‹ Étude sur les bronchites dans leurs rapports avec les maladies constitutionellesChapitre 8 sur 13 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous voyons, en résumé, qu’on peut observer chez les scrofuleux, en dehors des bronchites vulg*aires qui ; ne paraissent pas influencées par la madie constitu- ' tionnelle : j

1° Des bronchites aiqnës ou subaiguës^ remarquables en | g’énéral par le peu d’intensité des phénomènes réaction- | nels, par la courte durée de la période irritative, par le j caractère rapidement muqueux et puriforme des cra- ■ chats, par leurs récidives, apparaissant principalement i sous l’influence du froid humide, et par leur tendance’ à passer à l’état chronique. j

2° Des bronchites chroniques d’emblée ou succédant a i j une affection aig’uë et se manifestant souvent dès l’en- I fance, caractérisées habituellement par le peu d’inten-J

sité relative des phénomènes dyspnéirjues et nerveux, par une expectoration g’énéralement abondante, jaunâtre, verdâtre, puriforme, par leur ténacité et leur résistance aux traitements ordinaires , susceptibles de gaiérison sous l’influence d’une médication appi opriée à l’état constitutionnel, ou s’accompagnant de rétrécissements et de dilatations bronchiques permanentes, et pouvant, exceptionnellement, se compliquer d’hémoptysie indépendamment de toute tuberculose.

3" Des bronchites consécutives à une adénopathie scrofuleuse ou coïncidant avec elle, et dont les symptômes, la marche, la terminaison varient suivant l’évolution diverse de l'eng-orgement g’anglionnaire,

4® Enfin des bro7ichites particulières, qui peuvent faire suite à l’une quelconque des bronchites signalées chez les scrofuleux, mais qui sont sous la dépendance directe de la diathèse tuberculeuse, éclose sur un terrain scrofuleux.

Toutes ces formes de bronchite, y compris la dernière sur laquelle nous n’avons pas à insister ici, présentent un caractère commun, que M. Sénac-Lagrange exprime par la qualification à' atoniques . Elles nou-s paraissent, en effet, différer essentirllement de celles qu’on observe chez les a> thriti(|ues et chez les herpétiques, qui sont caractéi’isées par l’importance des phénomènes congestifs et spasmodiques; nous opposerions volontiers ce groupe de bronchites caractérisé par la torpidilé, au groupe des bronchites éréthiques des arthritiques el des herpétiques.

Dans les cas où la scrofule coexiste avec l’une ou l’autre des deux maladies constitutionnelles, arthritique ou herpétique, la première exerce g’énéralement son influence sur l’appareil bronchique, et la seconde porte ses manifestations sur d’autres systèmes. « Tel était, dit M. Sénac-Lagrang’e (1), le cas de Mlle X..., 22 ans, lymphatique. Depuis un an, elle était atteintede laryng’ohronchite, avec expectoration jaune homog*ène; la voix était rauque ; partout, dans les bronches, on entendait des sibilances. En même temps, l’arthritisme se manifestait en douleurs musculaires rhumatoïdes, prurit vulvaire, etc.

« Nous pourrions, ajoute l’auteur, multiplier ces faits, dont nous tirons cette conclusion r qu’arthritisme et lymphatisme ont des manifestations qui marchent parallèlement, mais ne se combinent pas en manifestations hybrides dépendantes les unes des autres. C’est ce fait que Bordeu traduisait en cette formule : V espèce est immuable comme les dicers poisons^ et comme les plantes et leurs semences. »

Les cas dans lesquels la scrofule, d’une part, et l’herpétisme ou l’arthritisme, d’autre part, influencent tous deux le même org’ane, sont beaucoup plus rares. M. Sénac-Lag'rang’e en cite cependant un exemple : « Ces influences doubles^ écrit-il, peuvent se porter sur l’org*ane bronchique, mais elles s’isolent et ne se mêlent point. Ainsi M. N..., 47 ans, g*ros, fort, à teint mat, présente l’habitus extérieur du lymphatisme. Depuis quelques mois, il est affecté de catarrhe bronchique,

(1) Sénac-Lagrange, Annales de la Soc. d’hydrol. méd., t. XXVI, p. 134.

avec expectoration jaune abondante. Il a eu de l’eczéma, et des poussées hémorrhoïdaires. Une transition atmosphérique, provoquée par un orag’e, suffit pour amener des sibilances soudaines, qui disparaissent quelques heures après, spontanément. Le traitement luimême provoque de temps à autre quelques sifflements laryngnens, avec phénomènes de spasme, et en même temps une très forte cong’estion hémorrhoïdaire. Et ce, malgré, le catarrhe continue d’évoluer commme tout catarrhe lymphatique. »

Quoi qu’il en soit, l’opinion émise par M. Sénac-Lag’rang’e exig-erait encore, à notre avis, la sanction d’un nombre de faits plus considérable, et il serait à désirer que les observateurs qui, dans leur clientèle privée, peuvent recueillir des renseig*nem.ents assez nets sur les antécédents des malades et de leurs familles, fixent leur attention de ce côté et rassemblent à ce point de vue des observations précises.

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