‹ Étude sur les blessures simulées dans l'industrieChapitre 17 sur 34 · EX V · texte numérisé non relu

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Le traitement consiste en bains tièdes faiblement antiseptiques au sublimé et des cataplasmes chauds d’amidon. L’épiderme est détaché.

L'évolution ultérieure démontre bien la gangrène phéniquée et Pinfection septique localisée au lieu même de la plaie par instrument piquant.

OBsErRvATION XXXIV.

Th. G., frappeur, âgé de 28 ans, dit avoir reçu une tôle sur le pied droit,

Le 10 janvier 1894, sur le côté interne du pied droit, au niveau de l'origine du gros orteil, on voit une excoriation légère et superficielle, et tout autour un peu de rougeur et de gonflement. La marche détermine une douleur assez vive pour faire boiter le blessé. Dans le pli de l’aine correspondante, il existe plusieurs ganglions enflammés, dont un surtout plus volumineux et plus douloureux à la pression. Rien en dehors du pied ne peut expliquer cet adénite.

Cet homme n’est venu se faire soigner à la Maison de secours que treize jours après l’accident.

OBsERvATION XXXV.

H. E., mécanicienne, 22 ans, s’est piquée le 20 février 1894 au pouce gauche avec le crochet de courroie.

Le 28 février seulement, elle se présente, huit jours après l’accident, à la Maison de secours avec un panari palmaire de la phalange unguéale du pouce gauche. Cette collection purulente est ouverte au bistouri.

OBsERvATION XXX VI.

D. Ch., menuisier, 38 ans, s’est blessé à la main le 25 octobre 1885, en maniant des pièces de bois.

Le lendemain, on constate uu phlegmon circonscrit de la face palmaire de la main gauche au niveau des deux plis de flexion du milieu de la main, précisément sur le prolongement de la ligne du

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2° espace interdigital. La rougeur, la luméfaction et la sensibilité y ont bien leur maximum; mais la tuméfaction s’étend à la face antérieure de l’avant-bras. Après explication, la chloroformisation n’est pas acceptée : le débridement est pratiqué selon l’axe et donne issue à du pus dont la date d’inoculation peut bien être tenue pour douteuse.

Si pour les uns on est en droit d’incriminer la négligence, pour toute une autre classe d'individus il n’en est pas ainsi : la faute en est simplement à la nature, au tempérament.

Certes ces gens infortunés ne sont pas de mauvaise foi, du moins quant à l'existence du fait lui-même ; mais leur démarche est de la simulation néanmoins en ce sens qu'ils veulent imputer à l’accident leur diathèse, leur mauvaise constitution. Si l’on acceptait cette extension des revendications, les Compagnies d'assurances ne sauraient exister, car, au lieu de tabler sur des risques professionnels, elles seraient obligées de se baser bien plus sur les risques individuels. Le Conseil médical de la Maison de secours, composé de trois professeurs de Faculté, s’est d’ailleurs hautement prononcé en ce sens pour le sujet, dont le cas fait l’objet de l'observation suivante.

Ogservarion XXX VII.

G. À., dit avoir reçu un coup de tréteau sur la jambe gauche le 4 novembre 1894.

Cet homme a eu une plaie à la jambe gauche et a été soigné chez lui jusqu’au 26 mai, époque à laquelle il se présente à la Maison de secours en réclamant une indemnité. Le Conseil médical se réunit pour examiner sa requête ; et il donne les conclusions ci-après : Les états diathésiques ultérieurs, qui peuvent considérablement aggraver une plaie ou prolonger sa durée ne regardent en rien les Compagnies d'assurances. L’assurance ne doit considérer que la durée, qu'aurait présentée la même plaie sur un sujet sain, en l’absence de tout état diathésique ou pathologique. En conséquence G. Armand, dont la plaie a eu une durée de deux mois et demi, durée prolongée unique-

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ment imputable à l’état variqueux, mais qui sur un sujet sain n’aurait été que de quinze jours n’obtient qu’une indemnité de quinze jours.

Les Compagnies d’assurances, aussi riches qu’elles puissent être, ne pourraient se charger de tous ceux chez qui les plaies, même ordinaires, deviennent des ulcères fongeux, qui n'offrent aucune tendance à la guérison spontanée ainsi qu’il en a été pour les blessés suivants.

OgservarTion XXXVIII.

R. F., charpentier, 33 ans, prétend s’être fait une contusion à la jambe droite il y a environ huit jours.

À l'union du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs de la face antérieure de la jambe droite, on remarque une plaie à bords nettement délimités et taillés à pic, de la dimension d’une pièce de 0,50 cent. Le fond en est rouge, saignant facilement. Le pourtour, sur une largeur de ?2 à 3 centimètres est enflammé et douloureux. De plus, çà et là, à la circonférence, se trouvent quelques pustules noirâtres, ressemblant à de l’echthyma desséché.

Quelques jours plus tard, en outre de l’ulcère décrit plus haut, on en voit un second, qui s’est développé sur la face interne de la jambe et qui, au dire de l’intéressé, serait le résultat d’une des pustules d’echthyma signalées précédemment.

Le blessé est averti qu’il ne s’agit là que d’une maladie constitutionnelle et qui n’a pas de rapport avec son prétendu accident.

OgservaTioN XXXIX:

N.J., manœuvre, 63 ans, a reçu sur le pied droit une barre de fer, qui, en tombant, le 13 juin 1892, lui a contusionné la face antérieure de la jambe.

Le 14 juin, on constate une légère contusion du pied droit et une plaie contuse de la jambe gauche avec excoriation de la peau. On continue à visiter cet homme chez lui. Il se soigne bien et se trouve

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