‹ Étude sur les alcaloïdes d'origine microbienneChapitre 8 sur 28 · MODES GÉNÉRAUX DE PRÉPARATION · texte numérisé non relu

MODES GÉNÉRAUX DE PRÉPARATION

Nous ne donnerons ici que les procédés qui s'appliquent à la recherche générale des alcaloïdes microbiens, ceux qui sont d'un usage moins général seront étudiés avec les alcaloïdes auxquels ils sont appliqués. Nous suivrons dans cette étude l’ordre historique.

Méthode de Stas modifiée par Otto.

Elle consiste à diviser complètement les matières et à les faire digérer dans l'alcool à 90 degrés à une température de 70° environ pendant un temps assez long, après les avoir préalablement additionnées d’une quantité suffisante d'acide tartrique pour maintenir la réaction légèreîment acide. — On renouvelle plusieurs fois l'opération, puis on réunit toutes les liqueurs alcooliques que l’on filtre et que l’on évapore dans le vide à 35°. Le résidu est agité avec de l’éther qui dissout les matières grasses, on décante, puis on mêle le résidu avec du verre pilé; on évapore à siccité dans le vide, en desséchant l'atmosphère avec de l’acide sulfurique. On reprend le résidu par l'alcool absolu, on évapore à nouveau après 24 heures, on dissout le produit dans l’eau, on neutralise et on alcalinise même légèrement par du bicarbonate de- soude. L’alcaloïde est dissous dans l’éther qui l’abandonne par évaporation. Il est alors plus ou moins pur.

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Méthode Dragendorff.

La méthode de l’éminent chimiste de Dorpat consiste à hacher finement les matières et. à les mélanger avec une quanüté suffisante d'acide sulfurique dilué, pour former une bouillie claire et à faire digérer le tout à 50° pendant quelques heures. On exprime le mélange et on recommence deux ou trois fois cette opération. Les liqueurs réunies et filtrées sont évaporées en consistance sirupeuse puis additionnées d'alcool à 95° qui précipite complètement les matières albuminoïdes qu'on sépare ensuite par filtration, tandis que le liquide est évaporé. Le résidu est lavé par la benzine à deux reprises pour le débar-

.rasser des matières grasses, puis additionné d’ammoniaque jusqu’à réaction franchement alcaline; on- chauffe alors à 40, à 50°, puis on dissout l’alcaloïde en traitant à plusieurs reprises par la benzine, cette benzine cède cet alcaloïde à l’eau acidulée par SOSSHO et le sulfate formé sera décomposé par l’ammoniaque.

On purifiera l'alcaloïle par diverses dissolutions dans l’eau

acidulée, puis dans la benzine, l’éther, le chloroforne, etc.

Méthode de Gautier et Etard.

Les liqueurs putrides étaient acidulées par l'acide sulfurique étendu, puis séparées des huiles surnageantes et distillées dans le vide à basse température. Il se dégageait de l'ammoniaque, du scatol, de l'indol.... Le résidu liquide sirupeux séparé des cristaux qui se forment, est alcalinisé avec de la baryte, filtré, et la liqueur est agitée un grand nombre de fois avec du chloroforme pour dissoudre les bases. On distille

ensuite à basse température dans le vide ou dans un courant

d'acide carbonique, et à la liqueur qui reste on ajoute de l’eau acidulée avec de l’eau tartrique. On filtre pour séparer une matière résineuse brune qui s’est précipitée. La liqueur filtrée et traitée par la potasse affaiblie,dégage une vive odeur de carbylamine et met les ptomaïnes en liberté. On les enlève avec l’éther et on les sépare en bloc par évaporation dans un courant d'acide carbonique sous une cloche contenant de la potasse caustique pour empècher leur carbonatation. On peut alors les séparer et les caractériser individuellement par précipitations fractionnées au moyen du chlorure de platine ou par distillation fractionnée dans le vide.

