ORDRE. - LES RONGEURS
• GARACTtess. Deux grandes incisives à chaque mftchoire, séparées . des molaires par un espace vide, point de canines; ces incinves leur servent à ronger leurs aliments.
Généralement ces mammifères sont très-faibles ; ils échappent â leurs nombreux ennemis par leur légèrqté et leur vitesse. Plusieurs vivent dans des terriers profonds, qu'ils se creusent avec leurs pieds de devant; d'autres, pourvus d*ong^ aigus, grimpent sur les arbres et se cachent sous le feuiUage. Leur .nourriture se compose d'écorce, de grains, de glands et de fruits.
Genre ÉCUREUIL. — Sciurus Lnm.
Caractères. — Queue longue garnie de poils, incisives inférieures très comprimées, cinq molaires en haut de la mâdkoire et quatre en bas.
L'ÉCUREUIL GOHMDN. — Sctorus Vuloaris (Lihm.)
Gabactéres. — Pelage roux tirant plus on moins sur le brun, ventre blanc, oreiUes terminées par un pinceau de poils à leur extrémité; queue en dessus de la couleur du dos, en dessons les poils sont annelés de blanc et de brun.
L'écureuil vit par couple; le mâle n'abandonne jamais sa melle. Souvent Von rencontre les écurenils en troupes ; ils sont sédentaires et ne s'éloignent guère des forêts qui les ont vus naître.
L'écnreuil place son nid à la bifiircation d'une branche; il le
forme de bois flexible et le tapisse de mousse. Ce nid a une forme
sphérique; il est recouvert d'une espèce de toit conique qui empêche la pluie d'y pénétrer. Les petits sont au nombre de quatre ou cinq et naissent vers la tin de juin*
L'écorettil construit toujours ^usieurs nids, qa'U échelonne à une assez grande distance les uns des autres, et souvent la mère change de demeure avec sa progéniture, quand même elle n*eflt pas inquiétée; elle transporte alûfa ses petits avec la gueule.
Dans le mois d'août, l'écureuil les descend à terre, les promène et les &it jouer sur la mousse. S'il prévoit un danger, tout de suite il les remonte, non pas dans le nid, ce serait trop long, mais sur une branche touffue, et les cache ainsi à tous les regards.
Dès qu'il entend du bruit, l'écureuil sort de son nid. Grâce à la ténuité de ses ongles, il se suspend à Fécorce des arbres, de sorte qu'il met toujours, entre lui et son ennemi, l'épaisseur du tronc ; tournant autour Je i" arbre, il grimpe ainsi, sans servir de point de mire au chasseur, et parvient aisément à gagner l'eufourchure d'une branche, oiï il se blottit et reste invisible.
Lorsqu'un écureuil est eflrayé, il saute en fuyant de branche en branche. Dans les environs de Conibrée, où les écureuils ne sont pas rares, les collégiens, les jours de promenade, lorsqu'ils en rencontrent, les poursuivent on criant; l'écureuil, étourdi par les clameurs qui retentissent de toutes parts, finit par tomber à terre, alors la gent écoUère forme autour de lui un œrcle. et s'empare facile* ment de ce joli rongeur.
L'écureuil n'est point comme Ui cigale, qui
Ayant chanté tout réf&.
Se trouva fort dopoUTTue Quand la bise fut Tenue.
n songe à l'hiver, fait dans les troncs d'arhres, dans les trous, plu* sieurs magasins où il entasse glands, noix, fruits, etc.
Les écureuils font de grands dégâts dans les sapinières, en rongeant Técorce des arbres.
Les écureuils sont tics-rechercbés par les habitants du Baugeois, qui trouvent leur chair excellente. Dans les di[]ers du moyen âge, nous voyons figurer sur les tables des écureuils rôtis.
L'écureuil s'apprivoise très-facilement. Les personnes qui en élèvent prétendent qu'il suliit de leur donner une ou deux amandes amères pour les faire périr.
Genre LOlii. — Mtoxus (Gmel.)*
GàiiACTfiiiBB. — Dea)^ longues incisives de chaque côté de U mâchoire» plates à la i>artie antirieure, à la partie postérieure comprimées; les incisives supérieures sont coupées carrément; celles au contraire qui sont mférieures sont pointues ; quatre molaires de chaque c6té, divis(' < s à leur
base en racines; les membres antérieurs, plus courts queles postirieurs, sont teruiincs par une main divisée en ({iiatre doigts armés d'ongles pointus; les pieds ont cinq doigts, la qm ur est longue; la pupille ronde; le mude divisé eu deux par un profond siilou; la langue longue, couverte de papilles.
Lesloiis sont des rongeurs nocturnes; leur pelage est orné de douces couleurs ; leur queue a beaucoup de rapport avec celle de Técureuil. Dès les premiers froids, ils tombent en léthargie et ne se réveillent qu'aux beaux jours.
AocidenteUement il arrive, si la température s'^ève, qu'ils sor- , tentde leur état de torpeur; alors ils consomment les provisions qu*ilfl ont amassées dans l'arbre creux qui leur sert de gtte. Ces provisions sont ordinairement des noix, des châtaignes, des noisettes, etc*
LE LOIR. — Mtoxus Gus (Gmbl.).
Cakactehes. — Gris cendré aux. parties supérieures, aux inléneures d'un blanc légèrement roussâlre, au cercle d'un gris noirâtre autour des yeux, la queue aussi longue que le corps esl entièrement couverte de poils longs, épais et cendrés ; dessus des pieds d'un bran noirâtre , oreUles courtes presque rondes et un peu plus laq;es â leur extrémité qu*â leur base.
