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tendue. L’œdème peu marqué au début devint plus étendu; le
pus semblait collecté. Le médecin qui le soignait se proposa de
faire une incision à l’anesthésie locale, au niveau du point le plus tendu, c’est-à-dire à la face postérieure de la jambe, à sa partie moyenne, un peu en dedans de la ligne médiane. Mais, à peine avait-il fait une incision de 2 centimètres qu'un jet de sang gigla. Insuffisamment installé à l'Hôtel d'Angleterre pour tenter une opération plus importante, le médecin mit un garrot très serré au-dessus du genou, et fait transporter d’urgence le
blessé au Casino municipal, où le docteur Ravanier fit avec nous
l'intervention qui s’imposait.
Opération. — Le blessé est endormi à l’éther ; le pansement retiré nous montre la jambe très gonflée, tuméfiée. La pression fait sortir par la petite incision, qui venait d’être pratiquée, un mélange de caillots et de sérum sanguin. Le garrot retiré, l’écoulement augmente; l’artère blessée se trouve en effet très profondément située par rapport à l’incision, et ne communique pas directement avec l’extérieur. L’exploration au stylet nous mène dans une vaste cavité, que l’on sent encombrée de caillots.
Les orifices produits par la balle sont cicatrisés, et ne laissent pas passer un stylet. |
Un garrot est placé de nouveau au-dessous du genou; après les règles d’aseptie habituelles, l’incision précédente ne pouvant nous servir, fut négligée, et on fit l’incision classique de la ligature de l’artère tibiale postérieure à sa partie moyenne, un peu en arrière du bord interne du tibia, mais beaucoup plus longue que normalement (environ 20 centimètres). Après incision des plans superficiels, peau et aponévrose superficielle, on tombe dans une vaste cavité qui peut admettre les deux poings, et emplie de caillots que l’on évacue. Après un nettoyage complet de cette poche, on constate qu'elle est limitée en avant par la face postérieure du tibia et péroné, recouverts du jambier postérieur, et des muscles fléchisseurs de la jambe et en arrière par le triceps sural refoulé et dilacéré.
En haut l’épanchement s'étend jusqu'au creux poplité, et on peut suivre les caillots jusqu’à la partie inférieure de la jambe.