‹ Étude sur les convolvulacéesChapitre 15 sur 17 · EXPLICATION DE LA PLANCHE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA PLANCHE

■ï.'ilap tubércux.

c. s. couche subéreuse, —p. c. parenchyme cortical. — c. r. cellules résineuses. — l. m. libér mou. — z. g. zone génératrice. — /. v. faisceaux vasculaires. — p. m. parenchyme ligneux. — c. a. couche d’aplatissement. — v. a. vaisseaux à ponctuations aréolées. — m. moëlle.

.lalap fusiforme.

c. s. couche subéreuse. — col. collenchyme. — c. sel. cellules scléreuses. — p. c. parenchyme cortical. — l. m. liber mou. — c. r. cellules résineuses. — z. g. zône génératrice. — f. v. faisceaux vasculaires. — c. I. cellules ligneuses. — v. a. vaisseaux à ponctuations aréolées. — c. a. couches d’aplatissement. — m. moëlle.

•Talap de Tampico.

c. s. couche subéreuse. — p. c. parenchyme cortical. — c. r. cellules résineuses. — l. m. liber mou. — z. g. zône génératrice. — f. v. faisceaux vasculaires. — p. I. parenchyme ligneux. — v. a. vaisseaux à ponctuations aréolées. — m. moëlle.

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indienne, car, ajoute-t-il, s’ils l’emploient contre la pituite, soit seul, soit additionné de gingembre, c’est sur la recommandation des médecins indiens qui ont préconisé ce remède depuis un temps immémorial.

L’écrivain espagnol en fait une variété dêtithymale, à feuilles de myrte, à laquelle il donne le nom de Myrtis. Pour lui ce n’est pas un thapsia, comme l’a prétendu Fuschius, car il connaît bien cette plante qui croît abondamment dans toute l’Espagne, et dont la racine remplace même le turbith dans la plupart des officines. Tous les naturalistes Arabes ne partagent pas d’ailleurs l’opinion de Sérapion ; quelques-uns même nous ont laissé une description de l’Ipomcea turpethum qui correspond aux données que nous possédons aujourd’hui. Ajoutons toutefois que Mésué ne fut pas plus heureux que Sérapion en attribuant le turbith à une plante voisine de la férule, dont elle se distinguerait par ses feuilles plus petites. Il fut mieux inspiré dans l’énumération des caractères auxquels on reconnaît un bon produit. Le turbith, dit-il, doit être blanc, poreux à l’intérieur comme une tige de roseau, résineux, à écorce de couleur cendrée, cassant, et à surface presque unie.

Il ajoute que pour atténuer les effets de cette drogue, Judæus conseille de l’additionner de gingembre, d’amandes et de suc de coings; G. Paulus regarde le turbith comme la racine de l’Alypia,

planle originaire de la côte orientale, bien différente du Tripolium de Dioscoride, suivant l’avis de Bernardus Dessenius, car cette dernière racine est âcre et odorante, tandis que celle du turbith n’accuse ni odeur ni âcreié. Pour Tagantius et Gallus, c’est la racine d’une bette; Mundella et Tragus croient y voir la racine de l’Euphorbe pityuse, Schroder veut qu’elle soit un Thlaspi, Ray et Hermann l’appellent : Convolvulus indicus alatus maximus foliis hibisco nonnihil similibus angulosis (caractères donnés aussi par Tournefort).

Selon Linné, la racine de Turbith est fournie par le Convolvulus iurpethum foliis cordalis angulatis, caule membrano quadrangulari. Hermann lui attribue aussi une tige quadrangulaire et fait partir de son sommet quatre ailes membraneuses qui se prolongent jusqu’à la partie inférieure. Mais Blackwels nous la décrit cylindrique dans toute son étendue et portant des fleurs blanches qui rappellent celles du Calystegia sepium, et dont les étamines exsertes la rapprochent des Exogonium. Mais elle n’appartient pas plus à ce genre qu’au genre Convolvulus; R. Brown l’a rangée parmi les Ipomæa et lui a assigné le nom d’ipomœa iurpethum.

La plante mère du turbith répond aux caractères suivants :

La tige volubile, anguleuse, s’enroule de droite à gauche, ayant, suivant M. Lépine, deux, trois

ou quatre ailes membraneuses, ce qui la fait paraître ronde, triangulaire ou quadrangulaire et explique les diverses appréciations qui en ont été faites.