Le loir, qu on s'obstiue à regarder comme habitant rarrondissement de Baugé, est une espèce méridionale cûQipielemeul inconnue à l'Anjou, du moins jusqu'à ce moment. Nous avons indiqn»'^ ses caractères généraux, an cas, ce que nous n'espérons guère, qu'un naturaliste nous prouverait, par ses observations, que le myoxtts ffHs est réellement l'hôte des forêts de Gbandelais et de Monnoytt.
Ce sont les loirs de cette espèce que les Romains élevaient et qu'ils prenaient soin d'engraisser pour leurs tables. Us sont encore
aujourd'hui recherchés comme aliment dans certaines parties de ritalie.
LE LEROT. — MyoxusNitela (Gmel.). — Vulgairement Rat Liron*,
Rat DoRHBim, Loir.
Caractères. — Pelage gris brun en dessuis, blanchâtre en dessous, une plaque noire autour de Tceil qui s*ea vaeii8*élargissantjusqu'àrépaule, oreilles allongées, le bout de la queue touffïi terminé de blanc.
Le lérot est uu tles grands dévastateurs Je nos jardins. Dès qu'il avise un espalier, il ne faut plus, s'il est gai'ûi de pêches, de poires ou de raisins, songer à eu manger sans qu'il en prenne sa large part. Je ne connais pas d'animal plus léger; il saute par bonds, comme l'écureuil, et très-souvent se place sur le derrière pour ronger les fruits. Si on veut le saisir vivant, on ne peut le £air8 qu'avec un filet.
Le lérot s^accouple au printemps; sa portée est de quatre à cinq petits ; il fait son nid, qui se compose de mousse, dans des trous de murailles, dans des arbres creux» descend rarement à terre et boit * très-peu. Comme les rats, il fait des magasins de fruits secs pour le cas où la disette se feraîi sentir.
Les paysans du Baugeois lui font la chasse et trouvent sa chair très^bonne. Le lérot s*engourdit, quand la température tombe & six degrés au-dessus de zéro ; en captivité, il ne s'engourdit pas, s'il est tenu dans un appartement très^chaud ; ainsi j'en ai conservé deux, tout un hiver, constamment éveillés.
Le sommeil du lérot est très-pesant. 11 se roule en boule, s'enfonce sous un auids de mousse qu'il a fait dans un arbre creux, et n'en bouge plus qu'à la belle saison.
Le conservateur de notre musée, M. Deloche, m'a rapports le fait suivant :
Un jour des ouvriers abattirent un arbre creux, dans lequel se trouvait un lérot engourdi ; la chute de l'arbre ne réveilla point l'animal, et l'on ne s'aperçut de sa présence qile lorsque l'arbre
' Le uoiu lia Liron a été doané au Lerot parce que animal a Ilialittadada «e cacher dons U Saamuroii^ sou» 1m jneireB de tuf dont lea parties don» sont appoléos psr les onvriers Urmu*
fut Bcié ; le pauvre léiot, atteint par les dents de la scie, fut coupé en deux.
, Très-commun dans les arrondissements de Baugé et de Saumur, moins commun dans les antres parties du département.
On dit proverbialement d'une personne qui dort Thiver, après son dîner :
Quand yieat le aoàr, Il dort comme un. loir.
LË MUSCÂRDIM. — Mus ÂVELLAMAIUUS (LiNN.)
Caractères. — Pelage roux en dessus, blanchâtre en dessous, queue de la longueur du corps, poils disposés en éveulail.
Celte espèce est essentieliement méridionale, et ce que nous avons dit du loir s'applique au muscardin. H* n'a jamais été trouvé en
Anjou, et nous serions heureux de nous être trompé ; ce serait une espèce de plus dont nous enrichirions notre Faune.
Gknrb rat. — Mus (Cuv.)
Cy\RACTfc:RES. — Incisives supérieures assez courtes et en coin, le- inférieures comprimées arquées et très-aigues à leur extrémité, molaires simples à couronne garnie de tubercules, oreilles obloiigues ou arrondies souvent nues, niuscau prolongé, yeiix saillants, queue do la longueur du corps composéed'ungrand nombre de petits anneaux, écailles entre lesquels paraissent de petits poils rudes.
Les rais sont omnivores; lorsque pour eux la disette se fait sentir, ils s'attaquent mutuellement, et les plus faibles deviennent la proie des plus forts. Les femelles font plusieurs portées dans l'année ; les jeunes rats croissent rapidement et sont bientôt en état de se conduire eux-mêmes.
LE RAT If AIN. — Mus Hinutds (Pau..)* — Messoriiis (Sbabr.)
CAnACTÉRES. — Pelage il un ijeau lauve, jaune plus vif our les joues et sur la croupe ; dessous de la tête, poitrine et ventre blancs, oreilles courtes, museau héâissé de poils pointus et comprimés, moustadies noires terminées de blanc, queue d'un jaune cUur.
Son nid est fait comme celui d'une mésange, de forme spherique;
il est composé de brins de paille et suspendu à quelques centimètres du sol, soit à des tiges de blé, mit au centre d'une touffe d'herbe. C'est dans ce nid qu'il dépose ses petits, aa nombre de sept ou huit par portée.
Ce rat, qui est le plus petit de toutes les espèces connues en France» Mi d'énormes ravages dans nos moissons. Non-seulement il ronge les blés lorsqu'ils sont coupés, miaia encore lorsqu'ils tout débont ; il grimpe avec une facilité très-grande jusqu'à l'extrémité de la tige, coupe Tépi, redescend et l'emporte dans un de ses ma^ * gasins.
JTaî vu maintes fois, dans tes diamps de blé, de véritables allées
tracées par la dent du rat nain ; ces allées étûent bordées de tiges
do Lié ciitièreuient dépourvues de leurs épis.
