DEUXIÈME PARTIE
Voici terminée la première partie de notre ouvrage. Nous l'avons employée, toute entière, à traiter de la simulation, telle qu'elles’exerce dansles grands centres industriels. Nous l'avons vu porter tantôt sur l’accident, tantôt sur la blessure, tantôt enfin sur les conséquences de cette dernière. Nous croyons avoir suffisamment démontré la plaie. S'arrêter là serait faire une œuvre incomplète. Il nous reste à montrer quels remèdes, selon nous, on pourrait apporter à cet état de choses, mais pour cela, nous serons obligé d'entrer dans quelques détails, au sujet des lois qui régissent actuellement les rapports des ouvriers avec les patrons, avec les Compagnies d'assurances. Nous montrerons ce qui nous semble être des inconvénients et des lacunes. Enfin nous exposerons ce qui à notre sens
. paraîtrait préférable.
Nous nous étendrons aussi quelque peu sur le rôle des médecins experts, sur leur situation vis-à-vis des tribunaux, des ouvriers et des Compagnies d’assurances. Mais, avant d'aborder la partie de notre travail qui a plus spécialement trait à la jurisprudence, nous devons signaler le nombre toujours croissant des blessures industrielles, et consacrer quelques lignes, à ce qui nous semble le plus faire partie du cortége des causes premières des blessures industrielles en général, et des blessures simulées en particulier : l'alcoolisme et la déchéance organique.
D’après une statistique, dressée par M. E. Batteur, Ingénieur
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civil, directeur de la Maison de secours, pour l'arrondissement de Lille et portant sur une période de huit années de 1884 à 1892, nous voyons les accidents atteindre une proportion de 158,20 pour dix mille ouvriers employés pendant un an. Parmi les diverses industries, quelques-unes sont plus particulièrement meurtrières, telles sont les transports et terrassements et la maçonnerie.
Les blessures simulées comptent environ pour la proportion de 18/100 des blessures en général.
Si la plupart de ces accidents incombent à l’industrie ellemême, il en cite, qui ne lui sont imputables qu’indirectement. La blessure est bien le fait du travail, mais il est des causes premières éloignées auxquelles on devrait parfois remonter. Dans ces cas-là le premier coupable c’est trop souvent le blessé.
Il faut se hâter de dire que personnellement il n’en est souvent pas responsable, pas plus que nous ne sommes responsables des diathèses qui viennent nous assaillir.
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