‹ Étude sur les bronchites dans leurs rapports avec les maladies constitutionellesChapitre 6 sur 13 · B. DES BRONCHITES SIGNALÉES CHEZ LES HERPETIQUES · texte numérisé non relu

B. DES BRONCHITES SIGNALÉES CHEZ LES HERPETIQUES

Broussais reconnaissait l’alternance entre les bronchites et les affections cutanées. « Une sécrétion, dit-il, peut diminuer à la peau et être suivie d’une supersécrétion des bronches; » mais il prétend qu’on peut, en y reg-ardant de près, découvrir toujours l’influence simultanée du froid.

Dans certains cas de bronchite chronique, disent les auteurs du Compendium (t) « on a vu l’apparition d'une fièvre intermittente ou d'un exanthème chronique amener un heureux résultat. »

Laënnec (2) signale la fréquence du catarrhe sec chez lesdartreux et déclare que la répercussion des éruptions cutanées, aiguës ou chroniques a souvent une influence marquée sur le développement de la bronchite.

M. Barth (3) rattache dans certains cas la bronchite à la constitution herpétique du malade : « La bronchite I dit-il, est-elle survenue, chez un sujet affecté de ma- j ladie de peau, surtout après la disparition d’une éruption cutanée, on est fondé à la considérer comme dé- ^ pendant d’une diathèse herpétique. » \

(1) Compendium de médecine, t. I, p 673.

(2) Laënnec. Traité de l’auscultation, 2® édition, t. I, p. 191 et 152.

(3) Barth. Art. Bronchite, in Dictionnaire encyclopédique des science

médicales, p. 746.

M. Besnier (1) rapporte ég*alement à l’herpétis cer- ! laines bronchites cjue Bazin tendait à rattacher à la ma- ! ladie arthritique : « Les vices dartreux et herpétiques, j dit-il, que Bazin fait rentrerdans les arthritides, ressai- V siasent bon nombre d’adultes sous la forme de bronc chites chroniques... » En traitant de la bronchopneu- L monie, M. Bog-er(2) fait remarquer que cette affection i{ succède rarement chez les enfants à l’eczéma du cuir ii chevelu. » Quant à la suppression de la g-ourme (ec- 4 zéma irnpétig'ineux de la face et du cuir chevelu), elle sera beaucoup plus souvent l’effet que la cause des afî fections intercurrentes, ut dans les faits exceptionnels >1 de véritable et rapide suppression, on verra se manifes- 3 ter des accidents cérébraux ou entéritiques (choléra in-

^ fantum) bien plutôt qu’une bronchopneumonie. »

L’asthme, dans ses différentes formes, a été sig'nalé ii aussi depuis long’temps chez les sujets atteints de maladies de peau.

Fabrice de Hüden (3), cité par les auteurs du Gom- 3 pendium rapporte le cas d’un jeune homme saisi brusi quement d’un accès d’asthme après la dispariton d’une il affection cutanée produite par un répercussif.

I Cullen (4) admettait un asthme exanthématique déved loppésous l’influence de diverses éruptions, i Guersent (5) sig-nale d’une manière plus précise

)j (1) Besnier. Art. Rhumatisme, in Dictionnaire encyclopédique des 'ij sciences médicales, p. 765.

Ij (2) Roger, Art. Bronchopneumonie, in Diction, encycl. des sc. méd., j P- 41.

)j (3) Compendium de médecine, art. Asthme, p. 436.

) (4) Cullen. Eléments de médecine pratique, t. IR, p. 69.

) •' (5) Guersent. Art. Asthme, in Dictionnaire de médecine, p, 285.

l’existence de l’asthme chez les sujets eczémateux : « L’asthme nerveux, dit-il, chez les enfants comme chez les adultes, survient quelquefois sans lésion org’anique; je l’ai observé chez les enfants affectés d’eczéma chronique lorsque l’éruption avait complètement disparu. » Avec MM. Bazin et Hardy, la plupart des médecins reconnaissent l’existence de l’asthme et de la bronchite chez les sujets herpétiques. Dans son étude sur les bronchites, M. Sénac-Lag’range (1) écrit : « IlestenTm des maladies cutanées, liées à une affection con^îLitutionnelle qui se compliquent de bronchites. 11 s’établit même entre les deux maladies, le plus souvent un eczéma, et la bronchite, une loi de balancement qui a de tout temps frappé les observateurs. Les complications d’asthme qui surg*issent, achèvent de prouver les relations avec un état constitutionnel. »

C'est précisément cet état constitutionnel qui donne lieu à des questions de litig-e dont l’interprétation est très difficile en même temps que très variée. 11 est des sujets atteints d’asthme ou de bronchite en même temps que d’aflections cutanées, que tous les auteurs s’accordent à rattacher à la syphilis ou à la scrofule. Mais si les scrofulides et les syphilides, externes ou internes, ne donnent lieu aujourd’hui à aucune contestation, du moins quant à leur existence, il est loin d’en être ainsi pour les herpétides elles arlhritides. D’une part, l’école de Vienne et les Allemands en g-énéral ne tiennent pour ainsi dire aucun compte des diathèses et des maladies

(1) Sénac-Lagrange. Etude clinique sur diverses formes de bronchites, p. 38.

corislitulionnelles. D’autre part les auteurs qui, en Angleterre ou en France, accordent une importance plus grande au terrain constitutionnel, professent à cet égard des opinions très divergentes. Tandis que M. Guéneau de Mussy tend à effacer ITierpétis pour faire rentrer toutes ses manifestations diverses dans l’arthritisme ou dans la scrofule, M. Besnier (1) se contente de signaler Tahus qu’un grand nombre de praticiens commettent en classant indistinctement sous la dénomination d’herpétiques presque tous les sujets affectés de maladies cutanées ; et à côté des affections qu’il rattache, en petit nombre et par exclusion pour ainsi dire, à Therpétis, il en rapporte un grand nombre à une origine arthritique. C’est à M. le professeur Hardy, qui se montre d’ailleurs très réservé à l’égard des affections diverses désignées par Bazin sous le nom d’arthritides, que revient l’honneur d’avoir nettement délimité et précisé les faits pathologiques qui constituent le domaine de Therpétis ou dartre.

