‹ Étude sur les contusions et ruptures traumatiques de la rateChapitre 17 sur 54 · MODES D ACTION · texte numérisé non relu

MODES D ACTION

le premier attiré l'attention sur cette variété de mécanisme, on doit entendre par là un mouvement d'inflexion qui rapproche l'une de l'autre les deux extrémités de la rate, en fléchissant cet organe sur sa face interne ou viscérale. À mesure que ce mouvement s'exagère, la portion de la capsule qui revêt la face externe se tend de plus en plus, et il arrive un moment où, arrivée à l'extrême limite de sa résistance, elle cède et se déchire transversalement. Sur le vivant ce mécanisme peut être incriminé lorsqu'un traumatisme agissant sur la base du thorax repousse l'extrémité inférieure de la rate en haut, en arrière et en dedans, pendant que l'extrémité supérieure reste fixée contre le squelette costal.

Parallèlement aux ruptures par flexion exagérée, Jordan (1) a décrit des lésions traumatiques par ex/ension forcée. Dans ce mouvement qui serait exactement l'inverse du précédent, les deux extrémités de la rate tendraient à se rapprocher de la façon suivante : le pôle inférieur se porterait en haut et en dehors pendant que le pôie supérieur resterait fixé contre le squelette vertébral. Il se produirait alors une déchirure au niveau de la face interne de la rate. Ce mécanisme est certainement très discutable. Peut-être serait-il admissible dans le cas où un agent contondant peu volumineux, capable de s'engager sous le rebord costal, atteindrait le pôle inférieur de la rate à travers la paroi abdominale et repousserait celui-ci en haut et en dehors.

Enfin, dans un grand nombre de cas, la rupture semble reconnaitre pour mécanisme le choc osseux ou heurt de la rate contre les os voisins. L'extrémité postéro supérieure de la

(4) Jonpan. Münchener med. Woch., 1901, t. UT, p. 94.

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rate, située en effet dans le 10e espace intercostal, n’est séparée de la colonne vertébrale que par un intervalle d'environ deux centimètres. On comprend donc que lorsqu'un traumatisme venant frapper directement la paroi thoracique refoule la rate en dedans et en arrière. celle-ci vienne en quelque sorte s'écraser contre la colonne verttbrale, et se déchirer au niveau de sa face interne.

En outre, immédiatement au-dessous de son pôle supérieur, la rate repose directement sur le col de la 11° côte qui marque assez souvent son empreinte sur elle. Aussi Constantinesco (1) invoque-t il ee rapport immédiat pour expliquer la fréquence à ce niveau des déchirures spléniques. La rate repoussée violemment en arrière viendrait se contusionner contre cette sorte de heurtoir résistant.

2° Traumarisues INDIRECTS. — Dans les traumatismes indirects, la rupture pent encore résulter du heurf de l'organe contre le squelette. Supposons en effet qu une violence extérieure, un coup de pied de cheval par exemple, vienne atleindre la partie droite de la base du thorax. La rate recevra la poussée qui lui sera transmise par les viscères interposés entre elle et le point d'application de la force traumatisante ; elle sera violemment repoussée en dehors contre le squelette costal, et, si sa fragilité est augmentée pour une raison quelconque, elle se contusionnera ou se déchirera contre ces côtes.

Dans d'autres circonstances, dans les chutes d'un lieu élevé sur les pieds ou sur le siège, lorsque le corps tombe dans une position se rapprochant de la verticale, il semble que la rupture puisse s expliquer par l'effet de la vitesse acquise qui

(4) Consranrinesco, Thèse de Paris, 1899.

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