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grands éclats, offrant rarement des retouches. Les deux faces sont partagées dans leur longueur par une arête vive et saillante. L’exemplaire figuré, PI. I, fig. 3,
représente la forme allongée; 1l y a aussi une forme courte.
3 Coins triangulaires et sub-losangiques. — Forme trapue, épaisse, courte, ayant tantôt une seule, tantôt les deux faces taillées à grands éclats, PI. IT, fig. 1, et 3. Certains, provenant de cailloux arrondis et incomplétement éclatés,
ne semblent que des ébauches de ce type assez répandu, PI. IT, fig. 4.
4 Coins lancéolés. — Ils présentent de nombreuses variations que l’on peut ramener à deux groupes principaux :
A. Coins lancéolés grossièrement taillés et à formes incorrectes. — Ce sont les coins les plus communs et ceux qui nous offrent les plus grandes dimensions. Ils varient, non-seulement par leurs proportions, mais aussi par leur forme plus ou moins élancée, plus ou moins épaisse, ainsi que le feront comprendre les figures que nous en donnons, PI. III, et IV, qui sont loin pourtant de représenter toutes les variétés de cette série. Parfois on en rencontre avec l’une des deux faces plane et détachée d’un seul coup; parmi ceux-ci, très-différents de taille, je citerai le petit coin de Roqueville, PI. Il, fig. 3, et le très-grand et beau modèle du Miey, à Corronsac, PI. IV, fig. 1.
Certains ont leur pointe tronquée et même disposée en biseau, ce qui peut dépendre d’une taille incomplète ou d’une cassure accidentelle. Nous avons des coins lancéolés, grossièrement taillés, en quartz, mais plus souvent en quartzite et rarement en granite.
: B. Coins lancéolés symétriquement taillés. — Ce sont là les représentants des Haches lancéolées et amygdaloïdes de Boucher de Perthes et des auteurs qui l'ont suivi : coins plus ou moins rapidement aigus, à contours réguliers, à faces plus ou moins bombées et habituellement d’une façon inégale entre elles. Ils ont été amenés à cet état par la taille à éclats multipliés.
Ces engins, parfois si bien réussis, n’affectent pas les mêmes écarts de taille que les précédents, PI. V, fig. 1, R et 3. Certains spécimens de Roqueville ont la pointe sensiblement déviée d’un côté (Haches tournées en serpe, de Boucher de Perthes), PEN
A. Les silex taillés par percussion des graviers de la Somme, devenus classiques depuis les travaux de Boucher de Perthes, offrent également les deux formes correctes et incorrectes. Le Musée de Toulouse possède plusieurs exemplaires de ces types, primitivement distribués par l'éminent archéologue d’Abbeville.
RE TRUE 5° Coins ovales-lancéolés. — Ceux-ci sont courts, souvent épais, avec leur tête
beaucoup plus large que ne l'ont les coins lancéolés proprement dits, PI. VI, fig. 1 et 2.
6° Coins ovales. — Ils présentent ce trait particulier que leur extrémité inférieure, au lieu d’être taillée en pointe aiguë, comme dans les coins ovales-lancéolés, est plus ou moins large et convexe. Ce sont les seuls qui peuvent être comparés, mais
de loin, à des lames de hache à taillant ovale, lorsque leur extrémité se trouve très-
élargie, PI. VI, fig. 3 et 4.
Je place après les coins les Disques, sorte de palets variant de forme, de taille et d'épaisseur, dont la marge sinueuse est amincie en entier ou en partie seulement,
en y distinguant les disques circulaires et les disques ovales ou ellipsoïdes.
1° Disques circulaires. — Ceux-ci sont taillés à grands éclats sur les deux faces ou sur l’une seulement, mais, dans ce dernier cas, portant des retouches à la marge, du côté où la surface du caillou a été épargnée, PI. VIL, fa. 3, 4 et 5.
À. Ayant la marge entière taillée et amincie. — Les disques de cette catégorie, taillés à grands éclats sur les deux faces, vont absolument au type de l’Infernet, que j'ai décrit et fait représenter plusieurs fois”, PI. VII, fig. 5.
B. À marge présentant une portion du caillou primitif non amincie à la circonférence. — Ces disques sont aussi communs à Roqueville que les précédents; il en
est de même dans les autres stations en plein air.