Le rat nain se creuse sous terre une retraite dont la forme est ronde et qu'il tapisse de mousse.
On le trouve dons tout le département.
LE RAT SOURIS. — Mus Musculus (Liwn.)
Caractères. — Pelage d'an gris pins ou moins bnm, c^ré en dessous, queue de la longueur du corps» yeux assez petits à fleur de téle.
La souris est le commensal de toutes les habitations que l'homme s^est choisies ; elle vit à nos dépens, sous nos yeux. Cet iràte incommode a suivi l'homme dans les cinq parties du monde ; il mange de tout. U n'est personne qui n'ait pas eu à se plaindre de ses ravages, pus même les savants, dont il ronge les livres! Ce mammifère se multiplie énormément ; ses |K>rtées sont de quiitre à six petits.
La souris ne s'engoLiidit jamais et supporte ies hivers les plus , rigoureux ; habite rarement les ciiamps.
Nos campagnards, pour dire que la souris se trouve partout, emploient ce vieux, proverbe :
D'Angers à Paris Se loge la souris.
Il existe deux variétés, l'une isabelle et l'autre blanche avec des yeux rouges. La souris s'apprivoise parfaitement.
Au xvii' siècle, l'énorme échafaudage que les artistes capillaires de cette époqun dressaient chaque matin sur la tète des grandes dames avait fût donner à une des pi^seSj qui toutes portaient des noms étranges, celui de ec souris. »
« C'était, dit Regnard, un petit nœud nompareille qui se place « dans ]e bois. — Nota. On appelle petU bais un paquet de cheveux « hérissés qui garnissent le pied de la futaie boudée. »
LB HDLOT. ^ Nus Sylvatigus (Giiki..)*
Cahactéuks. — Pelage fauve légèrement teinté de noirâtre, les poils sont gris ardoisé depuis leur racine jusqu'aux rlnnx fiers de leur longueur, la pointe de ces poils est noirâtre, le de.-Miu^ blanc forme une ligne de démarration bien distincte avec la couleur tauve du dessus, yeux grands, DÎcds blancs velus, queue de la longueur du corps rarement plus courte, blanchâtre en dessous,' poilae surtout vers le bout, moustaches blanches, un peu noirâtres à leur base. — D «iste une variété cendrée. — Le mulot est quelquefois atteint d'aUûoisme.
Ce rongeur doit être classé parmi les grands ennemis de nos moissons. Il emmagasine Tété d'énormes provisions pour les mauvais jours, dans des trous d'une profondeur de 33 centimètres ; ces trous sont toujours protégés par des broussailles, des buissons.
Le mulot se creuse des terriers assez vastes ; chose sinf2:nîière, ils ont constamment deux ouvertures. H s'empare des galeries de la taupe et y élit domicile.
Lorsqu'il est poursuivi, il ne court point en ligne droite ; il fait, dans un espace assez restreint, maints circuits, jusqu'à ce qu'il ait trouvé un trou, dans lequel vite il se blottit ; c'est du reste généra^ lemoit près de sa demeure qu'il se tient. Il émigré peu, tant qu'il trouve à se nourrir. Le mulot a horreur de Teau ; lorsqu'on irrigue une prairie élevée» on est tout étonné de voir sortir de tous cAtés, surtout des taupinières, des bandes de mulots qui prennent k fuite.
Lcvs de la demièie inondation de la Loire, qui eut lieu les premier, deuxième, troifflème et quatrième jours du mois d'octobre 1866, la chaussée du Louet (Ponts-de-Gé) était sillonnée d*ane
multitude de uiulots qui, chassés par le débordement du fleuve, éraigraient sur Ips liautours en traversant les pouls.
Les grandt's préot cupations qui occupaient alors tous les esprits empêchèrent les (•ultivatciirs de se livrer à la destruction de cet animal nuisible, et pourtant roccasion était belle.
Le mulot fait plusieurs portées ; elles sont de neuf à dix petits.
Le mulot, qui s'apprivoise parfaitement, est cependant d'une nature méchante.
LE RAT NOIR. — Mus Ratus (Linn.)
Gabagtêrbs. — Pelage noir un peu luisant en dessus, poils asses longs et peu serrés, dessous du corps cendré, pieds noirâtres peu poilus, do%ts parsemés de poils blanchâtres, queue dépassant la longueur du corps peu poilue et mince vers le bout.
n ezbte plusieurs variétés du rat noir :
1« Variété brune ;
2* Variété rouss&tre ;
3"* Variété gris cendré ;
é<> Variété isaheOe;
5° Variété blanchâtre;
6» Variété blanche avec des yeux rouges.
Cet aniuiulj ([ue queltjues auteurs prétendent nous avoir été apporté par les Croisés, est aujourd'hui malheureusement répandu partout où riuinune habite; nos granges, nos greniers, sont les lieux où il élit domicile et exerce ses nombreux ravages, en dévorant le grain, la farine, les fruits, les légumes, la viande, surtout le lard.
Le rat noir est très-friand de vin ; lorsqu'il pénètre dans un cellier, il ronge les bouchons des bouteilles, mais ne les débouche pas, comme on le dit, parce que cela lui est impossible, ses dents n'ont pas assez de prise pour attirer à elles le bouchon hors du goulot de la bouteille; ce qui a fait croire à cette version très-aceréditée dans le peuple, c'est qu'il arrive quelquefois que de mauvais bouchons, étant rongés à leur extrémité, laissant couler le vin, qui tombe alors à tene et est bu par les rats.
