‹ Étude sur les causes de la mort dans les avortementsChapitre 14 sur 15 · CONSIDERATIONS PRATIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS PRATIQUES

En face de la mortalité redoutable des avortements le rôle du médecin ne peut être purement passif. Certes, il y a des cas où toute tentative thérapeutique paraît vaine, comme par exemple dans les septicémies suraiguës, les pyohémies, les intoxications graves, etc. |

Il existe cependant un certain nombre de cas où l'intervention du médecin permet de sauver des malades se trouvant dans une situation tout à fait désespérée. La grande difficulté est de faire le diagnostic de la complication. En effet, très souvent lorsqu'on voit la malade, on ne sait pas qu’il s’agit d’un avortement ou d’une tentative d’avortement. Non seulement la malade passe sous silence la fausse couche, mais elle nie même catégoriquement et parfois contre l’évidence même. Cependant, pour faire un diagnostic correct il faudrait non seulement être sûr de la tentative d’avortement, mais en connaître la date, les circonstances, la nature de la manœuvre et de l’agent abortif,

Mondor pense qu’on doit être interventionniste lorsqu'on soupçonne une complication grave. Parfois seule une laparotomie exploratrice permet de poser des indications thérapeutiques correctes. C’est seulement grâce à des interventions suffisamment précoces et suffisamment étendues qu’on peut empêcher la mort par une complication grave. En présence . d’une perforation utérine, un abcès, un infarctus, il ne faut pas hésiter de recourir à lhystérectomie comme suprême moyen et unique chance de salut.

Une réflexion concerne le rôle souvent néfaste du médecin. Nous avons vu que le médecin était responsable d’une proportion importante de perforations utérines. La curette est trop souvent maniée par des mains inexpertes ou brutales. On oublie que la paroi utérine se trouve à la suite d’une fausse couche dans un état particulièrement vulnérable et que rien n’est plus facile que de la traverser.

N'oublions pas enfin que toute la pathologie qui s’est faite autour de l’avortement fait partie d’un ensemble de problèmes d’une portée sociale, nationale et humaine considérable que nous avons volontairement négligé dans ce travail pour rester dans les limites des cas individuéls.

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