‹ Étude sur les causes de la mort dans les avortementsChapitre 10 sur 15 · CAUSES MECANIQUES · texte numérisé non relu

CAUSES MECANIQUES

A en croire la plupart des auteurs modernes, les accidents d’ordre mécanique sont assez fréquents à la suite des manœuvres abortives. Nous ne retenons ici parmi ces accidents que ceux qui sont susceptibles de se terminer par la mort. Ils comprennent essentiellement la perforation utérine et ses suites.

La perforation de l’utérus peut se produire dans deux cas étiologiquement distincts, mais aboutissant à des résultats cliniques analogues:

a) La perforation résulte de la manœuvre abortive . elle-même;

b) La perforation est le résultat d’un acte thérapeutique, pratiquement d’un curetage.

La mortalité par perforation utérine semble considérable, contrairement à ce qu’on admettait jusqu’à ces dernières années. Au cours d’une discussion à la Société de Chirurgie, divers auteurs ont relaté 79 cas de perforation dont 13 se sont terminés par la mort, soit 16,4 pour 100. Dans d’autres statistiques, la mortalité est encore plus élevée. Ainsi, Engelmann a réuni 357 observations dont 99 à terminaison

mortelle.

Quant aux responsables de la perforation, dans là majorité des cas ce sont malheureusement les médecins. Sur 17 cas rapportés par Heyn, dans 9 cas la perforation était due au médecin. Sur les 134 cas de Heynemann, le‘médecin était responsable 93 fois. Dans les 100 cas de Peham et Katz, le médecin était en cause 71 fois. ;

Par quels mécanismes la perforation utérine peutelle déterminer la mort ? Ces mécanismes peuvent être les suivants :

a) Hémorragie massive, soit d’origine utérine soit par blessure des gros vaisseaux pelviens ou abdominaux. Il y a des observations de perforations passées inaperçues et dans lesquelles à lautopsie ou à lintervention on a trouvé un péritoine rempli de plusieurs litres de sang (Perry, Peham et Katz, Pribram, etc.).

b) Infection utérine, aboutissant à une gangrène utérine (Mondor).

c) Infection péritonéale. Elles sont particulièrement fréquentes lorsque la perforation avait été faite au cours de l’avortement même avec un instrument septique.

d) Septicémie et pyohémies.

e) Lésions intestinales. Elles paraissent particulièrement fréquentes et graves à, la suite des perforations utérines. On trouve des observations stupéfiantes dans {a monographie de Peham et Katz,

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d’anses intestinales sorties par la brèche utérine et sortant par le vagin. Dans un cas, l'intestin issu de Jabdomen traînait par terre et un infirmier a marché dessus par mégarde. Dans les observations de Schockaert, 35 centimètres et 1 m. 80 d’intestin grêle sortait du vagin Dans un cas de Philipp, c’est une longueur de 40 centimètres de gros intestin désinséré qui pendait à l’orifice vulvaire. L’intestin ainsi éviscéré est souvent déchiré ou désinséré ou encore étranglé. On comprend donc que ce sont les lésions intestinales qui fournissent les plus fortes

proportions de mortalité par perforation utérine.

f) Lésions d’autres organes. On a surtout noté des

lésions des organes urinaires, vessie, uretères.

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