Mais où rinlelligence du rat se déploie, c*est dans un cellier qui contient du vin en cercles. 11 est d'usage de couvrir la honde de la barrique, soit avec une pierre ou un cul Je bouteille, afin d'empêcher toute malpropreté de tomber par l'oritice dans la barrique. Si la pierre ou le cul de bouteille sont un peu légers» ils sont focilement déplacés par les rats, qui les poussent avec leur musean, jusqu'à ce qu'ils se soient fait un jour suffisant » pour boire le vin à leur aise. Us sont parfois vicfimes de leur goormandise ; ainsi, quand la barrique n'est pas eotièrement pleine, le rat se laisse glisser dans l'intérieur en s*aocrochant par les pieds de derrière aux parois delà bonde ; étourdi par les fumées du vin, il lâche prise, tombe au fond de la barrique et se noie.
Au moment des amours, ils se livrent de violents combats ; on les entend alors pousser des cris qui ressemblent à des siiflements aigus.
Leur nid est grossièrement fait avec de la paille, Ju foin, des guenilles, etc. ; les petits naissent nub et aveugles, comme ceux des autres espèces ; ils font plusieurs portées^ chacune de neuf pelits.
LE RâT SUAMliLOT. — Mus Deccmanus (Pàllas). - Vulgairement
Rat d'égout.
Caractères. — Pelage cendré mêlé de forragineux, en dessus et de longs poils noirs clairsemés, pieds d'un blanc jaunfttre, doigts couverts de poils rigides, museau allongé et aplati en dessus, longues moustaches
composées de poils noirs el blancs, oreilles grandes, larges et ovales, yeux à fleur dp tf'le, mâchoire inférieure courte, queue robuste garnie de poils roidcs, longue do vingt-quatre ccnlimèlres. — Le corps de cet animal a dix-huit centimètres de longueur.
Ce rongeur, le plus ^and de tous nos rats, est d'une nature cruelle ; il ne peut, dans les lieux où il habite, souffrir aucune autre espèce que la sienne. 11 loge dans les égoùts, dans les fosses d^atsance, dans les cloaques, en un mot dans les endroits où des substances animales en décomposition sont rassemblées ; il se cache souvent dans l'intérieur des charognes, dans les têtes de chevaux abattus, etc.
On roneontre quelques-uns de ces animaux dans les champs ; ils font la chasse aux levrauts, aux lapereaux, aux jeunes perdrix, etc. *
Certaines personnes croient que l'odeur du lapin les fait fuir à tout jamais des lieux qn*ils habitent, et c'est un des moyens indiqués pour chasser ces nuisibles animaux ; ced n*a rien d*exact.
Le surmulot, lorsqu'il peut entrer dans une garenne^ saisit à la gorge un lapin, le sùgne et le déyore ensuite. On a vu des surmulots se battre avec des chats et les mettre en déroute.
Les femdles font plusieurs portées de douze à vingt petits ; on comprend parfaitement que ces animaux pullulent dans nos villes.
Dans les caiDjjagnes, Iti surmulot se lait un terrier* comme celui du mulot, mais plus large ; géuéralemeut il habite près des lieux frais et ombragés.
Genbe campagnol. — Arvicola (liACEp.).
Caractéhes. — Ces rongeurs ont comme les rats trois machetières, leurs dents manquent de racines et sont formées de prismes triangulaires placés altemativement sur deux lignes; museau court et obtus, oreilles larges, yeux petits» quatre doigts onguiculés aux pieds inférieurs; lespost ' ri F urs en ont dnq; ponce très'peiit ; queue ronde velue atteignant àu plus la longueur du corps.
LE CAMPAGNOL AMPHIBIE. — Ahmcola Amphibius (Ucep.). — Vulgairement Hat d'eau.
GAAACTÉnBS. — Pelage d'un gris foncé, flanc d*nne teinte pins claire» queue d'un tiers plus courte que le corps, oreilles courtes presque nues, bordées de poils à leurs extrémités, museau grisâtre, poils de la lèvre supérieure blanchâtres raides; pieds ccaillcux et foris couverts de poils courts ; longueur totale vingt-six centimètres.
Le rat d'eau habite sur le bord de tous nos ruisseaux ; il ne se nourrit que de racines et de plantes aquatiques. On s'est trompé lorsqu'on a écrit qu'il de poissons, même de grenmdUes et (Féermsses»
n a une nourriture beaucoup moins succulente.
J'ai t'U en captivité im campaj^nol amphibie. Maintes fois je l'ai mis dans l'eau avec des petits poissons, tels que verrou {ieuciscus phoxinus, L,), épinoche [gasterosteiis aculetitiis, L.), jamais il n'y touchait, et dès que je lui préseutais des racines, il les dévorait avec avidité.
Ce campagnol se creuse une retraite souterraine parallèle au sol; Toniice à prmière vue parait si étroit, qu'on ne peut se figurer qu'un rongeur de cette grosseur paisse y entrw; mais la nature lui a donné le pouvoir de s'aplatir; il se couche sur le ventre, s'allonge et pénètre ainsi dans sa demeure. Dès qu'il a franchi le seuil de sa maison, il est évidemment à l'abri de tout danger. Qnq ou six conduits mènent à sa chambre, et tous ont des issues difiêrentes ; quelques-uns de ces chemins sont tortueux, d'antres droits, de sorte qu'un animal, qui se hssarde à sa poursuite dans ce ténébreux Ihbyxinthe, court souvoat le risque d'être complètement dérouté et de perdre toute trace de l'ennemi qu'il poursuit.
Sur terre comme dessons, le rat d'eau est constamment inquiet ; le moindre bruit le fait fuir, il plonge avec une adresse extrême j puis quelques secondes après il montre son narquois museau et ses moustaches luisante^ à la surface de l'eau , et reste flans cette iwsltioii jusc|u'à ce qu'il n'aperçoive plus rien qui puisse lui inspirer de crainte. •
CAMPAGNOL DES CHAMPS. — Arvicola Akvalis (Lackp.). — Vulgairement Rat des Champs Campaumol Ordinauie.