Nous n’avons pas ici à approfondir ces questions de doctrine; nous nous proposons seulement d’étudier les bronchites qu’on a signalées chez les sujets herpétiques. Qu’elles soient considérées comme des manifestations de Therpétisme ou comme des affections accidentelles modifiées par la maladie constitutionnelle sur laquelle elles se greffent, présentent- elles des caractères particuliers ou d’ensemble qui les différencient des broncliites développées dans le cours des autres maladies constitu-

(1) Besnier. Annotation des Leçons sur les maladies de la peau par Kaposi.

Schlcmmer.

tionnelles ou en deliors de ces conditions? Telle est la cjuestion c[ue nous nous sommes poséej nous verrons ensuite si l’on peut tirer quelques conclusions de cette étude.

Caractères des bronchites observées chez les herpétiques .

« Chez les sujets atteints d’herpétisme, écrit M. Barth (1), surtout si elle coïncide avec la disparition d’une affection cutanée, telle que l’eczéma ou l'impétig’o, la bronchite acquiert souvent très promptement une physionomie particulière à’ intensité cViVdiQ,iéviséQ par une g*rande oppression et des râles sibilants, sonores et muqueux, qui retentissent bruyamment dans toute la poitrine, de manière à représenter des espèces d’accès d’asthme bronchique qui ne se calment qu’au bout de plusieurs jours {bronchite spasmodique). «

D’après Bazin, on observerait, au début de l’herpétis, des inflammations superficielles des muqueuses ; et c’est plus tard qu’on trouverait un balancement bien prononcé entre les manifestations cutanées et le catarrhe. « A la première période, dit-il (2), correspondent des inflammations superficielles de la peau et des muqueuses. .. Dans la deuxième période, les éruptions cutanées deviennent plus fixes; c’est alors qu’on a les eczémas symétriques du pli du jarret et des saig’nées, le psoriasis des g’enoux et des coudes, etc. ; dans cette seconde période s’observent ég'alement des catarrhes, des

(1) Barth. Art. Bronchite, in Dictionnaire des sciences médicales, p. 737.

(2) Bazin. Leçons sur les aflections cutanées, p. 68.

névralg'ies qui ofTrent avec les affections cutanées ce balancement si remarquable. »

« Le catarrhe dartrenx, dit-il ailleurs (1), se disting*ue par la lomjue durée de la période irritative (catarrdie sec de Laënnec), par les accès d'asthme^ par* sa marche plus ou moins saccadée ^ par ses alternances avec les éruptions cutanées. »

La bronchite peut être très peu accentuée, et dans certains cas la dyspnée existe seule sans revêtir néanmoins la forme paroxystique de l’asthme vrai. Nous croyons devoir citer ici, à titre d’exemple, le passage suivant d’une observation rapportée par Bazin à la fin de son ouvrage sur les affections cutanées :

Charles D..., âgé de 36 ans, journalier, entre le 11 avril 1865 au pavillon Saint-Mathieu, n° 25. Pas de renseignements sur les parents du malade.

Pour lui, d"un tempérament lymphalico-nerveuxet d'une constitution robuste,' mais sans embonpoint, il n‘a jamais eu de gourme dans les cheveux, ni d’ophthalmie-:, et, il aurait toujours joui d’une bonne santé jusqu’à l’apparition de l’éruption (eczéma symétrique) qui l’amène à rhôpilal et qui date de deux ans.

Cette éruption s’est montrée tout d’abord au creux des jarrets des. deux côtés, et y a persisté depuis, en présentant des exacerbations passagères et en même temps une extension de plus en plus grande. La poussée actuelle date de trois semaines et est beaucoup plus intense que les précédentes.

Le malade ajoute que six mois après l’apparition de l’allection cutanée, il a été pris d’accès- d'oppression et d’étouffement^ qui surviennent surtout la nuit, le forcent à se lever brusquement et à se mettre à l’air libre pour avoir sa respiration ; ces accès durent de quatre à cinq heures, se terminent par de la toux et une expectoration peu abondante. Ils se renouvellent deux ou trois jours de suite.

(1) Bazin. Leçons sur la scrofule, p. 461.

et se répètent périodiquement tous les huit à dix jours sous la même l’orme et avec la môme durée.

Depuis que V éruption qu'il porte a pris plus d'extension, ces accès d asthme, dit-il, sont moins fréquents et moins graves; il se sent notamment bien soulagé de ce côté depuis la dernière poussée eczémateuse.

D’autres fois, la bronchite est plus accentuée et l’élément nerveux est moins accusé. Comme exemple de catarrhe sec, avec toux opiniâtre alternant avec des affections cutanées chez un sujet herpétique, nous rapporterons l’observation recueillie par Michel Bertrand, sous le titre suivant :

Maladie de poitrine produite par la métastase d’une humeur

dartreuse.

M. N..., âgé de 28 ans, d’un tempérament bilioso-sanguin, livré au travail de cabinet, était sujet, depuis trois ans, à une toux opiniâtre que les temps froids et humides augmentaient et qui diminuait en été. Les crachats étaient muqueux, globuleux, quelquefois bleuâtres et peu abondants. On avait observé que la toux alternait avec des effloi'escences dartreuses. Daws, l’été de 18ÛÎ3, un gonllement œdémateux et indolent se manifesta sur le prépuce; la poitrine fut dégagée. Ce gonflement se termina par résolution, au bout de cinq ou six jours, et sans que l’on eût employé aucun topique : la toux ne tarda pas à se reproduire.

