‹ Étude sur les carbures incomplets qui prennent naissance accessoirement dans le traitement industriel des pétroles d'AmériqueChapitre 18 sur 36 · L. PRUNIER · texte numérisé non relu

L. PRUNIER

laiil, qui laisse un fort résidu coloré en vert plus ou moins foncé. On filtre à chaud.

Les liqueurs, foncées et fortement fluorescentes, laissent déposer, par simple refroidissement, un premier produit qu’on recueille sur un filtre.

Le liquide alcoolique est alors distillé en partie, on mieux additionné d’un dixième d’eau qui le ramène à 80 ou 82 degrés, en même temps que se précipite un nouveau corps, généralement d’aspect floconneux, qui est recueilli par filtration et examiné séparément.

Une nouvelle addition d’eau en volume égal abaisse à 4o degrés environ le titre de l’alcool, en même temps que se produit une sorted’émulsion,de nuance presque blanche, qui fournit un troisième produit.

Le liquide, filtré, est distillé pour enlever l’alcool, et l’eau qui reste contient à peine des traces de matières organiques.

Chacune de ces coupes, dont le point de fusion est distinct, est ensuite examinée à part et soumise à un ensemble de traitements qui permettent d’en préciser la nature.

Quant au résidu insoluble dans l’alcool bouillant, on l’épuise successivement à froid par l’éther, l’essence de pétrole, le sulfure de carbone, le chloroforme et enfin la benzine.

Chacun de ces dissolvants laisse, par évaporation convenable, des produits cristallisés ou amorphes dont la purification est devenue possible.

Leur point de fusion varie de l’un à l’autre.

Enfin, il est facile de fractionner à nouveau chacun de ces produi ts partiels, engagés dans les dissolutions précitées, par des additions convenables d’alcool (dans lequel le mélange de carbures est insoluble), de manière à effectuer une nouvelle précipitation fractionnée, suivant la quantité d'alcool ajoutée. On forme ainsi une série de milieux alcooliques mixtes, dans lesquels l’addition ultime de l’eau re-

précipite en dernier lieu le dissolvant primitif (cliorofornie, benzine, sulfure de carbone), entraînant avec lui la portion de carbure la plus soluble à la fois dans le mélange alcoolique, et finalement dans le dissolvant lui-même.

On retrouve, après évaporation de ce dissolvant, le carbure en nature.

Les détails qui précèdent suffisent pour montrer qu’il est facile de répartir chaque mélange primitif en une dizaine au moins de précipités partiels, qu’on examine isolément.

Au surplus, il est toujours facile de procéder sur l’une quelconque des coupes ainsi établies comme sur un carbure initial, et ou peut le refractionner, cela va sans dire, par distillation ou cristallisation. La séparation, en tout cas, en est très-sensiblement facilitée.

Disons seulement, pour terminer, que, toutes les fois qu’il a été possible, on a écàrté l’emploi delà benzine et des huiles de houille, afin d’éviter la formation éventuelle de leurs combinaisons avec les carbures à étudier.

Le sulfure de carbone, l’éther, l’essence de pétrole, le chloroforme surtout, ont servi à la séparation, et la benzine ouïe toluène n’ont été employés qu’après essai préalable sur une portion de matière, montrant que le carbure ne subissait pas de varialiondans ses propriétés par l’emploi du dissolvant, et l’on verra plus loin que, malgré les facilités qu’ils présentent pour l’épuisement de la matière, on a dû s’inlerdirc l’usage de la benzine, du toluène, des huiles de houille légères et même de pétrole, toutes les fois qu’on opère à chaud, et qu’il s’agit d’engager dans une dissolution, puis de retrouvera V état, primitif, les carbures les plus incomplets, qui sont en môme temps les plus insolubles.

Celle méthode parles dissolvants permet de fractionner les corps d’après un principe tout différent de celui de la distillation ou delà cristallisation fractionnée; c’est pourquoi nous lui avons donné la préférence.

Appliquée successivement aux produits venus d’Amé-

rique, elle les a résolus eu une série de carbures sensiblement les mêmes, les proportions du mélange étant seules variables. L’alcool bouillant enlève de l’anlliracène peu soluble à froid, et qui se retrouve uni surtout au pliénanthène dans le dépôt obtenu par refroidissement. L’alcool froid contient le pliénanthène et les paraffines, ainsi que de petites quantités des autres carbures, tels que le pyrène, et probablement aussi le stilbène, l’acénaphtène, le lolane, etc.

Le résidu insoluble dans l’alcool bouillant relient encore de l’anthracène et du pyrène; mais on y trouve surtout, sans parler de carbures nouveaux, le chrysène, le chrysogène et les carbures à molécule très-complexe, comme le benzérylhène, le parachrysène, le paranthracène, etc., difficilement solubles dans la benzine ou le toluène à l’ébullition.

Comme dernier résidu après épuisement par tous les dissolvants neutres, on obtient une très-minime quantité d’une poudre sombre, d’un rouge violacé, la même pour tous les produits. Cette poudre est entièrement et facilement soluble dans une très-petite quantité d'acide chlorhydrique, qui fournit ainsi un liquide jaune où le prussiale dénote immédiatement la présence du fer.

Telle est, dans son ensemble, la méthode à laquelle nous nous sommes arrêtés.

11 est évident que les séparations ainsi obtenues sont loin d’être complètes. Les solubilités, en effet, sont largement intluencées par les dissolutions réciproques de ces carbures nombreux et similaires.

Enfin, il est bien entendu que l’action des dissolvants n’est jamais poussée jusqu’à épuisement absolu, ce qu’il ne serait pas possible d’atteindre pour les corps peu solubles. Ces résultats sont donc relatifs et doivent être subséquemment repris un à un.

Il nous reste maintenant à donner la description de ce

CARBURES INCOMPLETS TIRÉS DES PÉTROLES. 3l que nous avons trouvé en opérant sur deux échantillons aussi différents que possible : en premier lieu, le produit primitif, contenant la totalité des carbures ; en second lieu, la partie la moins fusible et la moins volatile.

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