‹ Étude sur les calculs de l'urètreChapitre 8 sur 23 · TE · texte numérisé non relu

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neuil, où l’issue fut fatale, et que M. Guyon à rapporté dans ses leçons cliniques.

Bourdillat à cité également l’exemple intéressant de Charles Bell et a joint le dessin de la pièce.

Dans ces cas, il se produit un arrêt brusque du jet d’urine comme symptôme initial.

En juillet dernier, M. Bazy fut appelé à Versailles par un confrère, le D' Bréchot, pour sonder un malade atteint de rétention d'urine. M. Bazy découvrit dans l’urèthre plusieurs rétrécissements dont un situé très loin ; ils étaient très serrés et n’admettaient que le passage d’une bougie filiforme. Sous l'influence de celle-ci laissée un moment, la miction s’opéra. Mais comme le lendemain la rétention persistait, M. Bazy jugea qu’il y avait urgence à pratiquer l’uréthrotomie interne. Au moment où la sonde à bout coupé fut introduite, il s’échappa, de derrière le dernier rétrécissement, de nombreux petits calculs d'acide urique, gros comme des grains de millet; d’autres furent expulsés lorsqu'on retira la sonde à demeure.

Nous retrouvons dans l'Atlas des maladies des votes ürinatres (MM. Guyon et Bazy) 1886, l'exemple suivant :

L. Ferdinand, 53 ans, employé. Entré le 19 Mars 1879, salle Saint-Vincent, lit n° 4. Hôpital Necker, service de M. Guyon.

Une seule blennorrhagie ayant duré 4 mois, environ, en 1860. En 1865, orchite sans blennorrhagie, dit-il, abcès au périnée qui ne laissa jamais passer d'urine. À cette époque, il urinait déjà difficilement ; on constata un rétrécissement qui n'était pas dilatable et on pratiqua l’uréthrotomie interne. Depuis lors la miction se fit bien; mais, depuis 2 ans, il éprouva de nouveau de la difficulté pour uriner. Au mois de Novembre 1878, rétention d'urine pendant 2% heures, terminée par l'expulsion d’un calcul de la grosseur d’un pois.

Le rétrécissement, à l'entrée du malade, ne laissait passer que le n° 8. Le 25 mars, uréthrotomie interne; le 13 mai le malade mourut de pleurésie purulente avec abcès du poumon

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(Pièce n° 105 de la collection anatomo-pathol. de M. Félix Guyon).

On voit quelle divergence de symptômes le praticien rencontrera et son embarras lorsque, soit à cause d’un enchâtonnement ou d’un développement extra uréthral, un signe objectif capital viendra à manquer, comme la sensation du calcul en pratiquant le cathétérisme.

On a pu prendre ainsi la tumeur pierreuse pour un fibrôme ou pour un enchondrôme, comme le prouve l’observation de M. Fleury.

Dolbeau a insisté sur la difficulté du diagnostic lorsqu’une pierre est située derrière un rétrécissement, il ne fut mis en garde, une fois, que par une sorte de crépitation. Il faut avoir recours, dit M. Guyon, à l’intermédiaire d’une bougie; après avoir franchi le rétrécissement, vous aurez, dit-il, en allant et en venant, cette sensation de frottement rude un peu ràpeux qui ne pourra vous laisser de doutes.

Il existe une autre cause d’erreur constituée par de petits abcès extra uréthraux au début; ici le palper ne fera pas reconnaitre la dureté pierreuse caractéristique, le résultat du cathétérisme sera négatif.

Les complications nous sont déjà connues, nous avons cité au début de ce chapitre, les crevasses de l’urèthre, linfiltration d’urine, la gangrène des tissus, la rétention d'urine et l’empoisonnement urineux, l'infection. De cette infection M. Bazy nous à cité un exemple qu’il observa dans le service de M. Lannelongue, alors qu’il remplaçait ce chirurgien; le voici en deux mots

Vers Pâques 1887, entra dans le service de M. Lannelongue, un enfant présentant des phénomènes. d'infection et por-

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tant un calcul de l’urèthre que l’on sentait à la racine de la verge. M. Bazy n’hésita pas à pratiquer la boutonnière périnéale et put extraire de la sorte un calcul du volume d’un petit haricot. La plaie ne fut pas suturée et le petit malade, déjà si faible, ne put, malgré le bénéfice de cette prompte intervention, résister à l'infection qui l’emporta.

M. Picqué, dans les Annales des maladies des org. gén. urin., compte-rendu du 2° Congrès de chirurgie, Février 1884, vol. Il, a montré les reins d’un homme cathétérisé pour un calcul de la fosse naviculaire. On avait dû faire une incision pour dégager le calcul. Il s’°st produit des abcès sous-cutanés à la racine des membres comme dans l'infection pyohémique, ce malade n’est mort que plusieurs mois après avec de simples phénomènes de cachexie.

Le pronostic n’est grave en général que lorsque l’affection est liée à un rétrécissement de l’urèthre.

Région scrotale

Nous ne ferons pas un chapitre spécial pour les calculs de la région scrotale de l’urèthre; à cette division anatomique correspondent les calculs de la racine de la verge que nous venons de voir. Les rétrécissements y sont rares et les corps étrangers s’y arrêtent peu. Ce qu’il convient de retenir, c’est que, grâce à la fixité de l’urèthre à ce niveau, c'est sur la ligne médiane, dit M. Guyon, qu'il {faut inciser pour ouvrir cette région, le chirurgien maintiendra, de la main gauche, la verge relevée sur l’abdomen et un aide maintiendra les testicules.

