SIÈGE
la rate tout entière, arrachée de son pédicule vasculaire, se trouve complètement libre dans la cavité abdominale.
Nombre. — Les lésions de la rate dues aux contusions sont très fréquemment multiples et elles se rencontrent assez souvent en même temps sur des points différents de l'organe. Il n'est pas rare non plus de trouver sur une même rate des lésions d'intensité inégale, et c’est ainsi que, dans l'observation de Perthes (1), la rate traumatisée présentait à la fois : une déchirure sur sa face convexe, un hématome sous-capsulaire au niveau de la face concave et une légère perte de substance au niveau de son pôle supérieur.
Il nous à paru que les ruptures multiples (que les lésions soient ou non de même degré) étaient presque aussi fréquentes que les ruptures simples.C'est là une constatation qui a son importance au point de vue du traitement et que nous devons
retenir dès maintenant.
Siège. — Toutes ces lésions peuvent évidemment se rencontrer sur tous les points de la rate, et il n'est pas de portion de celle-ci où l'on n'ait pu les observer. Mais leur siège de prédilection est très difficile à préciser : car d’une part un très grand nombre d'observations ne comportent que des détails anatomo pathologiques très incomplets, et d'autre part ce siège varie considérablement avec la nature, la force et la direction mêmes du traumatisme initial. Cependant Finkelstein (2) pense que les ruptures de la face interne sont beaucoup plus fréquentes que celles de la face externe (112 contre 82).
(4) Perrnes, in TRENDELENBURG, Deutsche med. Woch., 1899, p. 653. (2) Finkecsrei, Roussky Chir. Archiv, 1908, XXIV, n° 5, p. 271.
D'après les observations que nous avons lues, nous pensons au contraire que les lésions se rencontrent un peu plus souvent au niveau de la face externe que sur la face interne.
Les ruptures sont également très fréquentes au niveau des deux extrémités de la rate. Nous connaissons les raisons de cette prédilection relative des lésions pour le pôle supérieur de l'organe (choc osseux, arrachement ligamenteux). — Pour l'extrémité inférieure, la fréquence des ruptures à ce niveau s'explique par ce fait que ce pôle est précisément la portion la moins bien protégée de la rate, et qu'un corps vulnérant s’engageant sous les fausses côtes peut venir directement l’écraser ou l'arracher. Aussi lorsque les lésions siègent en cette région, elles sont le plus souvent très prononcées ettrès profondes. — « La partie inférieure de la rate est complètement dilacérée » (Sheïld) (1). — « Le pôle inférieur est complètement détruit » (Blauel) (2).
Hémorragie. — Le premier et le plus important des accidents causés par les contusions spléniques est l'hémorragie. L'abondance de cette hémorragie varie avec l'importance des lésions de la rate, et c’est ainsi que, dans les deux premiers degrés de la contusion, on n'observe que de petits hématomes sous-capsulaires ou des collections intra-spléniques dont le volume mème est en raison directe de l'étendue des lésions vasculaires et parenchymateuses. Au contraire, lorsque la capsule propre est rompue, l'hémorragie se produit ordinairement avec une abondance considérable, Le sang s'écoule
(1) Saez, The Lancet, 1902, II, p. 1125.
(2) Brauez, loc. cit.