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B) L’'ALBUMINURIE (Obs. 2 et 3).
Il pourrait nous être objecté que des albuminuries, même abondantes, ne sont pas toujours la traduction d’une lésion rénale (constatations de WiDAL, AMBARD, CHABANIER) et d’ailleurs, le problème de la valeur séméiologique de l’alkuminurie a été maintes fois discuté. Cependant, la plupart des auteurs, et notamment RATHERY s’accordent pour reconnaître que l’albuminurie traduit pratiquement toujours l’existence d’une atteinte rénale.
Chez nos malades, elle acquiert une signification indiscutable du fait de son association avec la cylindrurie granuleuse.
C) LA CYLINDRURIE GRANULEUSE (Obs. 1, 2 et 3).
La présence de cylindres granuleux a, en effet, un intérêt considérable puisqu’elle prouve l’état inflammatoire des tubuli.
D) L’'HEMATURIE MICROSCOPIQUE (Obs. 2 et 3) vient elle aussi affirmer l’atteinte de l’épithélium rénal.
En somme, que ces éléments soient réunis, que nous ne possédions comme témoignage de cette néphrite que la cylindrurie granuleuse, nous pouvons affirmer que le rein a été lésé.
Il pourra de suite être objecté que ces lésions étaient antérieures, inconnues; ces azotémies ne seraient
alors que « des azotémies par surcroît », une cause
so
extra-rénale étant venue s'ajouter à une néphrite préexistante révélée par l’accident passager.
Mais ces signes de néphrite sont justement trop passagers. Dans les trois observations, le taux de l’azotémie est rapidement revenu à la normale. Les cylindres, les hématies ont disparu avant la baisse de l’azotémie, ainsi, cette fugacité permet de rejeter l’objection.
D’ailleurs, si dans nombreux cas d’azotémie d’origine digestive, la participation rénale ne semble pas avoir été recherchée systématiquement (la cause de l’azotémie semblant évidente à la lumière des théories en faveur) nous avons cependant retrouvé, maintes fois, cette atteinte rénale dans des observations tirées de la littérature médicale.
Dans les occlusions intestinales : les recherches expérimentales, comme les constatations d’autopsie montrent des lésions rénales d’une façon presque constante.
Dans les sténoses organiques ou spasmodiques du pylore et du duodénum.
Obs. de RATHERY et RUDOLF : Crises d’azotémie aiguë récidivante (B. et M. S. M. H. Paris, 20 juillet 1928).
Sujet de 40 ans atteint de troubles digestifs paroxystiques du pylore : Crises gastriques avec vomissements abondants, mis à un régime déchloruré (taux du chlore plasmatique très abaiïssé) et présentant des
accidents aigus d’azotémie.
Le malade entre à 3 reprises à l'hôpital avec les mêmes symptômes : vomissements, déshydratation, asthénie et, chaque fois, il est amélioré par la rechloruration.
Lors du premier séjour : urée sanguine à 3 gr. puis 2 gr., puis 0 gr. 95, enfin 0 gr. 40.
Lors du deuxième séjour : urée à 1 gr. 64 puis 1 gr. 90, enfin, 0 gr. 40. A la fin de cette crise, K — 0,22;
P. S. P. 30 % (elle fut même à 15 % durant la crise).
Lors du troisième séjour : urée sanguine à 3 gr. puis baisse jusqu’à 0 gr. 28. K — 0,18.
L’albuminurie apparaît, ici, à la troisième crise donnant, à côté des signes fonctionnels, la note organique.
Dans les gastro-entérites aiguës, et les syndromes digestifs médicaux d’origine indéterminée.
— Charles LESIEUR (B et M. S. M. H. Paris, 22 décembre 1916), dans l’article sur les gastro-entérites urémigènes, remarque qu'au cours de certaines gastro-entérites réalisant un syndrome cholériforme : vomissements muqueux ou bilieux, diarrhée profuse, pouls rapide, hypothermie, soif vive, l’urée sanguine peut monter jusqu’à 6 gr. (2 gr. 80 à 4 gr. dans le ten:
Les urines sont rares, 50 à 500 gr. le plus souvent albumineuse, riches en sédiment, pauvre en urée.
Si, dans les cas heureux, la guérison se fait avec
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crise polyurique, dans les autres cas, l'examen nécropsique montre des lésions microscopiques des reins « congestion hémorragique glomérulaire, intertubulaire, dégénérescence granuleuse des cellules des tubuli, cylindrurie).
— MATTEI rapporte aussi des observations de gastro-entérite aiguë avec des azotémies élevées —3 gr.; 5 gr. 86; 2,70; 4,54, et des lésions rénales importantes.
— LEMIERRE, P. N. DEscHamps et Et. BERNARD (B. et M. S. M. H. Paris, 13 juin 1924) relatent le cas d’un homme de 24 ans amené subcomateux à l’hôpital après cinq jours de vomissements et de diarrhée. Azothémie, 5 gr. 30 à l’entrée, à 6 gr. 46 quelques heures avant la mort.
Si à l’autopsie, les reins semblent macroscopiquement et microscopiquement normaux, une albuminurie nette a été constatée à l’entrée du malade à l’hôpital.
— L. BLum et J. WEIL : entérite aiguë avec état comateux et forte azotémie (B. et M. S. M. H. Paris. Séance du 23 novembre 1928). — Une des observations qui a le plus servi à L. BLUM pour l’établissement de sa théorie.
Une diarrhée profuse pendant 10 jours et quelques vomissements provoquent une déshydratation considérable avec oligurie, azotémie à 2 gr. 24.
Bien que les auteurs insistent sur l’absence de signes urinaires importants et de lésions rénales avérées, on n’en trouve pas moins à trois reprises diffé-
RD
rentes une albuminurie (sans éléments rénaux, il est vrai).
—— Noël FIESSINGER « Les azotémies sans signification diagnostique ni pronostique (J. des praticiens, 14 septembre 1929) ».
« Nous avons observé un cas d'intoxication alimen- « taire suivi de vomissements incessants et de diar- « rhée profuse; une anurie s'établit et lentement « s’établit une azotémie qui en 8 jours monta jusqu’à « 5 gr. Rapidement l’état général fut celui d’une « grande urémie. La guérison survint par la suite avec « une crise urinaire aqueuse, puis azotée. Mais du- « Tant la crise l’étude des urines nous montra de « l’albumine, des globules rouges et des cylindres. « Dans la circonstance l’azotémie n’était pas dûe à « une hypochlorémie, mais aussi à une lésion rénale < indiscutable ».
— LEMIERRE A., LauparT M. et MEYER A. (B. et M. S. M. H. Paris, 13 mars 1936) : « Sur un cas d’azotémie survenue après des vomissements ».
Un homme entre à l’hôpital porteur d’une pharyngo-stomatite azotémique à la suite de vomissements qui se sont répétés durant 8 jours. Ces vomissements d’origine inconnue, semblent avoir déterminé l’azotémie (4 gr. à l’entrée) par hypochlorémie.
L'administration de sérum salé fait rétrocéder lPazotémie, amène une rapide guérison.
Le sédiment urinaire du malade contient à un moment donné : cylindres granuleux et leucocytes. De plus, LEMIERRE et ses collaborateurs soulignent la