GARACTiBES. — Pslsge fauve mêlé de gris, les femelles sont plus marquées de cette dernière couleur; sur les flancs, la couleur fauve est plus daire , oreilles dépassant la longueur dn poil, elles sont garnies de petits poils de ja couleur de ceux du dos \ yeux assez grands à fleur de tête ; pieds garnis de poils courls et roides, blanchâtres ou blanc jaunâtre ; queue couverte de poils courts d'un jaune sale; longueur totale quatorze centimètres.
Ce campagnol, essentiellement terrestre, habite les champs ensemencés. GW là qu^il fait son terrier et qu'il passe la belle sai» son ; Phiver il se relire soit dans les bois,- soit dans les broussailles.
dans un terrier préparé d'avance et où se trouvent ses magasins.
La femelle, lorsqu'elle est prête a mettre bas, pratique en dehors de son terrier un trou spliérique, atiquel aboutissent plusieurs galfries, par ou elle peut sortir sans être surprise. C'est là qu'elle établit son nid, formé d'herbes sèches et tapissé, au fond, de mousse. J'ai vu bien des fois de ces nids; ils sont constamment garnis de Vhypnum cupressiformey L. Le campagnol construit ce nid à 30 centimètres sous terre. Ses portées, au nombre de deux, sont de six à dix petits.
Uarmcoia arvolis est, pour nos moissons, un ennemi plus dangereux encore que le rat. Non-senlement il dévore les blés mùrs^. mais enpore il emporte iaeemence, avant même qu'elle soit germée. Ainsi, pour donner un exemple de ses ravages, un département voisin du nôtre, le département de la Vendée, d'aprte des documents offieieb, a éprouvé en moins de deux années par les campagnols, une perte de 2,720,373 francs. Les campagnols ne s'é* talent pas contentés des céréales, ils avaient fait invasion dans les prairies et avaient perdu complètement les foins. Pour se- débarrasser de ces êtres incommodes et destructeurs, les Vendéens eurent recours au poison.
Varvicola arvalis n'est jamais en peine de sa nourriture ; tout lui est bon : semence, fruits, oignons, racines, feuilles, etc. Il s'apprivoise facilement en captivité. Le campaf2;noî des champs est d'une nature cruelle ; ainsi, j'ai vu, Rutour d'un campagnol pris dans un piège, deux autres de la même espèce occupés à dévorer son cadavre.
CAMPAGNOL FAUVE. — Arvicola Fulvus (Desm.).
Caractères. — Pe!.i?n d un fauve tirant au jiinio en dessus, dessous blanc ou blanchâtre; queue jaunâtre plus foncée eu dessus, pieds couverts de poils serrés jaunâtres, yeux noirs très-petits. Longueur totale neuf centime 1res.
Ce campagnol ressemble un peu à Varv^h'^, et il .se trouve dans les mêmes lieux. ïrès-rare, n'I^abite pas le Saumuroid.
CAMPAGNOL SOUTERRAIN. - AiivicoLA subterraneus (de Selys),
Caractères. — Pelage gris de souris en dessus, pieds eendré foncée queue jioirfttre, jeux petits, oreilles presque nues.
Gomme la taupe, Varvicola subterraneus ne sort que le soir et {losse toute la journée sous terre. C*est dans les jardins qu'il s'éta^ ïAil; très-rusé» il fait le désespoir des maraîchers, qui ne peuvent ehasser de leurs cultures cet ennemi obstiné, ce ravageur des plafes-bandes, ce rongeur qui dévore les oignons, les carottes, le céleri, ' les betteraves, etc. Cette espèce multiplie beaucoup ; elle ne se mêle jamais avec ses conj^énères.
On trouve ( ampaguul dans tout le département.
CAMPAGNOL ÉCONOME. — Arvicola (EcoNoms (Dbsh.).
IL Pierre ll^let, dans la première partie de sa Faune (1828), la seule publiée jus(ju'à ce moment, donne la description du campagnol économe, auquel il prétend reconnaître un peu de leesem^ blance avec le campagnol vulgaire, « sauf sa tête et ses ordlles plus courtes, ses poils plus longs et plus touffus et ses yeux moins grands. » Il le signale dans les mêmes parages que le campagnol vulgaire, et surtout dans i arrondissement de Segré et dans le Craonnais.
J'ai tout lieu de penser que M. Millet a pris une autre espèce pour le campagnol économe. Il cite les cabinets de M. Courtiller, le sien et le Muséum d'Angers, conime lui ayant fourni les types, qui lui ont permis d'étudier ce rongeur. Mon excellent ami M. Courtiller jeune, qui m'a communiqué, avec sa complaisance habituelle, tant de bons renseignements sur les êtres dont Je m'occupe dans ce travail, m'a fait parvenir la liste de tous les campa» gnols du Saumurois *, et, comme je m'y attendais parfaitement, je n*y ai pas vu figurer le campagnol économe. Je ne l'ai pas davantage rencontré au Musée de la ville. Quant au cabinet particulier de M. Millet, je ne le connais pas ; mais je serais bien étonné, que le
* M. Courtiller nous écrivait lo 22 aoTembre iHQl : & Nous avons les quatre campagQolt indiquét dm la Vwmt és FrtMS : Is catupagDol amphibie, le MutffimÎDj le routtàtre et le Tol^^ÔTe. »
campagnol économe originaire de TAnjou s'y trouvât ; car il est reconnu de tous les naturalistes qne cet animal n'habite pas r£urope. Laissons à ce sujet parler nn des grands mailresde la science, M. de Quatrefages :
«( Sa zone s'étend de la Daourie jusqu'au Kamtschatka. C'est au « fond des vallées bnmides de cette vaste contrée, que ce petit qua- « drupède se retire et déploie, dans la construction de son demi- « cile, une inJusliie et une prévision de l'avenir vraiment admi- « râbles. La chambre principale, d'uu pied de diumètre sur trois « ou quatre pouces de hauteur, est placée sous une motte soiulci|ui « lui forme un plafond naturel à l'abri de tout ébouleoient. De ce « point, pris pour centre, s'et 'udeut en tous senfs une trentaine de « boyaux, s'ouvrant d'espace en espace par des soupiraux d'un tt pouce de diamètre. C'est là qu'il se lient pendaul ses heures de « repos, couché sur un lit de mousse, au mïiieu de sa grande « chambre, prêt à s'enfuir par une des galeries qui lui servent en « outre de chemin couvert pour aller à la picorée.