L’année suivante, le malade eut un abcès de l’aisselle qui suppura pendant une huitaiae de jours. Après deux saisons au Mont- Dore, le malade fut complètement rétabli.

On peut remarquer que, dans cette observation, Michel Bertrand sig*nale le tempérament hilioso-saug’uin du malade et la susceptibilité de la bronchite aux variations de température; ces caractères eng*ag;’eraient, sans

doute, certains auteurs à voir dans cette relation un exemple d’affection bronchique alternant avec des manifestations cutanées de nature arthritique. Nous aurons cà revenir sur ce point en exposant nos conclusions.

M. le professeur Hardy insiste sur le caractère rebelle et récidivant des bronchites qu’on observe chez les sujets herpétiques :

« Nous avons parlé, dit-il (1), du passag’e de l’eczéma des ouvertures naturelles aux muqueuses, et des bronchites et des pharyng'ites eczémateuses qui en étaient la conséquence, maladies souvent méconnues et toujours difficiles à g*uérir, qui ne sont autre chose que l’extension de l’éruption eczémateuse, par continuité de tissu comme on le voit sur l’enveloppe cutanée. Mais, en dehors de ces affections viscérales, dont une observation attentive reconnaîtra facilement l’orig*ine et la nature, il peut en exister d’autres qui naissent d’emblée sur les muqueuses et sont une manifestation de la diathèse dartreuse, au même titre que l’éruption cutanée avec laquelle elles semblent, au reste, affecter une espèce d’alternance. Cet herpétisme interne s’observe, par ordre de fréquence, sur les muqueuses pharyng'iennes, respiratoires, intestinales et vésicales, et se traduit par des inflammations spécifiques dont les caractères communs sont : la résistance au traitement^ les récidives presque inévitables^ et souvent, répétons-le, une alternance avec ï éruption tégumentaire. Tels sont un grand nombre d’ang-ines g’ranuleuses, certains catarrhes bronchiques et

(1) Hardy. Leçons sur les maladies dartreuses. Paris, 1868, p. 109.

quelques variétés d'asthmes.. M. le D’’ Dnclos, de Tours, a beaucoup insisté sur les relations étiolog’iques cjui existent entre 1 eczéma et les affections des voies respiratoires, et surtout différentes formes d’asthme. ISous reconnaissons très volontiers cette influence; mais nous sommes oblig’é d’avouer néanmoins que cet éminent praticien lui a accordé une importance beaucoup trop grande. »

Dans un autre ouvrag*e(l), le même auteur fait remarquer qu’on observe assez souvent chez les sujets herpétiques des affections de la lang-ue avec développement exag'éré des papilles ou avec des ulcérations et des plaques épithéliales dans la bouche, de l’angine granuleuse, des h'onchites^ des coryzas, et les différentes variétés de V asthme avec ou sans emphysème pulmonaire. Nous rapporterons à la fin de ce travail deux cas d’asthme accompagné de bronchite chez des sujets eczémateux, cités par M. Collin dans les Annales de la Société d’hydrologie.

Des bronchites qu’on observe très fréquemment chez des eczémateux, sont des bronchites caractérisées par une dyspnée revêtant la forme asthmatique et par une sécrétion visqueuse^ filante et abondante (2). a

Non seulement ces affections des bronches alternent ^ avec les manifestations cutanées, mais on les voit coin- J cidûr quelquefois avec les éruptions. Nous rapportons a ici une obsBrvation recueillie par M. Collin, dans laquelle 011 constate la coïncidence de l’eczéma avec une bron- I

(1) Hardy. Art. Dartre, in Dictionnaire de médecine et de chirurgie ^ pratiques, p. 700 et 701.

(2) Hardy. Communication orale j

chite chronique présentant des exacerbations caractérisées par une dyspnée très g’rande et par une sécrétion muqueuse abondante :

Bronchite catarrhale coïncidant avec un eczéma presque généraL Guérison rapide. Rechutes.

Mlle X..., du département de la Loire, âgée de 17 ans, d’une constitution très faible, d’un tempérament lympathique, a été réglée à 12 ans, mais il est survenu fréquemment de la dysménorrhée, voire même de l’aménorrhée, qui a été combattue parles ferrugineux, l’huile de foie de morue, etc.

La poitrine a été toujours très délicate, et les hronchües fréquentes. Vers l’âge de 9 ans, il est survenu un eczéma qui n’a pas tardé à se généraliser, et contre lequel différents médicaments ont été employés sans succès.

Cette malade a déjà fait, l’an passé, sous la direction du D'’ Allard, un traitement qui a été suivi des plus heureux résultats. Elle a été complètement débarrassée de son eczéma après quelques bains seulement. L’affection a malheureusement reparu quelques mois après.

Mlle X... arrive à Saint-Honoré le 16 juillet 1860.... Toute la jambe et la cuisse droite surtout sont recouvertes de vésicules eczémateuses dont la sécrétion est abondante. ces accidents du

côté de la peau, la malade est souvent prise de toux opiniâtre et de dyspnée intense. Les règles n’ont pas paru depuis plusieurs mois.

Lors de ma première visite, je constate chez cette jeune fille une altération profonde de la constitution, et mon attention se porte sur les voies respiratoires.

La percussion est normale.

L’auscultation au contraire me fait entendre, dans les deux poumons, en avant et en arrière, des râles muqueux sous-crépitants, et, à certains endroits, des gargouillements pareils à ceux de la phthisie parvenue à sa dernière période.

