoler, de caractériser ces substances et d'essayer même d'étudier leur constitution intime.
La Physiologie nous sera souvent d'une grande utilité, car
elle nous permettra, quand nous n’aurons qué de faibles quantités de substances trop minimes pour permettre l’expérimentation chimique, d'en reconnaître la nature par analogie de l'action physiologique avec celle de substances connues, . Nous verrons en terminant cette étude qu'inversement elle a ourni des données très précieuses, à la chimie, à la physiologie, à la pathologie, à la thérapeutique et à la médecine légale. à
Nous chercherons «surtout à mettre en lumière les faits les plus saillants de l’histoire des Alcaloïdes d’origine mierobienne, ceux qui ont donné lieu à des découvertes ou à des considéra-
tions intéressantes pour les diverses sciences que nous venons
d'énumérer.