‹ Étude sur les causes de la mort dans les avortementsChapitre 11 sur 15 · CAUSES INFECTIEUSES · texte numérisé non relu

CAUSES INFECTIEUSES

Les complications infectieuses sont de loin les plus fréquentés à la suite des avoriements. Même si l’on n’a en vue que les complications mortelles, comme nous dans te travail, on arrive à la conclusion que dans plus de la moitié des cas, la cause de la mort dans les avortements est l'infection.

Voici d’ailleurs deux statistiques, concernant les lésions trouvées au cours d’autopsies de femmes mortes à la suite d’une fausse couche. Voici une première statistique due à Martland que nous

empruntons à Mondor :

Péritomiles #27. 50,4 pour 100 Thrombo-phlébites . 31,6 = Endoniétrites ...... 7,6 <= Hémorragies : : ..... 9,5 7e Embolies gazeuses . 0,9 + La seconde est la statistique de Kneïse :

Péritanités.. .::.:.2. 48,3 pour 100 Thrombo-phlébites . 22» — Pyohémiies 5% 114. 19,1 — Périmétrites ....... 7,9 ——

Septicémies__.:..... 2» —

On réunissait autrefois toutes les complications infectieuses sous le terme d'infection puerpérale. Ainsi que nous venons de voir, cette dénomination sommaire renferme des cas nombreux et assez diffé-

rents que nous allons étudier rapidement.

Ce sont les péritonites qui semblent être dè loin les plus fréquentes (50 pour 100 en moyenne dans les statistiques des cas mortels). Nous avons déjà vu plus haut qu’elles peuvent être consécutives à une perforation utérine, mais elles peuvent survenir aussi par la propagation d’une infection utérine, annexielle, péri-utérine, etc, Parmi ces péritonites, il y a lieu de distinguer des cas d’emblée généralisés, à allure aiguë suraiguë voire foudroyante, aboutissant à la mort en vingt-quatre ou quarante-huit heures. Plus fréquentes sont cependant les péritonites à évolution plus lente, localisées dans le pelvis et résultant d’une propagation lymphatique. On a encore décrit des formes putrides coexistant avec une gangrène utérine.

Ce que les auteurs anciens décrivent sous le nom de thrombo-phlébite a un aspect clinique assez mal défini. I s’agit généralement d’une septicopyohémie s’accompaënant d’une phlébite utéro-pelvienne suppurée. Cette phlébite ne se manifeste pas toujours cliniquement et ne constitue généralement qu’une trouvaille d’autopsie. Néanmoins la phlébite suppu-

rée constitue le facteur essentiel de la mortalité car

Are

elle détermine des embolies septiques donnant des métastases dans les organes variés: poumon, plèvres dans la grande majorité des cas. Selon Lequeux et Chomé il y aurait presque toujours phlébite pelvienne purulente dans les pyohémies.

Nous n’entrerons pas ici dans la discussion portant sur la définition des divers termes de septicémie, bactériémie, microbémie, etc. Sachons seulement qu’il existe des avortements mortels au cours desquels on a pu cultiver dans le sang des malades divers microbes. En premier lieu, il importe d’insister sur la gravité des septicémies à streptocoques, bien qu’elles ne soient pas toujours mortelles (Gosselin). Les septicémies à colibacilles, bien que relativement fréquentes à la suite d’avortements septiques, sont plus rares que les précédentes. Notons enfin la possibilité de septicémies à perfringens se manifestant cliniquement comme un ictère grave hémolytique. Selon Mondor, tous les ictères hémolytiques graves observés après les fausses couches ne sont pas dus à une septicémie par microbes anaérobies. Ils peuvent être également d’origine toxique, en particulier par l’eau de savon dont on connaît le pouvoir hémolysant.

Revenons enfin à la question des infections localisées à l'utérus. Ces lésions infectieuses sont fréquentes, mais elles conduisent moins souvent à la

mort que les infections généralisées.

ds Le

Il y a lieu de distinguer d’une part les abcès utérins et péri-utérins et la gangrène de l’utérus. Les premières observations d’abcès de l’utérus sont dues à des auteurs américains (Cragin, Penrose, Davis, Stinson, etc.). Il s'agissait de lésions trouvées sur des pièces d’hystérectomie. L'observation d’un cas, mortel a été publiée en 1901 par Brindeau. Il semble que ces abcès soient dus à la pénétration du microbe au sein du parenchyme utérin par l'instrument de

l'avortement,

La notion de gangrène utérine ou de métrite disséquante est due à Beckmann. Il semble qu’il faille incriminer ici l'intervention de deux facteurs : un facteur toxique (injection d’un liquide corrosif dans l’utérus) et d’un facteur infectieux (microbes anaérobies). Nous verrons plus loin que le premier facteur seul donne lieu à un infarctus utérin et c’est

l'infection de celui-ci qui donne lieu à la gangrène.

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