‹ Étude sur les carbures incomplets qui prennent naissance accessoirement dans le traitement industriel des pétroles d'AmériqueChapitre 5 sur 36 · P. PRUNIER · texte numérisé non relu

P. PRUNIER

On serendcompteainsi de la production,auxdépens d’un carbure forménique initial, des trois séries acétylénique, éthylénique et forménique, en même temps que du dépôt de charbon et de l’hydrogène libre.

Ensuite interviennent, pour peu que l’expérience se prolonge, les équilibres pyrogénés découverts et décrits parM. Berthelot, équilibres qui donnent naissance à des combinaisons ou polymérisations ultérieures.

Il est dès lors vraisemblable qu’on doit avoir des corps répondant à la formule

C«H*(C îm H’P) ou (C 4 H’)\

ou analogues, appartenant à la série aromatique ou encore intermédiaire entre la série aromatique et la série grasse.

Parmi les faits qui viennent à l’appui de ces données théoriques, on peut citer la formation, dans l’opération précédente, d’un composé i ntéressan t qui demeure en grande partie dans le résidu de la distillation fractionnée précédemment décrite, laquelle a fourni les bromures éthylénique, propylénique et butylénique.

Ce corps répond à la formule C 8 H 6 Br 4 ; c’est donc un homologue du composé C 8 H s Br% dérivé de l’acétylène.

C’est un composé nettement cristallisé qu’on peut retirer en quantité notable des résidus de la distillation des bromures quand on a poussé jusqu’à 180 degrés. Il suffit de reprendre le résidu par l’alcool chaud, puis par l’éther; ou mieux encore, par les froids de l’hiver, on abandonne, çn présence d’un excès de brome, les liquides bruts obtenus au moyen d’un appareil à deux tubes inégalementchauffés. On obtient ainsi une cristallisation d’autant plus abondante qu’on a eu soin de se débarrasser, par une distillation poussée jusqu’à 160 degrés environ, des bromures inférieurs qui dissolvent les cristaux. Ce corps important a été caractérisé par les propriétés physiques indiquées par M. Caventou : composition centésimale, volatilité à la tempé-

rature ordinaire, solubilité dans les différents liquides, point de fusion vers 114 degrés, particularités de la distillation, etc.

A vrai dire, l’étude détaillée du bromure, non plus que celle de ses dérivés, n’a pas été poussée par moi aussi loin qu’elle aurait pu l’être.

Je me suis borné à la constatation des caractères indiqués à ce sujet dans les Mémoires originaux.

Tout le monde comprendra que, si je n’ai pas poussé plus loin l’étude des dérivés, c’est qu’il m’a paru que j’en devais laisser le soin à M. Caventou, qui a découvert et étudié le télrabrome de crotonylène (’) au moyen des produits fournis par l’alcool amylique par une méthode analogue. J’ajoute que ce composé n’est pas le seul qui prend naissance dans les conditions sus-énoncées. Certains dosages, en effet, sont de nature à faire penser qu’on rencontre également C 10 H 8 Br 4 , qui serait dès lors un bromure de valérylène ou d’un isomère.

Enfin il ne paraîtra pas superflu d’ajouter que, dans une opération où j’avais interposé un flacon contenant de l’acide nitrique fumant à l’extrémité de l’appareil, j’ai obtenu, en diluant fortement l’acide, une odeur assez nette de nitrobenzine.

Cette observation vient à l’appui et semble la conséquence delà présence de l’acétylène, constatée ci-dessus.

2 . Tel était, au point de vue expérimental, l’état de la question quand, de concert avec M. R. David, nous avons entrepris quelques recherches sur les produits accessoires de la redislillation industrielle des pétroles d’Amérique.

Mis à même de surveiller l’opération dans une usine des environs de Paris et de prélever des échantillons de chacune des phases du traitement* j’ai d’abord voulu

(*) Comptes Rendus des séances de VAcadémie des Scinces, t. LVI, p. 6j6

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