LÉSIONS CONCOMITANTES
Les deux organes contractent en effet des rapports extrémement étroits et on comprend aisément qu’un même trauma tisme puisse les, atteindre simultanément. Il est bien évident que le rein supporte tout autant que la rate les effets des violences extérieures dans toute une série de traumatismes qui, comme les tamponnements ou les écrasements, compriment fortement d'avant en arrière la partie gauche de la base du thorax. Aussi, dans les 23 observations de ruptures traumatiques de la rate réunies par Besnier (1), trouve-t-on des lésions rénales signalées trois fois ; sur les 31 cas de ruptures vraiment traumatiques que comprend le mémoire de Vincent, ces mêmes lésions sont notées deux fois. Elles le sont quatre fois (Loïson, Lecène, Auvray 1901, Caplesco), sur les douze observations de ruptures spléniques présentées depuis 1900 à Ja Société de Chirurgie. Elles existent enfin et nettement prononcées dans nos deux observations personnelles. Ces lésions sont ordinairement assez légères et souvent réduites à de simples foyers de contusion, mais elles peuvent cependant aller jusqu’à l'éclatement du rein, comme dans notre observation [. Enfin, dans un cas particulier, Ricard et Morestin (2) ont trouvé, à l’autopsie d'un malade mort de déchirure splénique, une rupture totale des vaisseaux du rein (artère et veine, l’uretère étant intact).
Des lésions du foie coexistent également assez souvent avec les ruptures de la rate. Pour Berger (3), les lésions hépatiques seraient même un peu plus fréquentes que les lésions rénales gauches (11 contre 10). Pour nous au contraire, elles sont
(1) Besnier, Diclionn. encycl. des Sc. méd., 1874, 3° série, t. IL, p. 516. (2) Ricaro et Moresrix, Observ. inéd, in Th, Vaxverrs, p. 33 (notes). (3) Bercer, Arch. f. klin. Chir., 1902, t. 68, p. 786.
beaucoup plus rares, puisque nous avons noté 24 fois des lésions rénales gauches et 7 fois seulement des atteintes du foie.
Assez souvent encore, on rencontre des lésions du pancréas. Dans l'observation de Ricard et Morestin que nous venons de citer, la queue du pancréas était complètement sectionnée. Dans l'observation de Véron (1), elle était fortement contusionnée. Enfin dans celles de Villière (2) et de Brewer (3), à côté de déchirures spléniques très superficielles, on trouvait des lésions pancréatiques très prononcées.
Des lésions de l’es{omac sont notées dans l'observation de Potel (4), où la grande courbure était nettement contusionnée, et surtout dans celle de Rehn (5), où l'estomac présentait trois déchirures, dont une complètement perforante.
On à noté aussi des lésions du célon transverse, de l'épiploon, du rein droit, du poumon gauche, etc. Mais, chose curieuse, nous n'avons jamais rencontré, dans les nombreuses observations que nous avons dépouillées, de lésions de la capsule surrénale gauche. Cet organe contracte pourtant des rapports assez étroits avec la rate, et son parenchyme est remarquablement peu résistant ; aussi nous expliquons-nous difficilement les raisons de cette absence absolue de lésions surrénales.
Signalons enfin la fréquence très grande des /ractures des dernières côtes gauches, lésions indispensables dans certains cas pour permettre la rupture de la rate.
(11 Véron, Bullet. el Mém. Soc. chir., Paris, 1901, p. 750.
(2) Vicuière, Bullet. et Mém. de la Soc. anat., 1895, p. 24.
(3) Brewer, Ann. of Surg., avril 1898, p. 619.
4) Porez, Echo médical du Nord, 24 avril 1898, p. 199. (5) Rex, Arch. f. klin. Chir:, 1896, t. 53, p. 383.