La toux est iréquente, parfois sèche, mais plus souvent accompagnée de crachats arrondis, épais, qui sont rendus difficilement, mais dont la sortie soulage toujours la maladCi

Je prescris la salle d’inhalation suivie d’un demi-bain malin et soir.

Le \1, au matin, l’expectoration a été rendue très facile pendant les dernières minutes que la malade a passées à la salle d’inhalation. « Toute la nuit, me dit-elle, je n’ai fait que tousser et cracher surt<)ut. »

Rien ne saurait faire comprendre mon étonnement, lorsqu’à l’auscultation je ne trouvai plus aucun des bruits morbides que j’avais parfaitement constatés la veille, et qui avaient laissé mon dia^mo-tic en suspens. Je prescrivis alors, outre l’inhalation, un grand bain tous les jours.

Jusqu’au H août qu’a duré la cure, j’ai vu plusieurs fois la poitrine se prendre, mais l’inhalation en faire promptement justice.

Le 11 août, Mlle X... est partie, très bien guérie de son eczéma et de sa bronchite eczémateuse

La guérison de Mlle X... ne s’est pas maintenue longtemps, et avec l'eczéma a reparu Vafjection catarrhale que nous connaissons.

Cette ténacité de l’affection catarrhale chez les sujets herpétiques s’observe ég-alement lorsqu’au lieu de coïncider avec l’afTection cutanée, la bronchite alterne avec elle ou lui succède, M. Guéneau de Mussy (1), cite un exemple de balancement remarquable par la durée de la période pendant laquelle la bronchite demeura latente et resta, pour ainsi dire en puissance : « Je me rappelle, dit-il, avoir vu un dartreux, chez lequel un catarrhe^ qui persista dix-huit mois, succéda à la guérison d'une affection herpétique. lin cautère à la partie inférieure de la cuisse fit cesser la toux. Plus d’un an après sa g-uérison, cet homme crut pouvoir supprimer son cautère; le ca-

(I) Guéneau de Mussy. Leçons de clinique médicale, t. I, p. 517.

tarrhe reparut et ne céda qu’à l’application d'un nouveau fonticule. »

En parlant de l’asthme, dont on a sig’nalé diverses formes chez les sujets herpétiques, le même auteur (1) s’exprime ainsi : « On a admis, et j’ai admis moi-meme un asthme d’orig'ine herpétique ; mais plus] étudie cette question des affections diathésiques, plus je cherche à délimiter ce terrain de l’herpétisme, plus je le vois se restreindre et disparaître entre ces deux g’randes diathèses, l’arthritisme et la scrofule qui empiètent sur i lui.... )) Et ailleurs (2), il écrit : « Derrière l’asthme on I découvre souvent une disposition herpétique, qui n’est [ peut-être elle-même qu’une dérivation de l’arthritisme,

I comme l’indiquent la périodicité des accès et leur forme

(paroxystique à exacerbations nocturnes qu’on retrouve dans beaucoup d’affections d’orig’ine arthritique. »

I En lisant certaines observations d’asthme accompaj gné de bronchite et de coryza, chez des sujets herpéti- || ques, telle que l’observation recueillie par M. Collin et ;1 rapportée à la fin de cette étude, il nous semble qu’on d ne peut méconnaître une certaine analog*ie entre cette !i affection des voies respiratoires et plusieurs cas de rhinoic bronchite que M. Guéneau de Mussy rattache à la maa ladie arthritique.

Il est une affection de la peau qui parfois est accom- I pag-née, précédée ou suivie de bronchites intenses, ca-

! (1) Loc, cit., t. I, p. 377.

i (2) Loc. cit., t. I, p. 514.

ractérisées par une oppression violente et paroxystique, par des accès de dyspnée à forme asthmatique ou par un asthme véritable. L’urticaire, que Trousseau a vue alterner avec des accès d’asthme (1) et avec des bron- i chites répétées à exacerbations paroxystiques (2), a été rattachée par lui, dans quelques cas, à l’herpétis, et soumise à la médication arsenicale. M. Hérard (3), pour qui cette affection est indépendante de toute maladie constitutionnelle, nous citait encore dernièrement lecas d’un malade saisi brusquement d’une dyspnée extrême, poussée jusqu’à la suffocation imminente, qui futjug’ée le lendemain par l’expectoration d’une sécrétion bron- , chique très abondante et par ^apparition d’une éruption ortiée. D’autres médecins, à l’exemple de Bazin, rapportent cette affection tantôt à l’arthritis, tantôt à l'herpétis. M. Guéneau de Mussy tend à lui attribuer une orig*ine presque exclusivement arthritique : « Bazin, j dit-il (4), tout en affirmant les rapports fréquents de l’ur- j ticaire avec l’arthritisme, avait admis une urticaire her- j pétique dont les caractères distinctifs ne me paraissent | pas bien solidement établis. \

C’est très probablement àTurticaire, ou à un procès- | sus analog-ue, qu’il faut attribuer ces coryzas soudains J et passag’ers, accompag*nés d’éternuements incoercibles, , de prurit nasal et quelquefois d’un flux très abondant, ; d’autres fois d’enchifrènement, qu’on observe chez les

^1) Trousseau. Cliniques de l’Hôtel-Dieu, t. II, p. 488.

(2) Loc. cit., t. I, p. 262.

(3) Hérard. Communication orale.

