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arrêté à l’état de gravier, dans une lacune de Morgagni et s'est ensuite développé sur place. Cette pierre présente un sillon pour le passage de l'urine et l'empreinte des corps caverneux dont nous avons noté l'atrophie par la compression.
Nous avons dit dans le chapitre des généralités, qu’une cause fréquente de calcul était les rétrécissements de l’urèthre, en voici une preuve contenue dans l'observation de ce malade, que M. Bazy opéra dans le service de M. Peyrot, à Lariboisière :
Legrand, Jules, 41 ans, ajusteur : salle Nélaton, lit n° 2», entre à l'hôpital le 15 mars 1893.
En 1891 : 1 blennorrhagie à 21 ans, soignée au régiment avec du copahu et des injections de sulfate de zinc, cette blennorrhagie dure 3 mois et est suivie de goutte militaire pendant 5 ou 6 ans ; l'écoulement reparait au moindre excès.
En 1877 : 9me blennorrhagie, probablement un chancre ; durée 1 mois. IL y a 5 ans, le malade s'aperçoit quil pisse en tire-bouchon, les mictions sont fréquentes et peu abondantes, les dernières gouttes d'urine tombent sur les chaussures.
Le 1er décembre 1892, le malade entre une première fois dans le service de M. Peyrot, pour un abcès urineux dans la région périnéale, l’abcès incisé par M. Bazy dure onze jours. Le malade, contrairement à l'avis que lui donne M. Bazy, quitte l'hôpital, la plaie n’est pas entièrement cicatrisée, mais il n'existe pas de fistule,
Le 15 mars, le malade est obligé de rentrer à l'hôpital, mais cette fois il est porteur d’une fistule.
On sent à la région périnéo-bulbaire, une tumeur dure, allongée, de la grosseur d'un crayon, se dirigeant vers la portion spongieuse de l'urèthre. Cette masse dure n'est pas autre chose que des tissus indurés au centre desquels s'ouvre la fistule dont l'orifice est situé un peu à gauche du raphé médian, à 5 centimètres de l'anus. Cette induralion périnéobulbaire semble faire suite à une autre tumeur très-dure, allongée dans le sens du canal à la racine de la verge, à peu près immobile, non douloureuse à la pression et ressemblant à un véritable os plongé dans les parties molles. On sent
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toutefois au niveau de la réunion du serotum et du pénis, une
légère séparation.
Il existait 4 ou 5 rétrécissements successifs à ta partie antérieure du canal, l'urine passait par la fistule.
Uréthrotomie le 5 Mai 1893 avec l'instrument de Civiale; pas de sonde à demeure.
Le 10 mai, M. Bazy pratiqua sans résultat l'examen avec l’endoscope à lumière externe; puis diagnostiquant par le cathétérisme la présence d’une concrétion calcaire derrière un rétrécissement, il fit une boutonnière uréthrale dont nous donnerons le manuel opératoire au chapitre du traitement. Par cette incision de 2 centimètes environ, M. Bazy enleva le calcul long de 3 centimètres et épais de 7 à 8 millimètres, de couleur peau de chamois ; cette pierre, qui avait la forme d’une olive, présentait à sa surlace des cannelures.
Inversement un calcul peut être l’origine d’un rétrécissement, et Civiale, dans son Traité de l'affection calculeuse, en cite des exemples. Le Medinisch corresp. Blatt de 1852 en mentionne un chez un enfant de six ans :
Le petit malade souffrait depuis dix-huit mois de la gravelle, lorsqu'il se forma en arrière du scrolum une tumeur fluctuante dans laquelle on sentit un calcul qui fut extrait par une ineision. La plaie fut pansée et on ne mit pas de sonde à demeure.
Après un soulagement passager, le cours de l'urine cessa de se faire par le méat, des fistules qu'on était obligé de rouvrir de temps en temps, laissaient couler l'urine. Le cours de celleci ne fut rétabli normalement qu'en introduisant un trocart dans l’urèthre et en passant de vive force à travers la membrane qui l’obstruait.
