‹ Étude sur les cancers primitifs multiplesChapitre 21 sur 23 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

Cancer de l’œsophage, fistule tvacheo-œsophagienne et cancer de l'estomac, par L. Ombrédanne .

Le début des accidents présentés par ce malade remonte à un an (mai 1894). Il eut à cette époque une période de dysphagie et de douleurs vives qui dura quinze jours. Puis tous les symptômes disparurent pendant un an.

Au commencement de mai 1895, la dysphagie reparaît progressivement, mais n'est pas complète ; les liquides semblent passer moins facilement que les aliments solides.

A partir du 4 juin, brusquement, impossibilité absolue de déglutir aucun aliment, aucun liquide ; chaque tentative est suivie de quintes de toux prolongées. Le malade est ausculté soigneusement ; on ne trouve rien d'anormal.

Le 10 juin, le malade passe en chirurgie dans le service de M. le Dr Blum. On passe sans accident, après avoir appuyé légèrement pendant quelques instants, une olive de 9 millimètres. L'olive de 11 millimètres ne passe pas.

Gastrotomie . — Le malade, profondément cachectique, meurt le lendemain.

Autopsie. — Même olive de 13 millim. passe difficilement dans l'oesophage en place.

Cancer ulcéré de l'œsophage, de la taille d'une

pièce de 5 fr., siégeant à la face antérieure, au niveau de la bifurcation de la trachée. Au fond de l'entonnoir formé par l'ulcération du néoplasme est une perforation irrégulière, admettant presque le petit doigt, ouverte dans la trachée.

Les ganglions voisins sont anthracosiques, mais non indurés.

Dans l'estomac, il existe sur la face antérieure une plaque saillante, de 6 millim. de long sur 4 de large, ovale, limitée par un bourrelet plus élevé, non ulcéré.

L'examen macroscopique des viscères n'a montré nulle part de cancer.

Aux deux bases des poumons, et surtout à droite, il existe un œdème considérable. Mais pas trace de broncho-pneumonie. Donc une communication assez large de l’œsophage avec la trachée, communication qui ne semble pas de date absolument récente, a pu rester méconnue en l'absence de toute complication pulmonaire.

Examen histologique par M. Letulle. — La tumeur œsophagienne est un épithélioma pavimenteux lobulé.

La tumeur gastrique est un épithélioma cylindrique. Le cancer de l'estomac n'est donc pas une greffe du cancer de l’œsophage : deux épithéliomas différents ont présenté simultanément la transformation cancé¬

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