DIAGNOSTIC DES COMPLICATIONS
rences se reconnaissent assez rarement à leur début. Îls sont pris fréquemment pour des contusions simples, et ce n'est que lorsqu'ils äcquièrent des dimensions considérables que la palpation et la percussion permettent de les déceler. Gependant /a radioscopie pourrait les découvrir, et, dans un cas de Heusner (1), l'hématome péri-splénique se détachait ainsi comme une masse sombre, remontant jusqu'à la cinquième côte ; l'estomac tranchait sur cette masse par sa transparence.
Les déchirures et ruptures vraies donnent lieu au contraire à un ensemble de symptômes assez caractéristiques dont les plus importants sont les signes d’épanchement intra-abdominal et les phénomènes d'hémorragie interne. Ce sont du reste ces deux ordres de symptômes qui, par leur intensité, mesurent le degré des lésions. Un épanchement abondant et libre dans la cavité péritonéale, mobile dans les changements d'attitude du malade, traduit évidemment une lésion étendue et saignant rapidement. Au contraire un épanchement localisé et immobilisé dans l'hypochondre et le flanc gauches indique une déchirure moins grave, moins profonde et saignant lentement. Le volume de cet épanchement et l’étendue de la zone de matité qu'il produit sont en général d'autant plus considérables que les lésions spléniques sont plus prononcées.
Diagnostic des complications.
Les lésions viscérales pouvant coexister avec les ruptures traumatiques de la rate se reconnaissent grâce aux signes «ui
leur sont propres : hémoptysies, hématémèses, hématuries,
(1) Heusner, in Cox, Münchener med. Woch., 1900, n° 18, p. 609.
signes de péritonite, selon les cas. Cependant il ne faut pas ignorer que l'on est là aux extrèmes limites des moyens de la clinique, et que dans bien des cas ce diagnostic sera très difficile. Ainsi les déchirures du foie coexistant avec lesruptures spléniques ne pourront pour ainsi dire jamais être reconnues avant laparotomie.— Dans d’autres circonstances, les lésions concomitantes prennent le pas sur les ruptures de la rate, et ce sont alors celles-ci qui risquent de passer inaperçues. C est ainsi que le malade de Reynès (1) fut soigné simplement pour une fracture du crâne ; ce ne fut qu'à l'autopsie qu'on découvrit une rupture splénique très étendue, ayant entraîné la mort par hémorragie interne. Il importe donc, dans tous les cas de grands traumatismes, d'examiner avec soin et complètement les malades. Il ne faut pas qu'une seule lésion même grave, comme une fracture du crâne, du rachis ou du bassin, accapare toute l’attention du chirurgien, et l'empêche de pratiquer un examen détaillé et complet.
Les complications infectieuses qu'on peut observer dans la convalescence de certaines contusions et de quelques déchirures peu étendues se reconnaitront par l'aggravation de l’état général, les élévations thermiques persistantes et prononcées, la fièvre, et les signes de péritonite localisée ou généralisée.
(1) Revnès, XIVe Congrès de chirurgie. Paris, 1901.