Tous les états de la muqueuse peuvent se rencontrer, depuis la simple rougeur, le boursoufflement de la muqueuse enchâtonnant le caleul, jusqu'à linflammation
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la plus intense occasionnant une cystite et une uréthrite à fausses membranes ce que nous trouvons dans les Archives für Kinderheïlkunde, 1890, vol. XI; voici en substance ce dont il s’agit :
«€ Un enfant de 3 ans 1/2 souffrait déjà depuis un an et l'on essayait de le sonder depuis trois semaines.
Le méat n'avait rien d'anormal, une sonde métallique entrait facilement dans la vessie qui n’était pas distendue.
La miction était fréquente et douloureuse.
Entré le 2 août, le petit malade souffrit de rétention, il était agité ét la palpation révélait une distension de la vessie.
On trouve une pierre, grosse comme un haricot, dans la portion pénienne au-devant du bulbe de l’urèthre. On enleva, avec une cuiller, le calcul qui s'était niché dans la fosse naviculaire ; écoulement sanguin par le méat et sondage de la vessie qui ne se vidait pas spontanément.
Pas de fièvre, mais bientôt se déclarent une cystite et une uréthrite membraneuses, l'urine est très ammoniacale et contient beaucoup de sable. Puis, se déclare une pneumonie et l'état de l'enfant s'aggrave.
Le 20, on trouva une pierre membraneuse, longue de 3 centimètres et située très loin du méat. La rétention existait et de plus le cathétérisme était difficile. Le 22 et le 27 des pierres entourées de fausses membranes s’échappèrent les unes après les autres, cependant plus abondantes le 23.
On fit la section latérale sous chloroforme, on dégagea les pierres de leurs membranes et par la plaie périnéale, s’écoula de la région prostatique environ un litre d'urine contenant beaucoup de petites pierres entourées de fausses membranes. La vessie ne contenait pas de pierre, la plaie fut bourrée de gaze sublimée et des lavages fréquents de la vessie eurent raison de la cystite.
Le petit malade était guéri le 6 octobre.
Avant de procéder à l'examen d’un malade supposé atteint d’un calcul, il est nécessaire de commencer par un interrogatoire minutieux au sujet d’antécédents graveleux, de colique néphrétique antérieure, puisque nous
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savons que la gravelle est la cause primordiale, la blennorrhagie, par le rétrécissement qu’elle peut causer, mérite aussi d’être prise en considération.
Comme symptômes objectifs, nous avons trois signes permettant d'affirmer l'existence d’un calcul : c’est la présence d’un corps dur, mobile, et plus ou moins volumineux, plus ou moins douloureux, à la palpation, placé dans l’axe du canal; puis une sensation toute spéciale, qu’on ne peut oublier quand on l’a sentie une fois, de frottement rugueux Contre un corps résistant, à laquelle vient s'ajouter parfois le bruit de choc lorsqu'on emploie un cathéter métallique; enfin, l'empreinte même du corps étranger si l’on se sert pour explorer le canal, d’une bougie de cire molle, dite pour cette raison à empreintes et dont Civiale faisait un fréquent usage.
Les symptômes fonctionnels, eux, doivent varier, cela se comprend, d’après le volume du calcul et Ia gène qu’il apporte mécaniquement à la miction. S'il est petit et logé dans une fossette, il peut passer inaperçu, il provoque seulement une légère douleur en urinant, qui a pour siège soit le gland, soit l’endroit mème où s’est arrêté le corps étranger ; quelques malades même ressentent seulement ur léger chatouillement. La miction est encore normale.
Quoique très voiumineux, le calcul peut encore ne pas entrainer de troubles notables, s’il est logé dans une poche creusée dans le tissu périuréthral : témoin le cas du D' Bellamy, où il n’y avait qu’une simple gène bien disproportionnée à la grosseur de la pierre. C'est que le canal suffit encore à l’évacuation de la vessie, mais il arrive un moment où, avec l’accroissement du calcul, la miction devient de plus en plus difficile, elle est fré-