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Région bulbeuse

Cette région, que M. Guyon a désignée cliniquement sous le nom de périnéo-bulbaire, s'étend de la partie postérieure du scrotum jusqu’au-dessous de la symphise pubienne, point où elle est séparée de la portion membraneuse par le collet du bulbe dont nous avons parlé. C’est la partie la plus large du canal et si le cul-de-sac ou fossette du bulbe ne se montre pas chez tous les sujets, elle existe du moins virtuellement, car ce qui est caractéristique ici, c’est l’extrème tendance qu'ont les parois de l’urèthre, surtout la paroi inférieure, à se laisser déprimer : condition éminemment favorable, on le conçoit, au développement d’un calcul. Cette région et la précédente sont enfermées dans la loge périnéale inférieure.

La fréquence ici des rétrécissements inflammatoires et cicatriciels, des déchirures et des contusions profondes de l’urèthre, peuvent causer, par l’infiltration d'urine, des calculs de la région périnéale antérieure que nous distinguerons des calculs de l’urèthre. C’est encore dans cette région qu’un calcul peut se faire jour à l'extérieur par rupture de l’urèthre et en abcédant les tissus du périnée, bien que ce fait soit beaucoup plus fréquent chez ceux-ci. |

Civiale considérait les calculs bulbeux comme très rares ; celte assertion n’est pas partagée par Bourdillat.

Ici encore, ces calculs ont d'ordinaire pour origine un gravier venu d’un point quelconque de l'appareil urinaire, et l’on peut avoir comme indice une attaque de colique néphrétique antérieure, comme dans le cas suivant rapporté

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par M. Braidwood (D. G.) dans le Brit. M. J. London, 1890, er PAR 208:

En’ juillet. 1889, un fermier, âgé de 47 ans, fut atteint, après avoir fait un effort considérable, de douleurs lombaires avec nausées et vomissements. Cette attaque dura environ deux jours, il lui resta une envie d’uriner qu'il ne put satisfaire. Interrogé sur le début des troubles, son souvenir n'était pas net, cependant il se rappelait avoir ressenti une douleur intense dans le testicule droit au moment de la colique.

A son entrée, le 19 juillet: 1890, M. Braidwood trouva le malade dans son dit, se plaignant de flatulence, de’ manque d’appétit et de douleur à l'extrémité de la verge, il avait fré-

- quemment besoin d’uriner mais ne pouvait arriver à satisfaire

cette envie. À côté de lui était un vase rempli d'urine sanguinolente. |

Procédant d’abord à l'examen du rectum, de la prostate et de la vessie, M. Braiddwood introduisit ensuite une sonde métallique dans l’urèthre et tomba sur un corps dur, faisant obstale en avant du ligament triangulaire. Après beaucoup de manipulations, cet auteur réussit à faire avancer le calcul, dans le canal, jusqu'à environ 1/2 pouce du méat et put l'extraire au moyen d’une pince. Ce calcul ressemblait à une fève lisse, il était gris-brun et d’une dureté remarquable, il pesait 13 grains (0,65 centig.) et mesurait respectivement dans ses deux diamètres 1 cent. 5 et x cent. 2. M. Braidwood conclut que ce calcul (que nous croyons formé d’oxalate de chaux) paraît être descendu du rein droit pendant la colique de juillet 89, et quand, peu de temps après, il essaya de s'échapper par les voies naturelles, il tomba dans l'urèthre où très probablement il resta une année.

Voici, par contre, une observation où le calcul S’est formé de toute pièce par précipitation des sels calcaires de l'urine, derrière un rétrécissement. Nous allons détacher la partie qui concerne le calcul et son extraction, les considérations que l’auteur M. Olgie Will (Lancet, 1876, t. 1) ajoute et destinées à mettre en pratique l'usage d’un

moyen simple d'extraction, trouveront leur place au chapitre du traitement.

En juin 1874, S. W. vint consulter M. Olgie Will. Le malade se plaignait que depuis plusieurs mois, son jet d'urine diminuait constamment jusqu'au jour où il ne passa plus rien, en dépit de ses efforts. À un soulagement partiel succéda, en très peu de temps, une grande difficulté de la miction, celle-ci s'effectuait goutte à goutte et s'accompagnait d’une souffrance considérable à l'endroit de l'urèthre pénien, où le malade sentait que quelque chose obstruait.

A l'examen extérieur, une dureté localisée fut distinctement perçue un peu en avant du ligament triangulaire, et un corps dur put être immédiatement trouvé derrière un anneau dur, cartilagineux. Après essai d'introduction d'instruments d'un volume un peu gros, on en vint à se servir d'un cathéter n° 5 qui pénétra dans la vessie. Une sensation de frottement fut communiquée à l'instrument au moment du passage de l'obstacle et la présence d’un calcul arrêté par un rétrécissement fut diagnostiquée. - IT TE

Si le diagnostic était aisé, il n'en était pas de même pour l’extraction, car je ne possédais, dit l’auteur, aucune pince pouvant franchir un rétrécissement si serré et les pinces uréthrales ordinaires, les instruments de Lervy, d’Hiolles, de Civiale et de Reliquet ne sont pas construits pour un semblable usage. Je n'étais pas disposé à fendre l’urèthre sur le calcul, car selon toute probabilité, une fistule difficile à guérir en serait résultée, et comme le malade était dans une grande débilité, l’uréthrotomie interne n'aurait pas été opportune. Je songeai à extraire le calcul avec une anse de fil métallique et j'appliquai de suite ce moyen. Donc, jé passai une boucle d'un fil d'argent de moyenne force, à travers le rétrécissement, derrière le calcul que j'accrochai avec un peu de travail et après l'avoir laissé s'échapper plus d'une fois, mais enfin j'eus la satisfaction de l’extraire : il consistait en une mince plaque calcaire.

Ces calculs, en raison même de la laxité des parois du canal, peuvent acquérir un grand volume; Tender

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