‹ Étude sur les azotémies digestives dites par chloropénie: L'existence de signes d'atteinte rénale: Le rôle de la déshydratationChapitre 14 sur 20 · LES RAPPORTS DE LA CHLOROPENIE ET DE L’AZOTEMIE · texte numérisé non relu

LES RAPPORTS DE LA CHLOROPENIE ET DE L’AZOTEMIE

Les vomissements abondants et les diarrhées profuses entraînent des pertes de chlore qui, si elles ne sont pas compensées, déterminent non seulement un abaissement du taux du chlore dans le sang, mais dans tous les tissus de l’organisme, ainsi se réalise l'état de chloropénie vraie.

Cette chloropénie est pour certains la cause de l’'azotémie.

— Mais il est difficile d’affirmer l’existence de la chloropénie. En effet, le dosage du chlore globulaire et plasmatique exige des précautions rigoureuses pour être vraiment significatif. L’hypochlorémie plasmatique ne permet pas d'affirmer la chloropénie. On a voulu voir dans le dosage du chlore globulaire le moyen de connaître le taux du chlore tissulaire, mais les documents de contrôle, d’ailleurs peu nombreux, ne permettent aucune certitude.

— D'autre part, le problème des rapports existant entre l’appauvrissement de l’organisme en chlore et l'augmentation de l’urée dans le sang est encore plein d’inconnues.

En effet, si l'élévation du taux de l’urée sanguine est constante au cours de larges spoliations chlorées, comment la carence en chlore intervient-elle dans la génèse de l’hypérazotémie ? Nous citerons pour mémoire seulement la théorie de Léon BLuM « les hypérazotémies aiguës concomittantes d’une hypochloré-

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mie n’ont pas comme primum movens une altération secrétoire des reins », « la perte de sel abaisse la concentration osmotique des humeurs pour compenser cet abaissement et maintenir l’équilibre, l’organisme retient un excès d’urée ».

Ce mécanisme régulateur n’est qu’une hypothèse « l’urée n’agissant pas comme les sels vis-à-vis de la pression osmotique » (RATHERY) et d’ailleurs « de ce réflexe de défense aucune articulation n’a été proposée » (CHABANIER).

Le problème semble actuellement insoluble par suite de notre connaissance imparfaite des comportements des métabolismes chlorés et azotés.

Certaines observations sont d’ailleurs venues modifier les idées concernant les rapports entre ces métabolismes,

— Observation de LEMIERRE, THUREL et RUDOLF (1929) d’où il ressort que dans certains cas de néphrite hypochlorémie et azotémie peuvent rester indépendantes. La rechloruration permettant d’amender l’hypochlorémie, alors que l’azotémie continue à s’accentuer.

— Observation de MERKLEN et GOUNELLE ( myotonie à forme méningée par poussée d’azotémie avec hypochlorémie » : « l’hypochlorémie évolue en toute indépendance de l’azotémie dont elle n’a influencé ni la formation ni la disparition ».

— Observation de LEMIERRE, LAUDAT et LAPORTE : « deux cas de néphrite mercurielle traités par la rechloruration » : régression de l’azotémie avec persistance d’hypochlorémie.

= ADIE

-— Observation de PASTEUR VALLERY-RADOT, Pierre DELAFONTAINE, J. HAMBURGER et Mile GAUTHIER-VIL- LARS : (S. M. H. Paris, séance du 9 juin 1933). Hépato-néphrite toxique où l’azotémie au premier abord semble liée à la chloropénie, maïs, alors que, par la rechloruration, le chlore sanguin reprend son taux normal, l’urée s’élève encore. Azotémie et chloropénie ne semblent donc pas avoir partie liée.

D’autre part, Rupozr, MAcCH montrent que l’hypochlorémie peut exister sans azotémie à condition que l’hypochlorémie ne descende pas au-dessous de 2,70. Faite sans brusquerie, la spoliation chlorée pendant plus d’un mois, chez des cirrhotiques, ascitiques ponctionnés est très bien tolérée, et n’a aucune action sur le taux de l’urée sanguine (Mac).

Nous ne proposons pas de résoudre la pathogénie des rapports du chlore et de l’urée, toutefois, un fait nous paraît certain : le rein intervient dans le mécanisme de l’azotémie, c’est un intermédiaire obligatoire, ainsi qu’en témoigne la néphrite que nous avons signalée.

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