DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
que. Il faut calmer doucement le malade, le laisser se reposer et revenir quelques instants plus tard, quand cet état d'excitation a régressé. |
2° Pendant la période intsrmédiäire.— A cette période, la douleur localisée au niveau de la partie inférieure du thorax pourrait faire penser à une simple fracture de côte. Dans ce cas, en effet, le blessé, pour éviter de mobiliser ses fragments osseux, emploie la respiration à type costal supérieur, et contracte les muscles voisins du foyer de fracture ; parfois mère cette contracture s'étend à la partie la plus élevée de la paroi abdominale. Mais, même dans le cas de fracture de côte, cette contracture est toujours légère et très limitée, — la douleur siège en un point très précis où l’on peut souvent déceler une crépitation osseuse et une mobilité anormale. Enfin l’état général est excellent et il n'y a jamais de matité abdominale.
Cette même douleur et l’immobilité de la partie inférieure du thorax à gauche dans les mouvements réspiratoires pourraient aussi faire penser à une lésion traumatique du poumon gauche. Mais, dans une telle éventualité, on noterait des hémoptysies, ainsi qu'une abolition complète du murmure vésiculaire dans presque toute l'étendue du poumon gauche. Il existerait une matité thoracique et non pas une matité abdominale ; enfin la contracture de la paroi de l'abdomen ferait défaut.
Ce sont en effet avant tout les signes de contusion abdominale qui, dans les ruptures de la rate, dominent le complexus symptomatique. Le diagnostic sera donc surtout à faire avec les lésions possibles des viscères voisins de la région splénique, et en particulier avec celles de l'estomac et de l'intestin.
Les déchirures de l'estomac donnent lieu, en effet, à une
es DIAGNOSTIC
douleur violente au niveau du creux épigastrique, douleur qui peut irradier vers l'hypochondre gauche, et même présenter son maximum en ce point. En outre, les muscles de la paroi abdominale se contractent fortement dans leur portion susombilicale, et souvent cette défense musculaire est manifestement plus accusée à gauche de la ligne médiane. Le diagnostic pourrait donc parfois être hésitant. Mais il est bien rare que, dans les déchirures stomacales, on n'observe pas très rapidement des vomissements sanglants et des symptômes très précoces de réaction péritonéale suraiguë. En outre, la matité hépatique diminue ou disparaît, et on ne note pas de zone de matité anormale dans la région péri-splénique.
Ces mêmes symptômes différencient les déchirures de l’intestin des ruptures traumatiques de la rate. Dans ce cas, ilest vrai, les hématémèses manquent, mais on note un arrêt absolu des matières et des gaz, une douleur abdominale beaucoup plus diffuse et des vomissements porracés traduisant le développement d'une péritonite septique.
Il est beaucoup plus difficile de distinguer les lésions spléniques des contusions et ruptures du foie. Certes, dans les cas typiques, quand on a l'indication très nette que le traumatisme a porté au niveau de l'hypochondre droit et quand il existe une zone de matité sous-costale droite, fixe et invariable, la différenciation entre les deux sortes de lésions est relativement aisée. Il faut savoir cependant qu'il existe des cas, comme celui de notre observation personnelle If, où la rate seule se trouve lésée, alors que le traumatisme n'a laissé de traces (des fractures de côtes par exemple) que du côté droit. C’est pourquoi, dans tous les cas de ruptures indirectes, et en particu-
lier dans les chutes d'un lieu élevé, le diagnostic peut être