L'ÉVACUATION SIMPLE DU SANG
aux autres modes de traitement, ils ont donné les résultats suivants :
Nombre de cas Guérisons Morts Mortalité Splénectomie . .#. . . .. 140 88 52 37,14 0/0 Tamponnement. . . .,., 15 13 2 13,33 0/0 Splénorraphie. . . . . .. 4 2 2 50 0/0 Ligature du hile. . . . .. 1 1 100 0/0
C’est donc, jusqu’à présent, le tamponnement qui donne de beaucoup les meilleurs résultats, et, il semblerait, si l’on s'en tenait uniquement aux chiffres des statistiques, que c’est ce procédé qu’on devrait employertoujours comme moyen hémostatique dans les ruptures spléniques. Mais il est vraisemblable que le tamponnement a été appliqué dans un nombre de cas relativement élevé de ruptures peu étendues, donnant lieu plutôt à un suintement sanguin qu'à une hémorragie très abondante, et, d'autre part, le nombre des observations de toutes les méthodes conservatrices est encore bien faible pour qu'on puisse en tirer des conclusions absolument fermes. A la vérité, chaque mode de traitement a ses indications particulières et on doit se conduire différemment selon les lésions que l’on rencontre. Mais disons bien de suite qu'il nous semble que jusqu’à présent on a sacrifié beaucoup trop délibérément les rates rupturées, et que, ici comme ailleurs, le traitement conservateur doit être appliqué dans toutes les circonstances où l’on peut le faire sans danger. La Sylénectonue totale ne doit plus étre qu'une opération de nécessité, s'adressant aux cas où la rate est largement dilacérée, ou bien à ceux où il existe des lésions multiples siégeant sur divers points de l'organe, ou bien aux cas enfin où les vaisseaux du hile se trouvent déchirés et où il est nécessaire d'opérer très rapidement en raison
de la gravité de l’état général. Malheureusement, il est bien
évident que ces cas sont malgré tout très fréquents, et que les indications de la splénectomie totale sont encore fort nombreuses. Mais dans toutes les autres circonstances, c'est aux méthodes conservatrices qu'on devra toujours avoir recours.
Les fissures peu profondes et facilement abordables seront, dans tous les cas, traitées par la sp/énorraphie simple, à laquelle on pourra adjoindre, si on le juge utile, un très léger tamponnement.
Les arrachements du pôle inférieur, les dilacérations profondes localisées à celte extrémité, seront justiciables de la sp/énectomie partielle avec ou sans écrasement sus-jacent.
Les dilacérations localisées à la partie moyenne seront traitées par le {amponnement, à moins qu'elles ne saignent avec une abondance extrême auquel cas elles relèveraient de la splénectomie tolale.
Enfin les ruptures portant sur des rates volumineuses et très adhérentes, difficilement mobilisables, pourront être justiciables du famponnement, ou bien de la ligature d'un ou de plusieurs des vaisseaux du hile.
Quel que soit d'ailleurs le procédé conservateur que l'on emploie, on devra toujours se souvenir que, dans les ruptures traumatiques, la multiplicité des lésions est loin d’être rare. Il sera donc indispensable de choisir une voie d'abord large et commode, permettant de voir tous les points de l'organe, et d'explorer aussi les viscères voisins afin de ne pas laisser passer inaperçues, comme dans un cas de Noetzel (obs. 124), des
lésions concomitantes pouvant être mortelles.
3 Voies d’abord.
Nous avons vu quela rate est.à l'état normal,complètement