R Disques ovales ou ellipsoïdes. — Ceux-ci ont été obtenus en taillant des cailloux ayant eu préalablement la forme qui sert à les désigner. Leur marge est entièrement éclatée et amimcie, PI. VII, fig. 1 et 2. Ces disques, que Boucher de Perthes nommait Haches ovales, offrent des dimensions très-variables. Le plus grand que nous connaissions provient de Roqueville; il est en pegmatite et mesure 195 millimètres de long sur 102 de large, tandis qu’un disque en quartzite n’a que 105 milli-
mètres de long sur 70 de large. Ce dernier a été représenté, PI. VII, fig. 1°.
4. Voir mon Mémoire déjà cité : Fossiles et cailloux travaillés des dépôts quaternaires de Clermont et de Venerque. Notre figure sur bois a été reproduite par M. le docteur Hamy, dans son très-intéressant Précis de paléontologie humaine, Paris, 1870, p. 190, fig. 30. Nous trouvons de semblables Disques désignés sous le nom de Hachettes discoïdales dans un Mémoire imprimé dans les Archives du Museum de Lyon, t. I, p. 7.
2. J'ai cité ce Disque, trouvé, hors de gisement, à Mont-Saint-Charles, à Venerque, dans mes Études d'archéologie primitive, sous le nom de Hache ovalaire, loc. cit., t. IT, p. 59.
Éclats retaillés. — Je désigne ainsi des éclats qu'on ne peut s’empêcher de regarder comme intentionnellement modifiés par des retouches plus ou moins importantes. Ils sont à marge incomplétement amincie, une seule des faces étant retaillée dans le sens du plus grand diamètre de la pièce. Quoique variant beaucoup entre eux, surtout par leurs dimensions, ils rentrent toujours dans une forme demi-circulaire ou même plus que demi-circulaire. On leur a donné habituellement le nom de Racloirs.
Il en est qui offrent, très-apparent, le bulbe de percussion, dénomination adoptée pour désigner le point sur lequel a porté, dans la taille, le choc principal, qui a produit l’éclat lui-même, près de son bord supérieur, saillie qui s’épanouit plus ou moins en éventail, PI. VIIL, fig. 3 et 4.
. Les éclats retaillés abondent à Roqueville; ailleurs on en trouve partout hors
de gisement”.
J'ai à attirer l'attention des archéologues sur une forme de caillou éclaté que j'ai déjà eu l’occasion de faire connaître. Elle est irrégulièrement triangulaire, participant, à la fois, de celle du coin et de celle de l'éclat retaillé. J'en possède cinq exemplaires. Les deux premiers furent retirés par moi du gravier sous-lehmien de l’Infernet, à Clermont, dans les mêmes conditions que le Disque circulaire, dont il a été fait mention, c’est-à-dire mêlé aux ossements fossiles fixés dans ce dépôt”, de là l’importance à accorder à ceux, au nombre de deux, trouvés à Roqueville, et à un troisième, de la station, en plein air, de la Trinité, à Venerque; ils offrent entre eux une identité de forme indéniable, PI. VIII, fig. 1 et 2.
Nous terminerons cette nomenclature en y inscrivant les MNoyaux à facettes plus ow moins nombreuses obtenus par la taille à grands éclats, pratiquée sur des
cailloux arrondis, tout autour d’un point central. Des objets analogues, parfois simi-
1. On trouve fréquemment dans nos stations en plein air des Éciats retaillés oblongs, plus ou moins profondément échancrés aux deux extrémités, présentant un côté obtus, et l’autre habituellement convexe et aminci. Ils ont été considérés comme des Scies par certains archéologues. J’ai signalé cette forme dans mes Études d'archéologie primitive (Revue archéologique du Midi de la France, t. Il, pp. 59 et 61, fig. 40).
Nos graviers ossifères sous-lehmiens et la station de Roqueville ne m’ayant pas fourni ce type, je ne saurais dire à quel âge de la Pierre il peut être attribué. Tous les exemplaires de notre région que j'ai connus sont en quartzite. Le Musée de Toulouse en possède un en silex, donné par M. de Vibraye ; il provient du Grand-Pressigny.
2. Les deux exemplaires de l’Infernet ont été assez grossièrement représentés dans mes Études d’archéologie primitive, t. IT, p. 57, fig. 3 et 4.
Si
M on
laires à ceux que m'a fournis le gisement de Roqueville, ont été désignés sous le nom de Marteaux, de Pierres à marteaux, de Percuteurs. Nos exemplaires varient de volume; les plus grands sont souvent plus que pugillaires; ils proviennent de
cailloux de quartz en roche et de quartzite, PI. VIIL, fig. DE
De très-nombreux éclats, non retouchés et conséquemment sans caractère propre, accompagnent, à Roqueville, les formes que nous venons de passer en revue; ils témoignent de l'importance des préparations, sur place, qui furent pratiquées dans
cette remarquable station.