Les feuilles grandes, alternes, cordiformes, entières ou sinuées, sont velues sur les deux faces. Les pédoncules axillaires portent de une à quatre fleurs, munies de bractées caduques. Le calice se compose de 5 divisions disposées sur deux rangs; les 3 internes sont plus petites et glabres, les 2 externes sont velues. Ce calice persiste et enveloppe la capsule. La corolle est d’un blanc pur, à tube très court; le limbe très élargi porte 10 échancrures peu marquées. L’androcée est formé de 5 étamines incluses, à anthère biloculaire. Le pistil dépasse les étamines. Le fruit est une capsule quadrangulaire, membraneuse, à 4 loges renfermant chacune une graine arrondie, chagrinée, noire. Le testa est corné, l’embryon plissé et blanc jaunâtre.

La racine de cette plante est très-longue, recouverte d’un épiderme gris, quelquefois noirâtre, ridée dans le sens de la longueur. La partie corticale est blanche mais devient grise par la dessiccation. Quand on coupe une racine fraîche, il en sort un suc laiteux blanc, mais seulement de la partie corticale. Ce suc laiteux se concrète en une résine presque incolore.

Cette plante est originaire de Ceylan. Elle croît abondamment dans l’Inde, à Cambaye, à Surate,

à Guzerate et dans les îles Malaises. On ne la rencontre pas sur les bords de la mer, mais au moins à 2 ou 3 milles dans les terres. Elle se développe mieux dans les terrains humides, tels que les endroits boisés, buissonneux, les fossés et généralement tous ceux qui ne sont pas trop visités par le soleil (Choisy).

La récolte de cette drogue n’offre pas beaucoup de particularités intéressantes. Monardès nous prémunit toutefois contre une ruse familière aux Indiens. Ces derniers, sachant que nous jugeons de la valeur du turbith à son aspect résineux, ont coutume, avant la récolte de la plante, de la tordre ou lui faire une incision légère pour provoquer l’accumulation du suc résineux à la surface de section ou aux extrémités. Ils reviennent ensuite quelques jours après et récoltent le produit que recouvre plus ou moins complètement une couche de suc concrété. Le turbith est desséché au soleil et non à l’ombre, qui a l’inconvénient de le noircir; inconvénient qui ne lui enlève pas, il est vrai, ses qualités et ses propriétés, mais qui le désapprécie aux yeux de l’acheteur. On active parfois sa dessiccation en enlevant sa partie centrale. Suivant Monardès, la partie inférieure de la tige est seule pleine de résine et seule doit constituer la drogue officinale. Elle est parfois accompagnée de la racine, ajoute-t-il, mais ce dernier organe n’est qu’accessoire et dépourvu de toutes propriétés médicamenteuses. Tel n’est pas l’avis de Guibourt qui voit

dans la racine la partie la plus riche en résine et, par conséquent la plus active.

Description .—Le turbith (turbith végétal, racine de turbith; radix turpethi, IndianJalap turpeth (angl.) Turbethxvurzel (allem.J se présente dans le commerce sous forme de tronçons tantôt pleins, tantôt dépourvus de leur partie corticale et consistant alors en cylindres creux formés par une écorce très-épaisse, Leur diamètre varie de 14 à 27 millimètres sur 15 à 16 centimètres de longueur. Ils sont rarement droits, le plus souvent ils sont plus ou moins recourbés, par suite de la torsion que leur ont fait subir les collecteurs, pour leur donner meilleure apparence ou pour dissimuler parfois une extraction préalable de la résine. L’extérieur est rougeâtre ou d’un jaune fauve cendré, offrant des sillons et des points saillants longitudinaux. L’intérieur est blanchâtre et poreux. La partie corticale est compacte et souvent entrecoupée de larmes résineuses d’un beau jaune. Quand elle constitue toute la drogue, elle présente ordinairement des faisceaux ligneux très-rapprochés et disposés en un ou plusieurs cercles concentriques au milieu du parenchyme cortical. Ces faisceaux sont toujours criblés de pores aisément visibles sur la coupe transversale et correspondant à autant de gros va isseaux ponctués. Le turbith est inodore ; sa saveur d’abord peu sensible laisse une impression nauséeuse assez prononcée. Il est souvent mélangé d’une quantité plus ou moins grande de tronçons de tige de la même plante.