« Mais ces travaux, déjà considérables, ne sont que le premier Ht étage de cette habitation. Ën dessous se trouvent les magasins, « au nombre de trois on quatre ; ce sont de grandes salles qui corn- « muniqaent, par autant de boyaux sinueux, avec les parties haa bitées du logis. C'est dans ces espèces de caves que, dès le prin- « temps, nos prévoyants mammifères apportent les provisions d'hi- « ver. 9 {ùict, umv. des menées na^, verbo Campagnol Économe).
CUUHPAGNOL ROUSSATRË. — Arvigolâ robidi» (de SELYSpLoNGCHAvro.)
CAiiÂUTÈHËâ. — Pelage roux, rubigineux en dessus, cendré sur les côtés, blanchâtre en dessous, queue plus longue que la moitié du corps, noirâtre en dessus, bUmchâire en dessous, pieds blancs.
Mêmes mœurs que les campagnols vulgaire et fauve.
Iles de la Loire. UArvicola ruhidus est uue des espèces les plus communes de celles qui habitent le Saumurois. Ou le trouve partout dans les jardins^ où il fait un dégât considérable. Au printemps, à Tépoque des amours, le mâle répand une odeur très-forte qui rappelle beaucoup celle de la couleuvre à collier.
Gbnrb lièvre. — Lepus (Loin.).
CAnACTÉRES. — Les animaux de ce genre diffèrent de tous lesToni^eurs par la bouche ijaniie de [)nils, par les incisives supérieures doubles, par les pattes postérieures longues, et le dessous des pieds poilu comme le reste du corps ; les oreilles sont longues ; ils portent la queue rdevée.
LE UÈVBE COMMUN. — Lepus Tiudcs (Lisk.)
Caractères. — Pelage d'un gris fauve glacé de brun, oreilles longues dépauMtnt la tdte, cendrées sur la coqne et noires A la pointe, queue blanche avec une raie noire en dessus.
Dans un profond ennui ce lièvre se plongeait. Cet animal est triste et la crainte le ronge
Ce portrait, tracé de main de maître, est d'une exacte vérité. Le pauvre lièvre a tant d'ennemis^ qu'il doit constamment être sur ses gardes ; et de là, son eamctère soucieux et sombre.
Les babitauts de nos campagnes croient fermement que le lièvre dort les yeux ouverts. Ce préjugé a pris une si grande consistance dans nos pajnt^ que des hommes sérieux, qui ont écrit sur le lièvre, ont présenté cette fable comme nue réalité.
Je ne crois pas qu'il existe dans la nature un anima] qui puisse dormir les yeux ouverts. Le lièvre, très^défiant de sa nature, a le sommeil eicessivement léger; il est presque impossible de le surprendre, le moindre bruit le met en éveil, voilà pourquoi bien des gens qui ont vu, au gîte, un lièvre ayant les yeux ouverts et se tenant dans un état d'immobilité complète, de peur d*6tre découvert, ont cru qu'il dormait. Mais il n'est aucun d'eux qui ait pu le saisir, car dès qu'il aperçoit quelqu'un, il détale avec une extrême rapidité; rien ne l'arrête dans sa course, et il lui arrive, dans son ardeur à fuir lorsqu'il est poursuivi, d'aller étourdiment se frapper la téte contre un arhre ou contre un mur, de tomber blessé et quelquefois mort.
Le lièvre vit sur la terre ; son g^le est entre quelques mottes, -entre quelques pierres.
*■ La Fontaine.
Il s'aoooiiple la nuit, de déeembre à mars. Loiaque le soleil est couché, il al»and<mne sa retraite pour brouter l'herbe^ et surtout le serpolet, dont il est très-friand. Il rentre deux beuies environ avant l'aurore.
On donne le nom de bouquin au mÂle, de hase à la femelle, et
aux petits celui de levrauts. Le mâle est voyageur, il émigré assez loin ; quant à la femelle, elle est sédentaire Elle porte de. trente à quarante jours; sa portée est de trois à cpiatre petits, qu'elle dépose soit sur une loulTe d'iierbe, soit sur un buisson.
On rencontre quelquefois des lièvre.s blancs ou Isabelle; ce changement de pelage est dù à des causes accidentelles.
Dans le parc de Jarzé, on trouve une variété de lièvre au poil blanc mêlé de gris.
La chasse du lièvre a été de tout temp? un plaisir fort recherché. Faire filer le lièvre était une des grandes distractions de nos rois.
Sous François I", il y avait un vieux dietoubien connu desohassenrs de nos provinces :
Lièvre je suis de petite stature, Doimant plaisir aux nobles et gentils ; D'estre léger et viste de nature.
Sur toute beste on me douie le prix.