REMARQUE. — Ce procédé n'était qu'une modification d’un procédé plus ancien et que nous rappellerons à cause de son intérêt historique : c’est en l’appliquant que Gautier découvrit la plupart de ses ptomaïnes. Il coagulait les sucs ou liquides sur lesquels il opérait par l’acide sulfurique étendu, la liqueur était, après filtration, traitée par un lait de magnésie en excès puis refiltrée et distillée. La liqueur distillée et acidulée par l’acide chlorhydrique, évaporée à sec, puis traitée à plusieurs reprises par l'alcool absolu, donnait les chlorhydrates d’alcalis volatils. On reprenait alors le résidu de la distillation, on le concentrait presque à sec dans le vide, on ajoutait le précipité magnésien préalablement formé et le tout mélangé de sable et d’eau formait uue bouillie qu'on desséchait à 60° environ pour l’épuiser ensuite dans le digesteur Payen au moyen de l’éther. L'éther en s'évaporant laissait un résidu qui, repris par l’eau acidulée, donnait les sels des alcaloïdes fixes.

3° Méthode de Gautier.

M. Gautier a perfectionné les méthodes précédentes en rem-

plaçant l'acide sulfurique par l’acide oxalique qu'il ajoute aux

On chasse Laleoot par | distillation, on un de de soude. et la liqueur agitée avec l'é éther alcoolique, l’éther de se et le chloroforme leur cède les alcaloïdes volatils.

Les alcaloïdes fixes seront obtenus en traitant par l'éther à 36 le produit resté dans l’ appareil distillatoire avec l'excès de chaux. La solution éthérée traitée par l’eau acidulée abandonnera les bases qui seront précipitées par la soude.

Méthode de Pouchet.

M. Pouchet à imaginé une méthode applicable surtout aux

urines et aux liquides de l'organisme, méthode qui consiste à

précipiter par le tannin l'urine préalablement alcalinisée, puis à décomposer les tannates formés par l’hydrate de plomb en présence de l’alcool, filtrer ensuite et distiller pour recueillir l’alcool, dialyser le résidu pour séparer les alcaloïdes qui seront séparés par les dissolvants appropriés.

Cétte méthode a l'inconvénient de ne donner qu'une partie

des alcaloïdes, car au contact de l'air Le tannin s’oxyde et s’al-

tère, surtout en présence des alcalis dont la précipitation devient incomplète.

Méthode de Brieger.

L'Allemand Brieger auquel on doit la découverte d’un grand nombre d’alcaloïdes microbiens, les isolait par la méthode suivante que nous empruntons textuellement à son livre « Ueber

® Q , a , Qt = Ptomaine » : La viande hachée finementest abandonnée à la putré

faction au contact de l'eau pendant cinq ou six jours ; la masse,

après ébullition, est filtrée et précipitée par le sous-acétate de plomb ; l’excès de plomb est éliminé par l'hydrogène sulfuré, la liqueur débarrassée du sulfure de plomb est évaporée jusqu'à consistance sirupeuse et épuisée par l'alcool amylique ; on distille, puis on reprend le résidu par l’eau ; on concentre, on acidule par l'acide sulfurique, et on agite la masse avec de l’'éther qui enlève les acides de la série benzènique ; par évaporation, on réduit au quart le volume initial pour séparer les acides gras. On se débarrasse de l'acide sulfurique par la baryte dont on élimine l'excès par l’anhydride carbonique ; on filtre et on chauffe au bain-marie. Après refroidissement, on précipite par le chlorure mercurique. On lave le précipité, puis on le décompose par l'hydrogène sulfuré : finalement on concentre par évaporation. [l se dépose d’abord des substances inorganiques qu'on sépare et qu'on lave à l’acool absola.

Bientôt après, on voit se former des cristaux solubles dans l’eau et l'alcool étendu, insolubles dans l'alcool absolu, la benzine, le chloroforme. Les corps qui cristallisent sont séparés les uns des autres par précipitation fractionnée à l’aide du chlorure de platine et du chlorure d’or.

Ce procédé trop compliqué a été simplifié par son auteur

qui se contenta ensuite de porter à l’ébullition ses liqueurs,

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