‹ Étude sur les calculs de l'urètreChapitre 14 sur 23 · FM SEE · texte numérisé non relu

FM SEE

Une seconde fistule existe à environ deux centimètres audessus et laisse suinter aussi de l'urine purulente.

Enfin, au-dessous des bourses, à cinq centimètres du périnée, existe l’orifice d'une fistule qui ne laisse rien écouler : l’émission des urines ne se faisant que par les deux premières fistules.

A la palpation, on sent à partir de la région membraneuse, en allant vers la bulbeuse, une masse dure nettement limitée, mobile, de la grosseur d'un œuf de poule.

L’affection remonte, au dire du malade, à environ deux ans. Il y a un an, il est sorti au niveau de la perte de substance de l’urèthre, un petit calcul éliminé par un abcès, qui laissa après lui cette ouverture.

La sonde introduite par le méat, ressort à l'air libre et il est impossible de retrouver le bout inférieur du canal. Nous portons le diagnostic de fistules uréthrales,résultant de la présence d’un calcul volumineux au niveau de la portion membraneuse, on est obligé d'isoler le malade qui, malgré les lotions désinfectantes, répand autour de lui une odeur ammoniacale. M. Battarel pratiqua la taille périnéale, sur le raphé médian, à partir de la perte de substance de l’urèthre, sur une étendue de dix centimètres, puis une boutonnière uréthrale de six centimètres en incisant sur une sonde cannelée, Le calcul, logé dans une poche formée par la dilatation de la partie membraneuse du canal et ne présentant pas d’adhérences, fut saisi avec une pince de Museux et amené facilement au dehors.

Le résultat de l'examen fait par M. le Pharmacien major Balland est le suivant: poids du calcul, 42 gr. Longueur, 45 cent. Largeur, 35 cent. Forme testiculaire, extérieur lisse. La portion interne est blanchâtre, poreuse, friable ; odeur forte et désagréable d'urine en décomposition et de matières fécales.

A l'analyse ce calcul a donné des traces d'urates et une très forte proportion de phosphates de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien.

Nous passons, dans cette citation, les détails relatifs aux pansements qui ne nous offrent plus beaucoup d'intérêt, étant donné l'emploi actuel de la méthode antiseptique La cystite purulente fut guérie par de fréquents lavages de la vessie.

RAA PE

L'intérêt de cette observation est encore augmenté par ce fait de l'expulsion spontanée d’un calcul de cette région, par un abcès du périnée. Bourdillat n’en cite pas d'exemple, parce que, dit-il, le diagnostic fait par les auteurs n’est pas suffisamment précis. Ici, nous ne pouvons avoir de doutes, il s’agit bien d’un calcul du canal exclusivement, s’étant fait jour à travers les téguments et non d’un abcès périnéal contenant un calcul, puisque l’urèthre est tellement intéressé qu’on ne peut retrouver son bout inférieur.

Voici une autre observation que, malgré l’absence de renseignements fournis par le cathétérisme et le toucher rectal, nous considérons comme un exemple de calcul de la région membraneuse, à cause du volume de celui-ci, de sa forme lisse et ovoide, les symptômes de dysurie qu’il déterminait : le malade ne pouvait plus uriner qu’accroupi. Nous constatons, en outre, la présence d’une fistule périnéale. Ce calcul fut expulsé spontanément et d’une manière très curieuse. Cette observation, qui sera rapportée à la Société de Chirurgie par M. Bazy et que notre maître nous a si obligeamment donnée, à été recueillie par le D' Lary, de Saint-Orens (Gers); l’auteur s'exprime ainsi :

Emmanuel (enfant naturel), âgé de 74 ans, a exercé jusqu’à 60 ans la profession de tailleur d'habits. Depuis 15 ans environ il cultive lui-même sa terre; c’est un homme très laborieux, très sobre, jouissant d’une bonne santé. Pas d'antécédents vénériens. ni syphilitiques.

IL y a 14 ans, il s'aperçoit qu'une tumeur se développait à la partie antérieure de son périnée, mais il y fit peu attention.

La tumeur grossissant et devenant douloureuse, il fut obligé de s’aliter il y a 4 ans. Il me fit alors appeler et je constatai la présence au périnée d’une tumeur très dure, très résistante, pour laquelle j'ordonnai des cataplasmes laudanisés. Le malade, qui avait très bien uriné jusqu'à ce moment-là, commença à souffrir d’une certaine dysurie.

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