CAUSES LOCALES
tuméfaction Splénique ne disparaît plus complètement et une hypertrophie chronique se constitue peu à peu. En tous cas, pendant les accès aigus et en particulier pendant les accès dits pernicieux, la rate est d'une friabilité excessive du fait de la congeslion intense qu elle subit et qui tend sa capsule à l'extrème.
Dans le paludisme chronique. outre l'hypertrophie splénique qui est un symptôme pour ainsi dire constant, on note des altérations capsulaires et parenchymateuses. En effet,la pulpe splénique présente un double processus d'inflammation chronique qui se traduit par la formation d'épaisses bandes de sclérose circonscrivant des sortes de loges dans lesquelles le parenchyme est ramolli et diffluent. C'est la lésion qu Eugène Collin (1) avait décrite sous le nom de ramollissrments parliels. La capsule, elle,réagissant parallèlement au parenchyme, présente des l'sions de sclérose très nette. Elle est épaissie d'une façon très irrégulière, en même temps que l'inflammation. gagnant la séreuse péritonéale, détermine la production d'adhérences plus ou moins étendues et parfois même généralisées entre la rate et les organes voisins.
Connaissant ces lésions, on s'explique aisément la facilité avec laquelle se rompent les rates des paludéens, et l'on comprend sans peine que Berger.dans sa statistique ait trouvé que, sur 132 cas de rupture de rates pathologiquement altérées, 93 se soient produits sur des rates malariques.
Aussi Collin (/oc cit.), et après lui Catrin (2), ont-ils lon-
(1) Eucèxe Cocuiw, Des ruptures spontanées de la rate dans les affections paludéennes, Mém. de méd , de chir. et de pharm. milit., 1855, 2° série, XV DO 1
(2) Carrin, Exploration de la rate hypertrophiée chez les paludéens par
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guement insisté sur les dangers que pouvait présenter une exploration clinique intempestive chez certains de ces malades.
Donc le paludisme est l'affection qui, par les altérations spléniques qu'elle détermine, prédispose le plus la rate à être lésée par les violences extérieures. Mais toutes les maladies infectieuses peuvent également, quoique à un degré beaucoup moindre, produire des modifications spléniques rendant la rate plus volumineuse et plus fragile, du fait de la congestion et des phénomènes dégénératifs dont cet organe est le siège. Ces modifications ont été bien étudiées par Bezançon (1) qui a montré qu'elles sont à peu près constantes dans les infections générales proprement dites, tandis qu elles sont exceptionnelles dans les infections locales où la toxine seule se généralise (diphtérie, tétanos, etc.). Parmi les maladies infectieuses aiguës capables d’altérer nettement la rate et par conséquent de rendre plus facile l'action des traumatismes, nous cilerons d'abord la fièvre {yphoïde, puis, après elle, l'infection puerpérale, le typhus exanthématñique, la pneumonie, les pyohémies, etc.— Parmiles maladies infectieuses chroniques, vient en première ligne la syphilis, dans la période secondaire de laquelle existe une hypertrophie splénique appréciable, et aussi la syphilis héréditaire dans laquelle, d'après Parrot, la rate serait hypertrophiée d'une façon constante.
Il est enfin une série d'états dans lesquels on a signalé des altérations spléniques ayant facilité les contusions et ruptures
le procédé de l'effleurement. Comm. à la Soc. médicale des Hôpitaux, 17 janvier 1896, p. 41.
(1) Bezaxçow, Contribution à L'étude de la rale dans les maladies infec. lieuses, Thèse de Paris, Gr. Steinheil,1895 ; et Gaz. des Hôpit., 1896, p. 11 et 39,