Voici comment à cette époque se pratiquait, en Anjou , la chasse an lièvre :
Les chasseurs se réunissaient en certain nombre et se tenaient tous sur une ligne. Aux deux extrémités étaient deux mentes de
lévriers et une au milieu. On lâchait la ineute du centre, qui faisait lever le lièvre, et s'il obliquait à droite ou à gauche, ou lançait h sa poursuite la meute la plus près de la direction qu'il f)renait. Sous Charles IX, les Rohan-Guémeué avaient droit de chasser le lièvre et le lapîu avec des armes à feu, ce qui n'était accordé à la plupart des autres seigneurs de l'Anjou, que pour les oiseaux de passage ; par exception, ils pouvaient dans leurs chasses se servir de toute espèce de chiens (généralement il n'était permis aux gentilshommes de n'avoir que des chiens courants) ; ils avaient lo>droit
d'exiger une amende de touUi personne prise chassant dans les ga-> rennes et bois dépendant de la terre du Verger. Si ces mômes personnes étaient en récidive, ils pouvaient leur faire donner le fouet; mais ce «hàliment ne devait avoir lieu qu'autour de la garenne ou dans la forêt où le délit avait été commis.
Au château du Verger, ot la vénerie était montée sur un très* grand pied, et dans les autres châteaux de PAnjou, la position de mattra des chasses était fort importante, elle se transmettait de père en fils ; et qaand le maître des chasses n'avait que des filles, l'aînée épousait un homme apte à tenir l'emploi du beau-père. Ainsi, lorsqu'un jeune homme recherchait la fille d'un maître des chasses, il allait d'abord demander sa main au seigneur; puis, lorsqu'il avait son agrément, il se rendait près du maître des chasses, lui exposait ses intentions et celui-ci l'emmenait avec lui penddut un mois, il le faisait chasser à courre cerfs, renards, chevreuils, lièvres, etc. ; il lui confiait le soin des chiens, l'envoyait iaiiv \<- pn^d, dépister la hète ; quand il était persuadé que le prétendu pourrait un jour dignement tenir Temploi, il organisait une chasse au lièvre , à laquelle devaient assister tout le personnel du château et les parents du futur de la jeune fille.
Le prétendu partait avec la meute, lançait le lièvre, et après l'avoir forcé, il sonnaU sa mnrt : au son du cor, chacun accourait ; alors le chasseur mettait pied à terre, coupait la patte droite du lièvre et allait la déposer aux geïioux de la fille du maître des chasses; si celle-ci l'acceptût, ib étaient fiancés et le mariage était irrévocablement déddé.
Nos maltres-qneux du xvu* siècle ne voulaient jamais accommoder un lièvre qui dépassât huit mois. Tout lièvre d'un an n'était jamais servi sur la table d'un seigneur.
n y a un ancien proverbe qui dit i
î'ii lit^vrc vieux et iiTie oie vielle
Du diable est la nourriture habituelle.
La laculté de médecine d'Angers, en 1705, n'approuvait pas l'usage du lièvre comme aliment. Les docteurs 4*810» prétendaient
que sa chuir Bêcha et mékncolique épaisnt le sang, qa^elle cause des obetraetions au fcûe et à la rale^ qu'elle nuit aux poumm et empêche de dormir.
LE LAPIN. ^ Lbpds Goiiigiilus (Linn . ).
Cabactéres. — Pelage pis mêlé de laufe, blanchâtre à la gorge et au
ventre, oreilles de moyenne longueur, queue brune en denos, blancbèlra eu dessous, le dessous des pieds roux iàuTe.
Au moyen âge, le lapin s'appelait connil et an ZTi* siède, connin *. Dans les archives de l'Université d'Angers, nous trouvons uu manuscrit très-cuneux sur le lapin, sur son usage comme
* Il existe eneore dsiu le rue Seiat-Leud, une vieille eose^jiM i«r fktre eù sont sculptés trois Upins; eu bss oa lit : Au* trois comiib.
* Oa lit dans le mauuscrit de Notre'Dame Angevine, Bibliothèque de la ville d'ÀJigera, page 178 : Longtemps résida la royne Yolande à Angers, allendant le retour de son époux. Si advint environ l'an 1400, que elle étoit un jour allée hors de son puissant château d'Angiers^par la porte qu'où appelle U porte des Champs, se deduy par reeréatiiHL avee «as gentilhonamea et demoiselles et s'en alla esbattant jusque an prieuri de l'EsTière» qui est assis assez près d'iceluy chasteau sur le fleuve de Mayenne, et pour ce quelle veit le lieu délectable et en bel air, elle se assit à terre en rei^trdrint et prenant grand plaisir ii veoir l.i situation et antiquité du lieu et pareilicmeut a regarder quatre ou cinq jeunes chiens espaigueux qui l'avoient suivie» lesqueb luîlloieat en nng boisson auprto d'elle et maintenoient bon devoir de ibîre saillir quelque beste hors de la dedans» et ainsi que la Hoyne regardait ce passe temps, pensant que ce pouToit être h qui ses chiens tneaoicut la guerre, saillit d'ung buisson ung Conmn, le que!, comme effrayé de la noyse et obhoy des chiens^ accourut vers la Hoyne mit en son giron et là se arresta et tut longtemps ainsi comme à refuge et sauvegvde : la Rofne le cbérissoit et loucboit de la main sans qu'il voulut partir et leaabloit à veoir qu'il eust du tout mjs en oubli sa nature sauvage. La Royne était fort joyeuse, néanmoins Itiy jugeoit le cueur que c'estoit quelque indice et remonstrance. Si manda qu'on iuy amenast gens pour le buisaon deffrouer et abattre et le iault et terrier du Cemû» dierdier pour savoir dont il étoit sorty. Par le commandement de la Royne» fut le buisson encontenant rasé et eommeneèrent à bescber tout, qu'ils trouvèrent une petite voulte en teiTe,ea laquelle étoit une image de la glorieuse Vieige Marie tenant son enfant entre ses bras, et devant elle une lampe dtt verre et quant ceux qui beciioieut curent trouvé ce bel ymag« ils lu présentèrent à la Royne qui moult eu eut grant joie et à grand plaisir et dévotion le receut. Si alla visiter le lieu où l'on Tavoit trouvé et j fit fûre ung petit mAwn, et en bref y eut beau voyage et plusieurs minides Cule.
