CHAPITRE V
lilserons indisèncii.
Je ne puis faire l’hisloire générale des convolvulacées purgatives, et donner des éloges à celles qui nous viennent de contrées éloignées, sans en revendiquer aussi quelques-unes pour mon pays.
Nous possédons en France des liserons dont l’abondance n’est que trop connue de nos cultivateurs, et qui, pour être chaque jour foulés aux pieds avec dédain, n’en sont pas moins des plantes purgatives susceptibles d’être utilisées si on le voulait.
Quatre de ces liserons ont été étudiés d’une manière spéciale sous le rapport dé leurs propriétés médicales, ce sont les Convolvulus arvensis et altfiœdides, et les Cahjstegin sepium et soldane/la.
Le ConvolviUus arvensis a été analysé par M. Chevallier, qui en a retiré 4 à 5 p. 100 d’une résine brune pouvant purger à dose de 10 ou 12 grains.
LeConvolvulus nllliœoïdes, qui est très-commun dansle Languedoc et la Provence, a été l’objet des recherches de Loiseleur Deslongchamps. Selon lui, une infusion de 2 onces de sa racine dans une livre d’alcool, prise à la dose de 4 à 6 gros dans une tasse d’eau sucrée, agit comme un purgatif léger.
Le même observateur fait bien plus de cas du Calystegia soldanella qu’il estime assez pour dire qu’il remplacerait fort bien le jalap. La racine de ce liseron si répandu sur nos côtes renferme un peu plus de 5 p. 100 de résine, et Deslongchamps en a obtenu d’excellents effets, soit qu’il l’ail administrée en poudre ou en teinture. Ses feuilles meme donnent une décoction active si l’on en emploie 15 grammes à la fois.
Le Calystegia sepium enfin, qui paraît être l’eacKovTi de Théo-
phraste, le (T|ji,i5a| de Dioscorides, et dont Pline fait également mention, se fait remarquer par des propriétés purgatives incontestables. Son suc épaissi en extrait peut, dit Haller, être prescrit à la place de la scammonée, à la dose de 15 à 30 grains chez les adultes, et de 5 à 10 grains chez les enfants. Suivant Bodard on retire encore de bons effets de l’infusion de 1 à 3 gros de ses feuilles. Mais la partie la plus active est la racine, quoique la gent porcine la recherche avec avidité comme aliment. M. Chevallier en a extrait 5 p. 100 de résine purgeant moitié moins que celle du jalap.
On pourrait donc parfaitement employer ces liserons eu nature, ou se servir de leur résine, puisqu’il semble démontré qu’elle a une valeur thérapeutique non douteuse. On ne le fait pas; sans doute parce qu’il est rare que nous appréciions autant ce qui se trouve près de nous que ce qui vient de loin.
1805. - Audouard,