D CES
quente, se fait goutte à goutte ou en bavant, et s’accompagne de douleur au début de la miction, puis s’accentuant à la fin. On note pariois une incontinence par regorgement, faisant que les vêtements du malade sont constamment souillés d’urine et enfin un état fébrile symptomatique.
La rétention absolue est rare, à cause des rigoles que présentent la pierre pour le passage de l'urine, le malade arrive encore quelquelois à faciliter l’émission de celleci, en se tiraillant les lèvres du méat, comme dans le cas relatif à un calcul de la fosse naviculaire, rapporté par M. Desprès.
Mais, quand la muqueuse s’enflamme, lorsque le calcul volumineux est situé dans l’axe du canal, nous pouvons, outre la rétention d'urine, observer du gonflement en arrière de l'obstacle, un écoulement purulent, de l’hématurie, des érections douloureuses et fréquentes, du gonflement du scrotum et du périnée, de la distension de la vessie et de tout l'appareil urinaire, donnant lieu à des accidents fort graves. La Lancet de 1887, t. [., contient une communication de M. Benham, relative à un calcul uréthral ayant déterminé de l’æœdème du scrotum et un abcès pénien, il y avait de plus rétention d'urine et distension de la vessie.
Le malade, âgé de 36 ans, relevant d'une forte pneumonie double, attira l'attention de M. Benham, le 26 septembre, par ce fait que son pénis était enflé et qu'il y avait impossibilité d’uriner.
Légère blennorrhagie, il y a 18 ans, qui dura seulement
7 jours environ.
” Il y a quelques mois, le malade remarqua soudain que son jet d'urine était plus petit et que la miction était accompagnée d’une sensation de chatouillement, la souffrance était plus vive à la racine de la verge.
Le Roux — 3
Urine normale, prépuce gonflé, portion supérieure extrêmement œdématiée, oblitérant entièrement l’orifice de l’urèthre. Le gland était plus gonflé surtout vers le côté gauche.
Après quelques essais infructueux de passer un cathéter souple, environ 3 onces d'urine dégouttèrent, ce qui fut un soulagement ; mais le jour suivant, trouvant que l’enflure s'était accrue, comprenant le scrotum qui était maintenant 3 fois plus gros qu'à l’état normal, que la rétention était complète et la vessie considérablement distendue, l’auteur ne jugea pas à propos de ponctionner la vessie, et manda le D Keekley. Celui-ci ne fut pas plus heureux dans le cathétérisme, et M. Benham, sans perdre de temps, fit la section médiane du périnée. On éprouva de la difficulté à faire passer le cathéter de Syme qui donna, lorsqu'il fut en place, la sensation de contact avec un corps dur le long du côté gauche de l’urèthre en le retirant après l'incision ; son extrémité effilée était tordue. Un tube en gomme molle fut introduit à travers la plaie dans la vessie et mis à demeure ; application continuelle de cataplasmes de lin.
Trois jours après, encore un peu d’œdème du serotum, mais l’enflure le long du côté gauche du pénis avait considérablement gagné du terrain, donnant la sensation de fluctuation. Incision en conséquence sur la partie la plus proéminente, issue d'environ 8 drachmes d’un pus fluide. Un stylet passé dans l’incision pénétra en bas dans la substance œdémateuse du scrotum et en haut dans l’urèthre. Cataplasmes constants, cavité fréquemment lavée avec une solution phéniquée faible, la vessie est lavée trois fois par jour avec une solution boriquée. Deux jours après, comme lenflure avait diminué, on introduisit un instrument métallique par la plaie uréthrale et on le fit sortir par le méat, parce que aucun instrument ne pouvait passer par la voie naturèlle. On put, avec l’aide de cet instrument métallique, faire glisser une sonde en gomme, préalablement introduite dans la vessie, à travers le bout antérieur de l’urèthre. Cette sonde en gomme glissant constamment, fut remplacée par une autre d’un n° 9 qui resta à demeure.
Après une semaine, cette sonde fut à son tour remplacée par un cathéter métallique du n° 10, que l'on glissa du méat à la vessie, ce que faisant, on sentit le contact d’un nouveau corps dur, sans pouvoir en définir la cause.