(4) Guéneau de Mussy. Des endermoses, in France médicale, 1879, p. 209.

arthritiques, ou ces toux quinteuses, ag*açantes, ég'alement fug’aces, accompag*nées d’une insupportable titili lation de la gorg-e. »

M le professeur Hardy (1) ne rattache l’éruption ortiée ni à l’artliritisme, ni à l’herpétisme : a Quant à : Turticaire, dit-il, nous nous refusons à reconnaître dans cette maladie le caractère désaffections dartreuses; sa . mobilité spéciale, sa ressemblance ou sa liaison avec les névroses, son défaut de transmission héréditaire, la L disting*uent assez pour que nous pensions qu’on doive l’éloigmer de l’eczéma et du psoriasis, et qu’on doive la •; considérer comme une névrose cutanée, soit idiopathi- ( que, soit symptomatique. » Dans sa classification des f maladies de la peau, M. Hardy rang-e l’urticaire parmi . les dermatoses accidentelles.

Laissant de côté ici toute question d’orig*ine, nous : croyons pouvoir conclure des observations citées par 1 M. Guéneau de Mussy, que l’urticaire et la rhinobron- ! chite, qui souvent alterne avec l’éruption ortiée, peuvent s’observer chez des sujets affectés de dermatoses dartreuses [iÀtyrimis)(2). Nous rapportons ici une observation de Bazin (3), qui montre un exemple de dyspnée intense coïncidant avec une urticaire chez un sujet depuis long-temps eczémateux :

(1) Hardy. Art, Dartres, in Dictionn. de méd. et de chir. pratiques,

{%■ Guéneau de Mussy. Loc. cit., p. 547 et p. 548.

(3j Bazin. Leçons sur les affections cutanées, p. 481,

Eczéma symétrique des jarrets. — Urlicaria evanida.

Accès d’asthme.

Ernest N..., Agé de 28 ans, entre le 20 mars au pavillon Saint-. Mathieu, n“ 3.

Le père du malade est mort atteint d’aliénation mentale; sa mère était sujette à des migraines très fréquentes et s’accompagnant de vomissements, et à des accès d’asthme également fréquents; elle serait morte dans un de ces accès.

Pour lui, d’un tempérament lymphatico-nerveux, il est d’une constitution sèche et un peu amaigrie. Il a eu une fluxion de poitrine à 19 ans ; depuis, sa santé s’est bien rétablie, et il n’a jamais fait d’autre maladie grave.

Pas de douleurs dans les articulations, quelques douleurs de reins passagères; digestions faciles, selles régulières, pas d’hé- | morrhoïdes; chaleurs fréquentes à la tête avec tendance aux étourdissements et sensation d’étouffement. Apparition de placards eczémateux au creux du jarret, symétriquement de chaque côté, il | y a une quinzaine d’années, et qui persistent encore; des placards | analogues se sont montrés plus tard de chaque côté du cou et à la j face interne des cuisses et ont disparu après quelques mois de durée. i |

Ce malade entre à l’hôpital à 10 heures du soir, dans un accès ; j d’oppression et d’étouffement très violent, qui l’aurait surpris en j bonne santé une heure avant son arrivée à l’hôpital. On Jlui ap- j plique immédiatement au creux épigastrique un large sinapisme, et, une heure après, il se sent notablement soulagé.

Le lendemain, revenu à son état ordinaire, il peut donner les renseignements qui précèdent, et il ajoute que, depuis cinq à six jours, il éprouvait des chaleurs à la têteetdes étourdissements plus violents que d’habitude, et qu’au débat de son accès d’oppression, il avait senti se développer sur tout le corps, le tronc et les membres, des boutons du volume d'une lentille^ s'accompagnant de démangeaisons très vives, et qui ont rapidement disparu en môme temps que son oppression {urticaria evanida).

Actuellement, 21 mars, le malade ne présente ni oppression, ni boutons sur le corps, ni démangeaisons; il éprouve à peine un léger sentiment de malaise général. Mais en l’examinant de ca-

irrid àmmiA

pile ad calcem, on retrouve de chaque côté, au creux du jarret, les plaques d’eczéma que porte le malade depuis longtemps. Ces plaques sont d’une rougeur peu intense, sans suintement, recouvertes d’exfoliations légères, et ne s’accompagnant que de faibles démangeaisons. Elles sont peu étendues, et jusqu’ici sont restées limitées aux points qu’elles occupent actuellement. Aucune autre trace d’éruption sur le corps.

Traitement. — T. G. Solution arsenicale ; bains simples ; onctions : à l’huile de cade mitigée au tiers.

Le 28 avril, le malade sort complètement guéri.

Nous pensons avec nombre de médecins que l’urti- I caire survenant chez un sujet herpétique ne joue que le 3 rôle de maladie occasionnelle et que les phénomènes ({ bronchiques qu’on observe doivent être rattachés à la j maladie ortiée dans bien de cas.

Quant aux observations de rhino-bronchite signalées chez des sujets atteints d’eczéma, avec ou sans éruption d’urticaire, nous croyons qu’on peut y voir l’influence de la maladie herpétique, dans le cas où l’affec- I tion des voies respiratoires coexiste ou alterne avec des I poussées eczémateuses ou d’autres affections dartreuses j telles que le pityriasis, des névralgies et des migraines à forme herpétique, surtout si les accès se répètent : principalement sous l’influence des causes morales et s’accompagnent d’expectoration pituiteuse (1).

