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observation concerne une jeune fille non déflorée mais qui était atteinte d’une blennorragie. On lui faisait des injections avec une canule très fine. C’est au cours d’une de ces injections vaginales que survint
la mort subite.
En ce qui concerne les cas de mort subite par avortement, ce sont surtout les médecins légistes qui en observent souvent. Ce sont des femmes que l’on trouve mortes chez elles ou dans une chambre d’hôtel avec à leur portée une poire à injection, une sonde et un liquide äntiseptique. A l’autopsie, on ne trouve aucun traumatisme des organes génitaux, aucune
lésion organique.
Il existe actuellement deux hypothèses pour expliquer ces morts subites : l'hypothèse de l’inhibition soutenue par Brouardel et celle de lembolie, défendue surtout par les auteurs allemands. Bien que les partisans de chacune des théories croïent à l’exclusivité de leur explication, il semble en réalité que chacune d’elles s’applique à certains cas.
Ainsi, la théorie de l’embolie ne semble pas pou-
voir s’appliquer aux cas de mort subite survenant par
la simple irritation du col de l’utérus. De tels cas
ont été signalés par plusieurs auteurs (Parry, Michel et Morin, Dufour). Pour ces cas, nous sommes obligés de conserver la notion de mort par inhibition avec
toute l’imprécision qu’elle comporte. Dans leur rap-
port de 1929, sur les morts subites, Laignel-Lavastine
es
de Laet ont tenté de donner un subtratum physiopathologique à l’inhibition. Ces auteurs pensent que Pexcitation de certains nerfs ou celle des territoires où ils se terminent peut, par voie réflexe, déterminer un arrêt du cœur. Expérimentalement, cet effet réflexe a pu être démontré pour un certain nombre de nerfs (nerf cardio-aortique, nerf du sinus carotidien, pneumogastrique) et pour des territoires (creux épigastrique, larynx, etc.). Quant aux organes génitaux, on ne possède que des données histologiques sur leur innervation. Selon Laignel-Lavastine, Pexcitation simple de la muqueuse utérine serait insuffisante pour déterminer l’inhibition réflexe. Cet auteur pense que c’est le tiraillement des plexus nerveux péri-utérins qui serait responsable de ce
phénomène.
Quant à la possibilité d’embolies, elle a été démontrée dans un certain nombre d’expériences et d'observations cliniques. Ainsi, Balthazard a observé une mort subite à la suite de l’avortement exécuté à l’aide d’une injection d’eau de javel à peine diluée. A l’autopsie, on a constaté les cavités cardiaques et les gros vaisseaux remplis d’un gaz dont on a attribué la production à la décomposition de l’urée
sanguine. . -
Dans des cas moins démonstratifs que celui que nous venons de résumer on a trouvé également des gaz dans le cœur et dans les gros vaisseaux et l’on
suppose que l'injection a fait pénétrer de lair dans les sinus veineux de l'utérus. De nombreux faits de cet ordre furent réunis par Gough et par Snoeck. Dans d’autres cas, où une substance grasse avait été appliquée dans l'utérus, on à supposé une embolie graisseuse. | Ÿ
Au point de vue clinique, il semble que l’embolie détermine une mort moins rapide que linhibition. Après l’avortement, la malade se sent mal, a des vomissements, des convulsions ou simplement des malaises, mais la mort ne survient que dix minutes, quelques heures ou même vingt-quatre heures après.
Nous avons adopté cette opinion mixte, conciliant
les deux théories, mais il faut avouer que ce problème renferme encore de nombreuses inconnues.
PS Va