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mais encore dans ceux de l’autre côté. De plus, l'érection, qui se produit lors de chaque examen, peut être déterminée par le simple attouchement de la région scrotale gauche et même droite. Nous sommes également étonnés de trouver dans le malade une sorte d’opposition systématique à tout genre d'exploration quelque doux qu’il puisse être. Une consultation de tous les médecins de la Maison de secours ayant examiné ce blessé, donne le résultat suivant: L’épanchement médullaire est écarté de prime abord, les phénomènes observés ne correspondant pas rigoureusement à ce genre de lésions. Les 25 ventouses scarifiées qui furent placées auraient dû amener une amélioration notable s'il y avait eu-un épanchement sanguin. 1l n’en a rien été.
Quant à la part du traumatisme, on doute même de son existence, puisque l’examen le plus attentif n’a jamais pu nous révéler quelque trace de contusion. Ce traumatisme n’a agi que sur un individu foncièrement hystéro-épileptique depuis longtemps déjà, puisque le 30 juin il se présentait déjà à nous avec une légère entorse, et manquait de prendre une crise pour un examen insignifiant comme douleur et puisqu'il reprenait le lendemain son travail.
À quelques jours de là, on apprend qu’il lui arrive fréquemment de circuler dans son quartier avec une simple béquille, alors qu'à la Maison de secours tout mouvement lui arrache des plaintes déchirantes. Bien plus, il lui est arrivé d'entrer dans un estaminet ; et, après quelques libations, de partir oubliant sa béquille et de revenir la chercher que quelque temps après, ce qui ne l’empêche pas de dire qu'il a mal partout et qu’il est estropié pour le reste de ses jours !
Son patron, interrogé, déclare qu'aucun ouvrier n’a été témoin de l'accident, mais que, s’il est tombé à l’endroit qu’il indique, il n’aurait pu faire une chute que de 0"50 de hauteur.
Tout ceci considéré, le Conseil médical de la Maison de secours avertit le blessé qu’il est atteint d’hystéro-épilepsie, ce qui constitue une maladie et non une blessure.
Cet individu avait donc inventé de toute pièce son histoire.
Il n’en est pas ainsi du menuisier L... — Cet homme, ainsi que le prouvent les attestations reçues après coup, avait depuis longtemps une malformation, avec laquelle il accomplissait ses occupations habituelles.
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Ce n’est qu'à la suite d’un accident, qu'il s’ingénie à tirer parti de cette difformité, en la mettant sur le compte du traumatisme. Le litige, soulevé par lui, s'est terminé sur les bases d’un certificat émané du Conseil médical de la Maison de secours.
Les soussignés :
Docteur Follet, professeur de clinique chirurgicale à Phôpital Saint-Sauveur ;
Docteur Guermonprez, membre correspondant de la Société de Chirurgie de Paris ;
Docteur Baudry, professeur de pathologie chirurgicale à la Faculté de Médecine de Lille,
déclarent avoir examiné, aux dates des 5 mars et 13 avril 1894, le sieur L..., Edmond, charpentier, demeurant à Lambersart, et avoir constaté ce qui suit :
1° L'accident du 18 septembre 1893 a réveillé l’ostéo-arthrite vertébrale ancienne du sujet ;
2° En faisant la part de l’accident, et aussi celle de l’état pathologique préexistant, nous assimilons son état à ceux prévus pour le contrat d’assurances en cas d’infirmité du 3° degré et des conditions particulières dudit contrat.
Voici un autre exemple typique, que nous empruntons au Mercredi médical du 8 novembre 1893 :
Au Club médical de Vienne, séance du 25 octobre 1893, M. Schlesinger a présenté un malade intéressant au point de vue de la simulation parfaite de la névrose traumatique.
Le malade en question, un homme de 52 ans, arriva à la clinique après un accident de chemin de fer, avec tous les signes de la névrose traumatique. Ce qu’il y avait de particulièrement intéressant chez lui, c'était la marche. Le malade disait ne pouvoir plus marcher comme tout le monde. En effet, quand on lui disait de marcher, il faisait d’abord dix à quinze pas en jetant ses jambes latéralement; puis survenait un moment où le malade, au lieu d'avancer, reculait en entrecroisant les jambes à chaque pas. Ce n’est qu'après une observation rigoureuse du malade, qu’on arriva à découvrir la supercherie au bout d’un certain temps. (Ze Mercredi médical, 8 novembre 1893, p. 547).