Structure micrographique. — La racine de turbith présente sur la coupe transversale les éléments suivants :

Quelques rangées de cellules subéreuses constituent la partie la plus externe de l’écorce. Ces cellules cubiques on tabulaires, plus ou moins désorganisées à l’extérieur, sont colorées en jaune brunâtre. Au-dessous de la couche subéreuse apparaissent des cellules à parois plus épaissies en certains points, très-irrégulières, étendues dans le sens tangentiel et formant une dizaine de rangées au-dessus d’une couche de cellules qui ne diffèrent des précédentes que par leurs parois minces dans toute leur étendue. Dans ce parenchyme cortical se distinguent plusieurs éléments bien caractérisés. Des grains d’amidon réunis en nombre variable remplissent les cavités cellulaires. Çà et là sont aussi disséminés des cristaux d’oxalate de chaux en rosette. On trouve encore dans cette région de nombreuses cellules à parois très-épaissies, soit éparses, soit réunies en masses ou en files et pressées alors plus ou moins fortement les unes contre les autres. Quelques larmes de résine décèlent la présence de cellules résineuses que différencient d’ailleurs leur coloration et leur volume plus considérable. Ces laticifères, rares dans les parties voisines du suber, deviennent plus nombreux vers la zone de séparation de l’écorce externe et interne. Cette dernière offre des séries concentriques de cellules superposées plus ou

moins régulièrement, à parois minces, qui figurent ici comme dans les Jalaps l'élément constitutif du liber mou. C’est dans cette partie corticale qu’abondent les laticifères qui amènent une déformation plus ou moins grande des cellules libériennes voisines. Ils ne sont pas toutefois disposés régulièrement commé dans le jalap tubéreux, où ils forment, par suite de leur symétrie, des sortes de couches concentriques visibles à l’œil nu. Examinés sur la coupe longitudinale, ces laticifères apparaissent le plus souvent formés de cellules placées les unes au-dessus des autres ; mais il arrive souvent que les cloisons transversales de séparation se résorbent et donnent ainsi naissance à des espèces de vaisseaux propres d’une certaine longueur (M. G. Planchon).

Telle est la configuration que présente sous le microscope l’écorce d’une jeune racine de turbith. Mais avec le temps se développent de nouvelles formations qui ne correspondent pas toutefois à l’accroissement normal d’une racine et constituent ainsi une anomalie. En effet, on voit apparaître dans l’écorce des amas fibro-vasculaires isolés et formant une ou plusieurs zones circulaires. La coupe transversale du turbith rappelle alors celle des Sapindacées, où un faisceau ligneux circulaire, normal et central est entouré d’un grand nombre de plus petits disposés en une ou plusieurs rangées concentriques (de Bary). Ces faisceaux corticaux sont composés de gros vais-

seaux à large ouverture, à ponctuations aréolées, entourés d’un grand nombre de fibres ligneuses à parois épaisses et ponctuées.

L’écorce se relie au bois par la zone cambiale dont les éléments se déchirent et expliquent la facile séparation de ces deux parties. Le tissu ligneux principal se compose d’amas fibro-vasculaires dont la structure rappelle celle des fragments renfermés dans l’écorce; mais ils sont plus développés et forment une couche concentrique épaisse dont la continuité n’est interrompue que par quelques rayons médullaires. Ces derniers, dont le nombre diminue dans les racines vieilles, sont constitués par des cellules analogues à celles de l’écorce, mais étendues en sens contraire, cellules remplies de grains d’amidon et contenant aussi des cristaux d’oxalate de chaux en rosette. A la couche fibro-vasculaire succèdent plusieurs rangées de cellules superposées, à parois peu épaisses, qui figurent le parenchyme ligneux.. Cette partie offre quelques rares cellules résineuses et entoure une moelle peu développée à cellules arrondies et peu épaisses.

Falsifications. — On a parfois mélangé le turbith avec du jalap fusiforme. La confusion des deux drogues est peut-être possible quand les deux extrémités du turbith sont enduites d’une couche résineuse, mais une section transversale, opérée fraîchement, met à découvert deux surfaces trop distinctes pour qu’elles puissent être prises l’une

pour l’autre. De plus, on ne retrouve pas dans le turbith l’odeur nauséeuse du jalap et sa coloration gris-noirâtre.

