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Le cas du mercure et du savon est plus particulier. Le mercure détermine non seulement des lésions . locales, mais aussi un syndrome d'intoxication générale avec néphrite, stomatite, lésions intestinales, etc.
Quant au savon, il a été particulièrement bien étudié par Mondor. Dans la majorité des cas, celui-ci détermine des lésions infarctoïdes de l'utérus, lésions qui seront étudiées dans le chapitre suivant. Dans certains cas cependant, le savon arrive dans la circulation générale et donne alors lieu à un syndrome toxique se manifestant par un ictère grave hémolytique ou à des lésions disséminées qui seraient dues à des embolies de savon. De minimes particules de savon s’arrêteraient dans les divers organes et donneraient lieu à des lésions hémorragiques grâce à leur action caustique et hémolytique. Ces particules de savon agissent par un mécanisme qui est schématiquement comparable à celui des microbes hémolytiques.
LES INFARCTUS UTERINS
La notion d'infarctus ou d’apoplexie utérine est due à Couvelaire qui en fit connaitre les premiers cas en 1911. Cependant, l’infarctus utérin comme complication de l’avortement n’est bien connu que depuis 1932. Pendant les années qui ont suivi cette date, un nombre considérable d’observations ont été publiées, de sorte qu’actuellement le problème est bien connu, sauf en ce qui concerne son mécanisme pathogénique.
Cliniquement, l’infarctus débute dans les jours qui suivent la manœuvre abortive (presque toujours injection intra-utérine d’eau savonneuse). Il s’agit d’un tableau clinique impressionnant : état de choc intense avec teint livide, pouls petit et rapide avec température normale. Il y a en même temps une douleur abdomino-pelvienne et lombaire. Dans la moitié des cas environ il existe des métrorragies.
La contracture abdominale n’est pas constante, Les signes constatés au toucher vaginal sont généralement vagues, parfois plus précis, montrant un empâtement des culs de sac, « comme injectés au suif » (Murard). Le spéculum montre parfois un aspect écchymotique du col.
L’infarctus pur, non infecté, n’a qu’une durée éphémère. Très rapidement l'infection survient et souvent il s’agit d’une infection anaérobie. Guggisberg pense que le milieu alcalin créé par le savon
est particulièrement favorable au pullulement des
Pa
VS
microbes anaérobies, en particulier du perfringens. En tout cas, la mort est la terminaison habituelle des infarctus utérins. Dans quelques rares cas la malade a pu être sauvée par une hystérectomie très précoce.
Au point de vue étiologique, la cause de loin la plus fréquente et la: plus importante des infarctus post-abortifs est l’injection intra-utérine d’eau savonneuse. Des faits analogues ont été décrits en 1927 par Runge, sous lé nom de nécrose alcaline de l’utérus et des annexes. Toutes les anciennes observations ont d’ailleurs été résumées, en 1932, dans un article de Tilcher.
De nombreux travaux ont été consacrés à la pathogénie de l’infarctus utérin. Le fait le plus solidement établi est l’action nocive d’un liquide alcalin et caustique arrivé au contact des tissus. On a remarqué en effet que les divers savons employés dans un but abortif étaient d’autant plus toxiques qu’ils étaient plus alcalins. Des savons très alcalins peuvent déterminer des lésions d’infarctus dans d’autres tissus, en particulier sur la muqueuse digestive.
Expérimentalement, Laporte et Pham ont pu reproduire linfarctus utérin en appliquant des agents irritants sur le sympathique de cet organe. Il est donc logique de supposer que le système neurovégétatif intervient dans la pathogénie de cette lésion. Dans l’ensemble, il apparaît que de nouvelles recherches expérimentales sont nécessaires pour expliquer le mécanisme de production de ces lésions.
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