‹ Étude sur les anévrismes diffus traumatiquesChapitre 14 sur 27 · CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES

Nous venons de rapporter quatre observations d’ané-

vrismes diffus traurmatiques, qui nous semblent

présenter au point de vue anatomique et physiologique

certains intérêts. Comme nous aurons l’occasion de le

dire de nouveau plus loin, au point de vue physiolo-

gique, un anévrisme diffus traumatique équivaut à une ligature de l’artère. L’artère est, en effet, interrompue dans sa continuité, et elle ne peut plus, par ellemême, ni par ses branches directes irriguer le segment de membre sous-jacent, qui se trouve placé subitement dans les plus mauvaises conditions possibles de nutrition — les conditions equivalent à une ligature expérimentale. — D'ailleurs, le traitément, comme l’indiquent nos observations, et comme nous le

verrons, consiste dans la ligature des deux extrémités

de l'artère le plus tôt possible, car l’épanchement est

par lui-même une source de complications (infectieuses et troubles de compression veineuse surtout).

Aussi nos observations vont-elles nous permettre

de tirer quelques conclusions sur les voies de sup-

pléance lors de ligature de l'artère fémorale, de l’axillaire, et de la tibiale postérieure. C’est qu’en effet, l'artère principale d'un membre étant liée, il faut

compter, pour rétablir la circulation sur les collatérales

. sus et sous-jacentes, et sur les anastomoses possibles

entre ces collatérales.

Celles-ci d’ailleurs augmentent de volume rapidement et, quand elles sont assez nombreuses, bien que souvent peu importantes, elles suppléent par leur nombre au volume de l'artère principale absente.

Mais il n’en est pas toujours ainsi, et ce réseau d’anastomoses varie, selon qu’on peut profiter au cours de l’opération de telle grosse collatérale, en plaçant la ligature au-dessous, ou qu'au contraire on est obligé

de placer la ligature de telle façon qu'on dénude l’artère

sus-jacente de presque toutes ses collatérales.

Donc, même pour une artère déterminée, les conditions sont différentes suivant l’étendue de la lésion artérielle, qui permet d’épargner plus ou moins de voies de dérivation.

Il est évident, d'autre part, que chaque artère à un réseau anastomotique qui lui est propre, et que le chirurgien doit connaître. Il doit savoir en outre prévoir pour chaque artère, si la suppléance sur laquelle il compte, et qui est la seule planche de salut pour le

malade, est possible dans les conditions de l’interven-

tion, problème souvent délicat, certes, mais dont la

difficulté n'exclut pas toujours la possibilité.

DCE V2 REe7 à Dci

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