Une semaine plus tard, le gonflement n’existant plus, M. Benham trouva un épaississement autour de l’urèthre, juste à la jonction avec Le bord antérieur du scrotum. En passant un stylet, l’auteur sentit un corps dur qu'il brise en morceaux et et put extraire avec un director. Au commencement de novembre les deux plaies étaient guéries et le malade passait lui-même, sans peine, une sonde de calibre ordinaire.
Chez les jeunes enfants, les symptômes se traduisent par des cris, de l'agitation extrême, ils urinent peu ou même pas du tout.
Scuttigna a mentionné un cas de rétention complète chez un enfant de 24 heures, portant un calcul dans la fosse naviculaire. Bonialki a rapporté un fait analogue. Mais un symptôme dont on n’a jamais parlé, c’est la coexistence, parfois, de la présence du calcul et d’un prolapsus du rectum ; MM. les D'S Caillet et Fruituight en ont cité récemment des cas. Nous avons trouvé dans le NY -Méd”-J de "1890 un fait, dé: cexgénre des plus intéressants, dû à M. Grandall. Voici l'observation un peu résumée :
Un enfant de 3 ans est apporté au dispensaire le 5 février. Trois jours auparavant : fièvre, vomissements, douleurs dans la bouche liées à une stomatite folliculaire ordinaire. Prolapsus du rectum, ténesme, peu d'émission d’urine depuis la première atteinte de la maladie qui eut lieu 60 jours auparavant.
Une masse dure siégeait à environ 1/3 de pouce (9 mm.) du méat, le gland était quelque peu enflé, le méat rougi et il y avait un prolapsus partiel du rectum.
Le calcul fut saisi avec une pince à pansement et après quelques difficultés résultant du glissement de la pince et de l’effritement de la couche extérieure du calcul, on réussit à l’extraire. 11 y eut quelques déchirures, un peu de sang, mais ce ne fut pas sérieux et il n’y eut pas de troubles à la suite.
11 sortit, du coup, une grande quantité d'urine normale; pas
PRO CPE
d'agitation, pas de cris, l'enfant, reposant sur les genoux de sa mère, s'endort bientôt.
Deux semaines avant, il s'était déclaré une semblable attaque, mais moins forte, elle dura deux jours. L'enfant était agité, urinait goutte à goutte, la même tension du rectum était accusée par du prolapsus.
Durant les mois précédents, il y avait eu les mêmes attaques d’agitation et de cris, sans qu'on pût en découvrir la cause, il n'existait pas de rétention d'urine. D'ailleurs, l'enfant avait été exceptionnellement bien portant, il n'avait pas fait de maladie grave, ses urines n'étaient pas laiteuses et ne contenaient pas de sédiments.
La mère était bien portante, le père avait eu deux attaques de rhumatisme, mais les enfants ne présentaient rien. L'enfant fut complètement délivré de ses symptômes jusqu'au 3 Mars, époque à laquelle il contracta la diphtérie et mourut. On ne put savoir s'il y avait des pierres vésicales, il urinait normalement une semaine après l'ablation de la pierre.
Ce calcul pèse 4 grains et 3/4 (23 centig. 75), et consiste en un noyau d'acide urique avec croûte phosphatique; il a 2 lignes en long, les 2 diamètres transverses sont respectivement de 4 lignes et de 2 lignes 1/2.
Il est évident que les symptômes de stomatite n'étaient là que par pur hasard, le symptôme capital était le prolapsus du rectum, que la mère s'imaginait même être le principal trouble.
C'est qu'en effet, comme dans les cas des DrS Caillet et Fruinight, ce prolapsus n'était pas continuel, il n'existait seulement que pendant la période d’enclavement du calcul dans le canal.
En dehors de ces attaques que la mère appelait des accès de cris, il n'existait aucun symptôme pouvant éveiller l'idée de l'existence d’un calcul.
Nous avons supposé, jusqu'ici, que le canal était sain auparavant; quand il est atteint de rétrécissement, les accidents se précipitent et nous pouvons voir un simple gravier, gros comme un grain de chénevis, introduit dans la lumière d’un rétrécissement, provoquer immédiatement tout le cortège d’une intoxication infectieuse aigué : témoin le cas de M. Ver-