Dans toutes les affections des bronches signalées chez > des sujets atteints de maladies cutanées, les anciens ' voyaient des exemples frappants de métastase. Aujourd’hui on a restreint et précisé le sens du mot : « Pour

[1) Guéneaude Mussy. Loci cit,, p, 553 et suiv.

nous, écrit M. Quinquaud (l),la métastase se compose d’un acte morbide primitif et d’un acte morbide secondaire. Il faut que le premier ait enlièremenl disparu ou se soit effacé devant le second ; il faut, de plus, que celui-ci soit sous la dépendance de celui-là. » « De nos jours, dit-il plus loin, avec une observation plus exacte, on voit que le nombre des faits métastatiques a sing*ulièrement diminué. Ainsi, grâce à la notion de maladie g’énérale introduite par Alibert, Guéneau de Mussy, Hardy et Bazin, on a mieux vu la localisation et écarté des métastases un certain nombre de troubles coïncidants; néanmoins, il existe encore dans la dartre des cas qui correspondent à la définition de la métastase; on constate l’apparition de bronchites, de g-astrites, d’entérites avec la cessation des dartres ; mais Hardy

considère ces faits comme exceptionnels Chez les

sujets asthmatiques, on voit la maladie s’ag’g'raver ou se produire au moment de la cessation d’un eczéma; tous les dermatolog’istes en citent des exemples, récemment encore Merly en a sig*nalé des cas. Il semble que ce soient des influences d’un même état g*énéral qui s’influencent réciproquement. »

L’école allemande repousse d’une manière absolue la notion de métastase et de répercussion.

Le professeur Kaposi (2), de Vienne, déclare que « l’idée d’une rentrée, d’un refoulement, d’une répercussion des maladies de la peau est inadmissible. » Ses savants commentateurs, MM. Besnier et Doyon, envisag’eant la

(1) Quinquaud. Th. d’agrég., 1880, p. 27.

(2) Kaposi. Leçons sur les maladies de la peau, traduct. de Besnier

et Doyon. Paris, 1881, p. 131, ^

question au point de vue pratique ont annoté ce passage : « En fait, disent-ils, y a-t-il des cas dans les- ! quels il puisse être nuisible à un titre quelconque, pré- I sent ou avenir, de faire disparaître certaines dermopa- ; thies ? Voilà ce que demande le médecin praticien ; or, la réponse à cette question ne peut être donnée d’une manière absolue. Voici, par exemple, un sujet atteint de bronchite alternant avec une dermopathie, le plus habituellement un eczéma ou un prurigo : est-il certainement sans inconvénient de traiter activement la dermopathie par des moyens externes ? Nous ne croyons personne autorisé à affirmer qu’il ne puisse jamais y avoir aucun dommage à le faire... C’est affaire d’observation pure, et dans le doute qui subsiste sur certains points de la question, nous ne conseillerons pas aux médecins d’être absolus dans leur pratique en ces différentes conjonctures. »

Après avoir parlé de l’asthme et des bronchites avec sécrétion muqueuse abondante qui se développent peu de temps après la disparition d’un eczéma ou de toute autre affection dartreuse, pour céder lorsque l’éruption se manifeste au dehors, M. le professeur Hardy signale dans certains cas un véritable balancement entre ces affections. Et il ajoute (1) : « Nous avons rencontré assez fréquemment des bronchites chroniques présentant particulièrement les symptômes du catarrhe pulmonaire , qui se développaient au moment où des eczémas anciens

Iet très sécrétants venaient à guérir. Mais ce ne sont pas là des métastases à proprement parler ; ce sont des ef-

^ (1) Hardy, Art. Dartres, in Dict. de naéd. et chir. prat., p. 701.

fels d une môme cause agissant successivement ou simultanément sur la peau et sur les membranes muqueuses ; dans ce balancement môme il ne faut pas voir une répercussion, mais le fait de cette loi si bien formu lée par Hippocrate, qui indique que, lorsque deux maladies existent simultanément, la plus grave efface l’autre. »

Au point de vue qui nous occupe on doit se demander s’il est parfois dangereux de faire disparaître une dermopathie dartreuse. Nous ne saurions répondre d’une

manière plus précise qu’en citant le passage suivant de M. Hardy : « En général, il n’est pas dangerenx de gué- , rir les dartres; seulement, dans les cas exceptionnels que nous avons réservés et chez certains dartreux ; atteints d’asthme et de catarrhe pulmonaire dont les accès de suffocation sont plus rares et plus légers tant | que Téruption est en pleine efflorescence, et dont les étouffements reviennent, au contraire, plus fréquents et plus intenses quand l’affection extérieure est guérie ou seulement diminuée d’une manière notable, le mé- ^

decin devra être discret et respecter jusqu’à un certain point l’affection cutanée (1). »

Nous venons de voir que pour M. Hardy certaines affections survenant du côté des bronches chez les sujets herpétiques ne constituent ni une métastase ni une répercussion, mais bien plutôt des localisations de la maladie constitutionnelle. On peut, dans certains cas.

rattacher les phénomènes bronchiques a 1 insuffisance des fonctions cutanées. « Les affections cutanées liées à

(1) Hardy. Leçons sur les maladies dartreuses, p. 31.

une affection constitutionnelle, écrit M. Hayem (1), sont évidemment très souvent compliquées de bronchite chronique à répétition. Et ici, tout porte à croire que la cause g*énérale qui entretient à la peau des manifestations ag*it aussi et de la même façon sur la muqueuse des bronches. On A"oit souvent, particulièrement dans l’eczéma chronique une sorte de balancement entre la bronchite et l’élément cutané; et, s’il est impossible d’admettre sans preuve une phleg’masie eczémateuse des bronches, on peut du moins soutenir l’action d’une

cause diathésique On peut admettre, de plus,

avec M. Gérin-Roze que les catarrhes divers qui apparaissent dans la dernière période des manifestations dartreuses, alors que la peau fonctionne mal, peuvent être attribués aux efforts que font les muqueuses, et, en particulier, celles des voies respiratoires, pour suppléer la surface cutanée dans ses fonctions d’élimination. »

Elément du diagnostic.

