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civil. « La Maison de Secours aux blessés de l'Industrie » fut destinée, dès le principe, à procurer des soins aux ouvriers atteints d'accidents professionnels.
Pour être utiles, ces soins doivent être immédiats, donnés avec compétence et dans les meilleures conditions d'hygiène et d'antisepsie.
Ce fut une réforme en même temps qu'une sorte de révolution au point de vue de la chirurgie des établissements industriels.
Le blessé, autrefois, était soigné par le médecin arrivé le premier sur le lieu de l'accident. Il était généralement placé dans des conditions déplorables de propreté et d'hygiène. Le médecin traitant ne voyait son blessé que de loin en loin ; il ne pouvait le surveiller, s'assurer si ses prescriptions étaient suffisamment suivies.
Fallait-il faire un pansement, construire un appareil? on était obligé de tout improviser. |
Que d’incapacités de travail, permanentes ou temporaires, que d'infirmités vraies ou simulées n’ont-elles pas été la conséquence de cet état de choses ?
C'est pour remédier à ces multiples inconvénients que fut organisée la « Maison de Secours ».
M. E. Batteur eut pour inspirateur, un chirurgien français, dont la compétence auprès des blessés de l’industrie, dont les travaux successifs et les communications aux Sociétés scientifiques ont établi depuis longtemps la notoriété. Nous voulons parler.de M. le docteur Guermonprez, professeur à la Faculté libre de médecine de Lille, et depuis vingt ans chirurgien de la Compagnie du Nord.
M. Guermonprez sut appliquer les dernières découvertes de la chirurgie moderne et les rendre pratiques, ainsi qu'il convenait à un établissement de ce genre. Il le put d'autant mieux que, depuis de longues années, il s'était attaché à cette branche de la chirurgie, pénétré par l’idée qu’il devait y avoir une « Chirurgie d'Usines » au même titre qu'il y a une chirurgie militaire.
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À la Maison de Secours, le blessé trouve donc sans retard les soins en rapport avec son état.
Arrive-t-il quelque part un accident grave, au point de ne pas permettre le transport du blessé par les moyens ordinaires ? la Maison de secours, qui est reliée par un fil, au réseau téléphonique, envoie immédiatement une de ses voitures d'ambulance, (établies sur le modèle de celles de Paris). Le blessé est amené ainsi à la salle d'opération; et là, l’un des internes, assisté s’il le faut d’un des médecins de l'Etablissement, mandé lui aussi par téléphone, fait le pansement, arrête l’hémorrhagie, place les points de suture, etc., etc. et tout cela dans un milieu où tout est disposé pour faire de la bonne chirurgie d'urgence.
« Un livre ad hoc, est tenu, relatant les causes et les cir- » constances de l’accident, l’état civil du blessé, son âge, sa » profession exacte et la relation des soins, pansements, » appareils, opérations et consultations qui lui sont person- > nellement attribués, Jusqu'à complète guérison.
> Tous les deux jours, le service médical au complet examine » les blessés. » (1).
Ce rapide exposé suffit à montrer que la Maison de secours, est à la fois une œuvre philantropique et scientifique.
Depuis 1885, 12.000 blessés y ont été soignés. De hautes récompenses, et le succès, sont venus couronner ces tentalives.
C’est dans ce milieu, que nous avons observé la plupart des cas relatés au courant de notre travail. Les autres ont été empruntés aux archives de l'Etablissement soigneusement conservées.
C'est M. Le professeur Guermonprez, qui, il y a quatre ans, nous a suggéré l’idée de cette thèse. Depuis cette époque, nous avons pu suivre, sous sa direction, beaucoup de simulateurs, les uns moins habiles, les autres plus retors, quelques-uns de
(1) Maison de Secours pour les blessés de l'Industrie, par E. BATTEUR, imprimerie Liégeois-Six, 1894.
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bonne foi, la plupart sans délicatesse, sans même le moindre souci de l'esprit de justice. Nous avons observé, aidé des conseils du maître. Qu'il veuille bien accepter ici l'expression de nos remerciements et de notre profond dévouement.
Au milieu de ces luttes d'intérêt, nous n'avons cessé de nous souvenir des grands devoirs, qui font l'honneur des traditions de la Chirurgie française. Guérir est le premier devoir, servir la justice, en disant la vérité, est le deuxième. En les observant, en suivant toujours ces deux grands préceptes, nous avons vu la puissance du vieil adage : « Fais ce que dois, advienne que pourra. »
Avant de pénétrer dans le plein du sujet, nous tenons à répondre à une objection, qui nous a déjà été posée plusieurs fois par des amis ou des maîtres.
En conscience, nous exposons nos idées; si parfois, au cours de cet ouvrage, principalement lorsque nous aurons à traiter de l’alcoolisme et de la déchéance organique, nous sommes amené à dire des choses un peu pénibles, nous avons la conviction de ne jamais dépasser notre pensée. Que l'on se souvienne dans quel milieu nous avons puisé nos observations, que l’on veuille bien considérer que nous n’avons en vue que des simulateurs, c’est-à-dire des mauvais ouvriers. Certes, autant que tout autre, nous estimons l’ouvrier, nous désirons pour son sort les améliorations les plus complètes et les plus promptes ; mais nous ne croyons pas que ces tendances puissent entrer en ligne de compte avec le sujet que nous nous sommes proposé de traiter.
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