CAUSES LOCALES F
Cas sont mème parois fort difficiles à séparer d'avec les ruptures spontanées de la rate. L'on conçoit aisément, en effet, qu'une rate, suflisamment fragile pour se rompre à l'occasion d'un simple effort, puisse aussi bien céder spontanément ou sous l'effet d'un mouvement physiologique quelconque. Ces cas, à la vérité, sont rares et ne se rencontrent guère que chez certains paludéens à rate particulièrement friable. Il ne s’en suit pas moins que toutes les altérations pathologiques, de quelque nature qu elles soient, facilitent singulièrement et de la façon la plus manifeste le rôle du traumatisme qui vient atteindre la rate.
Ces altérations peuvent, d'une façon générale, être rangées en trois catégories : les augmentations de volume, la perte
de la mobilité normale, les diminutions de consistance de la rate.
Les augmentations de volume, les hypertrophies, amènent en effet la rate à prendre contact sur une étendue plus ou moins grande avec la paroi abdominale et la rendent ainsi di-
rectement accessible aux violences extérieures.
La perte de la mobilité normale est également.pour la rate, très préjudiciable à sa défense contre les traumatismes. En effet, lorsque cet organe, du fait d'adhérences étroites et serrées, ou du fait d’une hypertrophie, se trouve immobilisé plus ou moins complètement, il ne peut fuir devant les violences extérieures et par conséquent se trouve atteint très facilement. En outre, dans toute une série d'états phvsiologiques (comme la réplétion de l'estomac ou de l'intestin, les mouvements res-
piratoires), ces adhérences déterminent au niveau de la rate Planson 2
18 ÉTIOLOGIE
des tiraillements très pénibles qui, par leur répétition, peuvent produire sur cet organe des lésions plus ou moins étendues,
formant elles mèmes des pints faibles et de résistance moin-
dre aux traumatismes.
Les diminutions de consistance de la rate peuvent porter soit sur la capsule, soit sur la pulpe.
Sur la capsule, les altérations, capables de produire un point faibles ont extrêmement rares : ce peuvent être cependant certaines lésions de tuberculose périsplénique localisée, ou bien des thromboses ou des dilatations variqueuses des veines souscapsulaires.
Au niveau de la pulpe. au contraire. les altérations pathologiques sont très fréquentes. Ce peuvent être des néoplasmes, des angiomes, des infarctus, des abcès, des foyers de nécrose,
et surtout des ramollissements partiels ou généralisés.
Ces trois grandes variétés d'altérations pathologiques (hypertrophies, perte de mobilité, diminution de consistance) peuvent exister isolément ou simultanément. Dans un grand nombre de cas. elles se combinent de facon variable, et alors la rate se trouve tout particulièrement apte à recevoir les effets des violences extérieures. C’est ce qu'on observe très nettement dans le paludisme où peuvent se trouver réunies toutes les causes capables de rendre la rate plus accessible et plus vulnérable.
Dans le paludisme récent,en effet. la rate présente une hypertrophie congestive et passagère au moment de chaque accès fébrile. Cette hypertrophie disparait d'ordinaire après les accès.
Mais lorsque ceux-ci se succèdent à intervalles rapprochés, la