Nous avons exposé les affections des bronches que nous trouvons sig'nalées par les auteurs chez les sujets affectés de dermatoses darireuses. Et nous voyons indiqués comme caractères communs : la résistance aux traitements ordinaires des bronchites, les récidives, l’alternance ou le balancement avec des affections cutanées; l’oppression, les crises d’étouffements, les accès de dyspnée qui varient depuis la forme paroxystique de l’asthme pur, procédant par accès plus ou moins périodiques, jusqu’à la forme plus

^;l) Hayem. Th. d’agrég., 1869, p. 95.

Schlemmer, in

OU moins chronique de l’asthme accompag’né de catarrhe et d’emphysème. Néanmoins, l’asthme pur s’observerait plus souvent chez les herpétiques que l’asthme catarrhal considéré par Bazin comme plus spécial aux sujets arthritiques.

Nous devons noter, parmi les bronchites aig’iiës ou parmi les bronchites chroniques sujettes à des exacerbations, la fréquence des sécrétions pituiteuses très différentes des sécrétions abondantes qu’on observe dans la forme g’énéralement torpide des bronchites sig'nalées chez les scrofuleux. Parmi les affections aig'uës, nous voyons indiquées des bronchites fréquentes, à répétitions, à l’époque de la puberté ; puis des bronchites apparaissant après la disparition des affections cutanées, et remarquables par leur intensité et la br usquerie du début.

Ces bronchites s’&.ccompag’nent de râles sibilants et ronflants qui peuvent occuper toute la poitrine, et d’une expectoration pituiteuse; en raison de la rapidité de leur apparition et de la vivacité de la dyspnée, on les a désig'nées parfois sous le nom de bronchites spasmodiques. Dans toutes ces affections aiguës ou exacerbées de l’appareil bronchique, nous voyons l’élément nerveux jouer un rôle important, et le caractère spasmodique s’accentuer nettement. Ces bronchites semblent s’accompagner un peu moins souvent de congestions pulmonaires que celles des sujets rhumatisants.

Dans plusieurs cas on voit apparaître simultanément ou successivement un coryza violent, une angine et des accès d’asthme accompagnés ou non de bronchite, et parfois même d’un peu de congestion ; c’est du moins

ce qui semble résulter de l’une des observations recueillies par Al. Collin et rapportées à la lin de ce travail.

Dans les formes chroniques, on sig*nale : un catarrhe pituiteux très rebelle, offrant sous rinlluence de diverses causes, notamment sous l’influence des fa'ig*ues et des émotions, des paroxysmes de toux opiniâtre et violente ; des bronchites chroniques sèches, avec exacerbations caractérisées par une sécrétion abondante ; puis des catarrhes compliqués d’asthme ou succédant à un I asthme dég-énéré en bronchite avec emphysème; enfin, ( des brorichites capillaires. Toutes ces bronchites, éta- [ blies a l’état chronique, s’observent dans les périodes de I la maladie qui constituent pour Bazin la seconde époque j de l'herpétis, pendant laquelle l’affection cutanée, devenue fixe et ordinairement g*énéralisée, permettra de rattacher les altérations bronchiques et la cachexie qui les accompag’ne à l’évolution de la maladie constitutionnelle.

Si ces diverses affections des bronches diffèrent de > celles qu’on observe chez les sujets scrofuleux, nous I croyons que les sig'nes tirés de ces affections elles-mêmes sont insuffisants pour les différencier de celles i) qu’on a sig*nalées chez les arthri.liques, et la seule étude

Ide leurs caractères objectifs ne saurait décéler aucun lien entre elle et la maladie herpétique.

Quant aux éléments de diag-nostic puisés dans les îii circonstances au milieu desquelles ces affections bron- (1 chiques se développent, ils ressortent de l’exposé des symptômes assig-nés par les auteurs à la maladie herpéi tique, et résumés précédemment. Nous rappellerons ‘S seulement que l’herpétis peut se manifester dès l’en-

fance, qu’on l’a sig*nalé fréquemment chez les individus secs, bilieux, nerveux, et qu’il s’accompag'ne souvent d’un tempérament mélancolique ou irritable. Contrairement à ce qu’on observe chez les arthritiques, la transpiration est g’énéralement difficile et rare. Les urines se troublent peu de temps après l’émission par un dépôt de mucus et de phosphates plus ou moins abondants. Mais il est un sig-rie qui peut offrir assez souvent des renseig’nements plus positifs, c’est la coexistence d’une ang*ine caractérisée par des g-ranulations petites et ég*ales, par une sécrétion souvent séro-purulente et par un pi’urit g’énéralement sourd et continu. Entîn, la notion étiolo- • g*ique pourra être ici d’une importance réelle, lorsqu’on i verra des accès de dyspnée ou les exacerbations d’une j bronchite se manifester nettement sous l’influence de

certaines causes déterminantes, telles que la frayeur, la J fatig’ue intellectuelle, les chag’rins, les émotions, les im- | pressions morales pénibles, j

Valeur pronostique

Nous ne reprendrons pas le pronostic de chacun des troubles bronchiques qu’on peut observer chez | les herpétiques, et qui varie suivant la forme de j l’affection. Pour les bronchites chroniques qui recon- : naissent pour origine un asthme nerveux, nous au- , rions à répéter ici ce que nous avons dit au sujet de ‘ l’asthme catarrhal et des bronchites avec emphysème. Mais nous signalerons seulement l’influence que les bronchites chroniques et les bronchites à répétitions j peuvent exercer, concurremment avec l’angine granu- | leuses ,ur le caractère naturellement hypocliondriaque j

des malades; nous ajouterons, qu’à une époque plus tardive, l’affection bronchique contribue à bâter la cachexie; et nous rappellerons entîn que si les sujets herpétiques sont menacés souvent d’une mort lente et douloureuse amenée par le développement d’un cancer, ils peuvent aussi succomber brusquement et sans ag*onie, par syncope ou mourir rapidement encore dans un accès de suffocation.