aliment et les ressources que sa cbair fournil à la science. Voici la définition que l'auteur donne du mot connil (eunicuius) :
« Le lapin, en latin eimieuluSf parce qu'en creusant dessous « lerre^ il forme une espèce de mine ou de tanière, appt^lée aussi « en latin cumeuhts, Cest ce qui a donné lieu à llartial de faire les « vers suivants :
Gaudet in cffossis habitare cuniculus aiitrb; Monstravit tacitas ho^îbas ilie vias.
Le lapin vit en société ; ou en trouve souvent plusieurs dans le même terrier. Il habite les hauteurs et les bois, et se nourrit de plantes et d'éoorce. Malheur an jardin dont il est voisin ; nonseulement il broute jiis({ii'à la racine les plantes qui tombent sous sa dent, mais encore il ronge l'écorce des arbres à leur hase, et les fait périr.
lies lapins font un grand nombre de portées par an. On en compte quelqaefois jasqu*à huit ; en moyenne elles sont de quatre petits, mais il arrive assez fréquemment qu'elles donnent neuf petits.
La femelle creuse exprès un trou dans lequd elle dépose sa progéniture. Ce trou est évasé et circulaire, il est tapissé par des plantes sèches; ce sont généralement le paturin des forêts et la houlque molle.
A.us8itAt que les petits sont nés, la mère abandonne son nid , ay uut soin d'en bcracher l'entrée, avec la terre qu'elle fait sortir à la surface du sol en creusant son trou, afin de dérober ses nourrissons
aux fureurs du mâle, qui ne manquerait pas de les tuer, et aussi pour les soustraire aux mammifères carnassiers.
Lorsque les petits commencent à voir, un orifice presque imperceptible donne un peu de jour dans le terrier; cet orifice s'agrandit au fur et à mesure que la portée prend de la force.
« On ignore, dit l'auteur de l'article sur le lapin [Dictionnaire c universel d'histoire naturelle), malgré toutes les expériences qui « ont été faites à ce sujet, l'heure à laquelle la mère se rend auprès « de ses petits. »
Probablement les observations de ce savant n'anront été faites
que sur des lapins de la famille de ceux dont parle Boileuu,
Qui, dès leur tendre enfance, ûlevôs dans Paris, Sentaient encor le chou dont ils furent nourris ;
car 8*il avait étudié le lapin dans nos bois/ dans no« forêts, il eût appris ce que tons les braoonnien savent, qne c'est à l'heure du crépuscule que la lapine vient retrouver ses petits ponr les allaiter, et <^e8t aussi à ce moment que le braconnier la guette et la prend, uns! que ses petits, en mettant à l'entrée du terrier une poche et en forçant la femelle à sortir.
Les oisuaux de proie détruisent un grand nombre de lapiiisj mais le plus grand destructeur de ces animaux est Thomme. Lorsque le lapin est efifrayé, il frappe deux ou trois coups avec un pied dn derrière, puis prend la fuite. 11 tie se iaitpas cJiasser longtemps, cocame le lièvre, qui se fiant dans sort agilité, fait de longs circuits ; le lapin débusqué par un chien cherche rapidement un terrier ou un halli'ir, où il puisse se blottir et se mettre en sûreté.
Les chasseurs classent en deux catégories les lapins : le buisson-* mer et le lapin de garenne. C'est ce dernier qui est préféré des gourmets. Les lapins tués sur la commune d*Angrie, aiTondiBse- ' ment de Segré, sont fort estimés.
On élève en Anjou à l'état de domesticité plusieurs espèces de lapins. L'espèce qui semble la meilleure est cdie du lapin de Russie, * an pelage blanc, au museau et aux pattes noires.
Le nombre des peaux de lapins qui sortent chaque année de l'Ânjou s'élève à 3,500, dont les deux tiecs appartiennent à des lapins domestiques *.
Sur toutes less^gueuries étaient établies des garennes; la grande fécondité do lapm fEosait que ce gibier était d'un excellent revenu. Ainsi Beaujuu raconte qu'un gentilhomme de ses amis, étant allé à la chasse avec quelques- uus de ses vassaux et trois chiens, rapporta le soir six cents lapins.
* Statistique sur Ist aiynuiiz k fournirai publié* du» lesAnaln telaSwHélé LimteiiaA, «aaAa i^SSU, par le docteur Far^.
Les dégâts occasionnés par les norabreiises jçarennes qu'on no cessait d'établir firent qu'en 1335, 1356 et 1376, nos rois Philippe le Long, Jean et Charles V rendirent des ordonnances par lesquelles ils abolissaient toutes garennes faites depuis cjuaraute ans et donnaient congé à tout particulier quelconque d'y chasser sans amende.
La Faculté de médecine d'Angers regardait la graisse de lapin comme nervale et résolutive.
6° ORDRE. - LES ÉDËIVIÉS.
Les individus compris dans cet ordre sont : les PfrresscKi, les Tatous, les fourmiliers, les Pangolins, les }(onotrèmes, les Echidnés et les Orfiit/torinques, Tous ce» animaux sont propres aux pays d'ontre-mer.