‹ Étude sur les anévrismes diffus traumatiquesChapitre 12 sur 27 · ME · texte numérisé non relu

ME

AR SEE ce

SE

De plus, le péroné est fracturé à sa parlie moyenne, par le passage de la balle, et sur 2 centimètres environ, le péroné est remplacé par trois ou quatre esquilles mobilisées, si bien que le sang avait fusé par cet orifice jusque dans la loge des péroniers latéraux à à la face externe de la jambe: Les esquilles du péroné sont enlevées. Puis on recherche les vaisseaux qui saignent. Mais les muscles, le tissu cellulaire, et tous les éléments sont tellement infiltrés et dilacérés qu'il est presque impossible de chercher l'artère tibiale postérieure anatomiquement.

On lâche prudemment le garrot, et l'apparition d’un jet de sang nous montre la situation des vaisseaux tibiaux postérieurs, contre la paroi antérieure de notre cavité, à la face postérieure du tibia. La gaine des vaisseaux est isolée. Elle est déchiquetée, friable, ainsi que les vaisseaux qu’elle contient. L’artère rompue est morcelée sur 7 à 8 centimètres. Les deux extrémités sont isolées, en haut et en bas, et une pince de Kocher est placée sur chacune. Une pince est placée de même sur plusieurs artérioles ou veinules qui saignaient.

Le nerf tibial postérieur est intact, mais macéré. Tout repère anatomique est très difficile. On lâche de nouveau le garrot; le sang coulait encore assez abondamment au niveau de la fracture du péroné, hémorragie due sans doute à la blessure de l’artère péronière par les esquilles ou par la balle elle-même. Des pinces à forcipressure sont placées sur les vaisseaux qui saignent.

Les tissus étant très friables, on décide de ne pas mettre de ligature, et de laisser les pinces à demeure. Un tamponnement très serré autour des pinces, avec des compresses tassées dans la cavité. On fait le pansement. Û

Ce tamponnement étant un peu douloureux, on fait des piqûres de morphine, qui permettent au blessé de reposer pendant deux jours. 4

Après quarante-huit heures, le tamponnement est supprimé, et les pinces enlevées prudemment. L’hémostase est complète. On refait un tamponnement, mais moins serré.

Il n'y eut plus aucun incident, sauf un peu de fièvre les trois premiers jours (38°,5 le soir), due à ce que cette vaste poche

Ut de

était infectée, et que le tamponnement ne permettait qu’un drainage insuffisant.

Après quatre jours, quand il n’y eut plus aucune menace d’hémorragie, on fit des lavages antiseptiques avec de l’eau oxygénée, et un tamponnement lâche de la cavité.

En peu de jours, la suppurafion diminue, pour se tarir presque complètement. À peine les premières compresses sontelles tachées. La plaie bourgeonne très activement; il n’y à plus d'œdème.

Le 25 octobre, soit dix jours après, il reste encore une longue plaie, assez profonde, mais couverte de bourgeons fermes, de bon aloi, qui ne laissent plus deviner les dégâts qui existaient. La cicatrisation complète est affaire de jours.

La fracture du péroné persiste, car il existe 2 centimètres environ entre les deux extrémités osseuses; mais elle a été recouverte complètement par le processus de cicatrisation, et elle se consolidera facilement comme une fracture fermée et isolée du péroné (le tibia étant intact).

Le pied n’est capable que de peu de mouvements, car un pansement maintient encore la jambe serrée, et tout mouvement occasionne une douieur au niveau de la plaie.

Il n’y a aucun trouble sensitif, pas d’anesthésie, ni aucun trouble trophique.

Observation IIT. — Anévrisme diffus de la jambe gauche, par blessure de l’artère tibiale postérieure. Incision de lanévrisme. Ligature de l'artère. Guérison.

P... (Joseph), vingt-cinq ans, cultivateur, 77° d'infanterie. Hôpital temporaire du casino municipal de Biarritz, salle C, n°82:

Aucun antécédent héréditaire ou personnel intéressant. Parti le deuxième jour de la mobilisation à Cholet, il supporta sans difficulté les diverses épreuves de son régiment. Il prend part avec le 77° à la bataille de la Marne, et est blessé près de

als sus) lac an ie

ÿ (TE 4

Page 1