Conclusion.

Nous voyons sig’nalées, en résumé, chez les sujets herpétiques, en dehors de l’asthme proprement dit :

1® Des souvent accompag’nées ou pré-

cédées d’un eczéma très brusque avec ou sans ophthalmie, et caractérisées par une dyspnée paroxystique et par une expectoration pituiteuse plus ou moins abondante, ou par de simples accès d’étouffements.

2° Des bronchites subaiguës et chroniques^ affectant quelquefois la forme du catarrhe sec ou présentant une forme plus humide, une expectoration muqueuse plus abondante, et remarquables par les exacerbations xdolentes et brusques delà dyspnée et par l’accroissement des sécrétions souvent perceptible dans toute l’étendue de la poitrine, sous l’influence de conditions déterminantes très lég*ères et particulièrement sous l’influence de causes morales.

3° Enfin des bronchites chroniques et iiwétérées^ qui sont souvent la conséquence d’un asthme ou de l’une des bronchites précédentes, et qui correspondent g*éné-

râlement à la période cachectique de la maladie constitutionnelle.

Nous constatons une très grande analogie entre ces diverses formes d’alfections bronchiques et celles que nous avons énumérées chez les sujets goutteux ou rhumatisants;

En dehors des conditions étiologiques, nous ne voyons guère, parmi les caractères mentionnés par les auteurs, au sujet des bronchites observées chez les herpétiques, que : la fréquence plus grande de l’asthme pur, la prédominance plus accentuée des symptômes dyspnéiques sur les phénomènes congestifs, enfin (si nous exceptons le catarrhe sec qui s’observe également dans les deux maladies constitutionnelles) le caractèi’e peut être plus souvent pituiteux de l’expectoration opposé aux crachats épais et plus adhérents de la bronchite chez les arthritiques.

S’il nous fallait exprimer une différence ou plutôt une nuance entre les bronchites indiquées chez les arthritiques et celles qu’on a signalées chez les herpétiques, nous traduirions l’impression qui résulte pour nous de l’ensemJjle des laits observés, en disant que chez les herpéti()ues l’élément nerveux seul nous paraît jouer un rôle prépondérant et ()uechez les arthriticjues rmlluence du système vaso-moteur s’accuse davantage. Nous serions enclins à voir dans le spasme la note dominante des bronchites signalées chez les lierpéti(|ues, et dans \' érélhùme la caractéristique des affections thoraciques indiquées chez les arthritiques.

Laissant ici complètement à l’écart In question de dé” rivation ef de dég’énérescence des maladies constitutionnelles, nous avons constaté, dans les observations rapportées par divers auteurs, que l’on peut observer des affections dartreuses chez des sujets arthritiques. Ce sont là des exemples dans lesquels l’arthritis et la dartre coexistent chez un même individu, M. le professeur Hardy nous semble parfaitement explicite lorsqu’il dit: « Quelquefois, en effet, l’éruption dartreuse vient se développer sur un sujet déjà atteint d’un autre vice constitutionnel dont l’influence peut non seulement ag*ir sur ces manifestation dartreuses en les modifiant, mais même s’opposer à l’effet de la médication antiherpétique. Cet état accessoire doit être rapporté le plus ordinairement à la scrofule ou à la g^outte, bien plus rarement à la syphilis. »

Dans les cas où l’arthritisme et les affections dartreuses coexistent, lorsqu’on se trouve en présence d’une affection bronchique présentant l’une des formes observées à peu près indistinctement chez les arthritiques et chez les herpétiques, il est difficile de décider si l’affection thoracique est sous l’influence de l’une des deux maladies constitutionnelles et non de l’autre. Nous ne voyons g-uère que la considération de la cause déterminante de l’accès ou la répétition des exacerbations sous l’influence des conditions du même ordre (conditions morales dans un cas, variations atmosphériques dans l’autre) qui puissent fournir des indices de quelque importance. Le traitement pourra aussi, jusqu’à un certain point, servir d’arbitre dans quelques cas. Quant aux bronchites chroniques invétérées, elles coexistent

ordinairement avec une dartre g'énéralisée,àla période cachectique de l’herpétis.

Nous n’avons pas à trancher ici la question desavoir si l’eczéma et le psoriasis, que beaucoup d’auteurs n’hésitent pas à rattacher à l’arthritisme, doivent être considérés réellement comme des manifestations de cette maladie constitutionnelle. Il nous suffit, pour le moment, d’avoir sig*nalé leur fréquence relative chez les sujets arthritiques.

Nous verrons dans la suite comment se comporte la bronchite lorsque, chez un même individu, coexistent deux maladies constitutionnelles qui, séparément, ag'issent à l’ordinaire d’une manière différente sur les affections des voies respiratoires. Lorsqu’il s’ag*it de l’arthritis et de la dartre, l’influence propre à chacune de ces maladies sur l’affection bronchique ne nous paraît pas offrir de caractères assez tranchés pour se prêter à l’analyse différentiel de ces cas complexes.

Nous citons, à la fin de ce travail, une observation de bronchite chronique et de psoriasis chez un sujet dont les urines ne contenaient d’ailleurs aucune trace d’acide urique, et que M. Greenhow rattache à la goutte. Les caractères de la toux et de l’expectoration ne nous paraissent pas constituer des indices suffisants pour affirmer cette relation ; à notre avis, c’est là un exemple de l’insuffisance des caractères tirés de la bronchite seule, et l’on pourrait rattacher cette bronchite à l’iierpétis aussi bien qu’à la g’outte.

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