DE LA SIMULATION DES SUITES ET DES CONSÉQUENCES DE LA BLESSURE
L’état de blessé, comprend trois stades : l’accident initial, la blessure, ses conséquences.
Nous avons passé en revue les divers moyens, dont se servent les simulateurs, lorsque la fraude porte sur le premier et le deuxième de ces états morbides : Il nous reste à examiner dans ce chapitre la simulation des conséquences et des suites de la blessure.
Lorsqu'un ouvrier simule, c'est pour s’assurer le bénéfice des conséquences de la maladie pour laquelle il trompe. Là est donc l'important.
Si quelques-uns n’ont d'autre but que d’obtenir des soins gratuits, ou d’autres des secours durant leur incapacité de travail, la plupart supputent d’avance les indemnités qu’on leur allouera ; et, pour les avoir plus fortes, se disent incapables de travailler, certainement estropiés ; et tel, qui annonçait hautement ne pouvoir même marcher, lorsqu'il a touché ses indemnités, jette loin de lui sa béquille et reprend dès le lendemain ses anciennes occupations, comme X., dont l’observation citée plus loin a été empruntée à la thèse de notre confrère et ami le docteur Léonce Vienne. On assiste ainsi désarmé à une tromperie audacieuse. Que faire ? Les tribunaux jugent en dernier ressort. Nous aurons à nous expliquer plus loin sur ce que nous trouvons de défectueux dans l’organisation actuelle et sur les moyens que nous croyons propres à y
en pbn es
remédier. Nous sommes obligé de faire une distinction entre les suites et les conséquences de la: blessure, les unes immédiates, les autres lointaines.
Quelques simulateurs compromettent à dessein leur guérison en la retardant le plus possible. A la Maison de Secours on voit rarement de ces catégories-là. L'obligation, dans laquelle se trouvent les blessés, de venir tous les jours à pied ou par la voiture d’ambulance recevoir les soins qui leur sont nécessaires à la Maison même, la défense formelle, qui leur est faite sous peine d'exclusion, de faire d’autre traitement que celui indiqué, de défaire l'appareil ou le pansement, les placent dans l'impossibilité absolue de recourir à ces sortes de fraudes.
Ce qui est peu possible à la Maison de Secours s’exerçait avant qu’elle ne fût créée ; et elle s’exerce encore souvent ailleurs. Des ouvriers ne suivent pas le traitement indiqué, font au contraire des remèdes de comméres, mettent sur leurs plaies des herbes ou autres substances nocives, les uns pour avancer, d’autres pour retarder la guérison.
Beaucoup ne gardent pas le repos. Que de fois passant devant le domicile d'ouvriers blessés, et entrant par hasard, n'avons-nous pas trouvé se promenant, marchant ou se tenant tout au moins assis, des individus condamnés au repos absolu au lit.
Aussi qu'arrive-t-il ? C’est que des affections qui semblaient bénignes, s’éternisent, n’ont aucune tendance à la guérison, deviennent chroniques, et quelquefois finissent par compromettre l'intégrité fonctionnelle d’un membre. Une articulation menace-t-elle de s’ankyloser, un membre de s’atrophier ? la plus grande partie du traitement sera l’exercice, les mouvements volontaires et surtout ceux de la vie habituelle. Un membre qui a été gravement blessé ne redevient utile qu'à une condition, c’est qu’on lui fasse une sorte d'éducation nouvelle.
De même les convaescents qui ne savent plus marcher, ont besoin d'exercice. Bien plus encore, lorsque d’un membre on à été obligé de retrancher des parties malades, quand une