Il est plus important de ne pas confondre la racine de turbith avec celle de thapsie blanche qui est très-dangereuse. On donne quelquefois àcelle-ci la forme de la première ; aussi faut-il examiner attentivement le turbith végétal. On distingue la racine de thapsie blanche à sa saveur qui est excessivement âcre et même caustique et à sa couleur qui est d’un gris argenté.

On a pu encore confondre la racine de turbith avec le coste arabique, mais cette dernière plante est aujourd’hui rare dans le commerce et n’offre d’ailleurs ni la saveur ni la texture du turbith.

Composition chimique. — Le turbith a été analysé la première fois par Boutron-Charlart, dont les travaux sur ce sujet ont préparé les découvertes de Spirgatis sur la constitution intime delà résine de turbith. Telles sont les résultats de ces expériences : huile volatile, résine, matière grasse, albumine, fécule, matière colorante jaune, ligneux, sels et oxyde de fer (Examen chimiq. du turbith, 1822). Ce sont là des données bien incomplètes; mais M. Andouard a comblé cette lacune en nous communiquant la proportion des éléments ci-dessus indiqués :

Eau... 3,60

Résine. 10,20

Gomme, albumine... 7,20

Amidon,

Sucre ..

Ligneux

Sels minéraux. 9,80

Perte. 8,64

Résine. — La racine de turbith doit ses propriétés médicinales à la résine qu’elle contient. Le procédé d’extraction de cette résine est le même que pour la résine de jalap; nous ajouterons que le mode opératoire de M. Mouchon, cité dans la préparation des résines de jalap et de scammonée, trouve ici son application.

La résine de turbith, lorsqu’elle vient d’être précipitée par l’eau, est d’un jaune sale, et présente l’aspect nacré de la résine de jalap ; lorsqu’on l’agite avec une baguette sèche, elle est un peu rougeâtre, mais toujours de couleur claire, si elle n’a pas été desséchée à une température trop élevée. Son odeur est à peu près nulle, sa saveur est mêlée d’âcreté et d’amertume. Elle contient, avec une petite quantité de matière résineuse molle, soluble dans l’éther, une substance insoluble dans le même véhicule, dans la benzine, le sulfure de carbone et les huiles essentielles ; c’est la turpéthine qui entre dans la constitution de la racine dans la proportion d’environ 4 0/0. Spirgatis a étudié cette substance (Zeitschr der Chimie und Pharmacie, 1865), qu’il a rangée parmi les glucosides, en lui assignant la formule suivante : (C n H 56 O 18 ). La turpéthine est voisine de la con-

volvuline, de la jalapine et de la tampicine. Elle possède la même composition que la jalapine, dont elle se différente par son insolubilité dans l’éther. C’est une matière résineuse, brunâtre, inodore, d’une saveur âcre et amère qui ne se développe qu’après quelque temps ; la poudre irrite fortement les muqueuses. Elle est très-soluble dans l’alcool, mais insoluble dans l’eau et dans l’éther ; elle fond à 183°. Les alcalis la dissolvent en la transformant en acide turpéthique et en glucose fermenstiscible.

Usages. — Suivant M. Andouard, le turbith constitue un bon purgatif qui présente l’avantage de ne pouvoir être mêlé facilement. De plus, il est tellement abondant, dit M. Lépine, qu’il croît à l’état sauvage dans les forêts de nos possessions de l’Inde à Pondichéry. Mais, malgré toutes ces qualités, il est à craindre que, d’ici à longtemps, l’indifférence des médecins ne se modifie pas à son égard. Des expériences nombreuses, faites dans différents servicesdés hôpitaux de Paris, ont amené à conclure que la résine de turbith purge parfaitement bien, quoique peut-être un peu moins que celle de jalap et de scammonée. M. Reveil a représenté l’activité de ces trois purgatifs par les nombres suivants : par 10 celle de la résine de jalap, par 9 celle de la résine de scammonée, et par 8 celle de la résine de turbith. On peut donc dire que le turbith est un bon succédané du jalap et de la scammonée. Les diverses formes pharma-

ceutiques et les doses employées sous chacune de ces formes pourraient être les mêmes que pour les autres résines, sauf à élever un peu la dose de cette dernière.

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