‹ Étude sur les cornes des paupièresChapitre 10 sur 25 · EC PE · texte numérisé non relu

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étant, par conséquent, dans son essence, d’origine connective.

Bar en particulier, les ayant observées maintes fois chez les animaux, les appelle des « PAPILLOMES KÉRA- TOIDES » et considère leur structure histologique comparable à celle d’un papillome corné : la lésion, ditil, est constituée par un grand nombre de papilles étroites, tassées en faisceau et noyées dans un revêtement épithélial pavimenteux à couche cornée épaisse.

D’autres tels que : (UNXA, DUBREUILH, MITWALSKY, ACHENBACH, BŒTGE), se rangent à la théorie épithéliale de ces tumeurs. C’est une production purement épidermique, disent-ils, à un endroit pathologiquement altéré, les cellules épineuses prolifèrent en formant des colonnes et se cornifient activement. Les papilles ne prennent aucune part à la néoformation : on a observé des cornes sur les cicatrices privées de papilles (BLAND-SULTON) sur la cornée d’une vache (Baas), sur une pseudo-cornée staphylomateuse (ARr- NOLD-LaAwsoN). La corne repose sur un tissu conjonctif trabéculaire et vascularisé qui pousse des prolongements dans le tissu de la corne ; autour de la base de la corne, le derme est surélevé. A la prolifération épithéliale prennent part les follicules pileux et les conduits excréteurs des glandes sudoripares.

CIRINCIONE, en particulier, dans son très intéressant mémoire, admet que la corne est formée exclusivement par une hypertrophie circonscrite du corps muqueux de Malpighi.

En fait, il est certain que le fait principal et constant consiste dans la prolifération du corps muqueux

de Malpighi, l’hypertrophie du corps papillaire est au contraire un fait accessoire dont il ne faut pas méconnaître ni la fréquence ni l’importance.

Avec LAGRANGE nous pourrions dire « que la corne est une néoplasie dermo-épidermique dans laquelle la formation épithéliale tient le principal rôle, dans laquelle aussi existe souvent une hypertrophie papillaire ». Le tissu dermique est toujours en quantité infime par rapport au tissu épithélial ; c’est celui-ci qui prolifère ; les éléments se multiplient en conservant les dispositions respectives de la couche épidermique et germinative, couches de cellules épineuses, de cellules granuleuses cornées ; par conséquent, lévolution physiologique s’accomplit dans ses faits principaux comme dans l’épiderme ordinaire.

Nous concluerons donc que les cornes des paupières sont des tumeurs dermo-épidermiques, caractérisées essentiellement par la prolifération en surface des cellules de l’épiderme au-dessus d’une ou plusieurs papilles hyperplasiées. Cette prolifération aboutit en définitive à la formation d’une couche épaisse de tissu de kératose pure. Les caractères histologiques de ces tumeurs les rapprochent des épithéliomas globo-cellulaires mais dans les cornes pures on ne trouve jamais de boyaux épithéliomateux dans le derme et les kariokynèses y sont très rares et toujours normales.

On pourrait définir en somme la corne : UN ÉPITHÉ- LIOMA GLOBO-CELLULAIRE, à développement uniquement en surface et sans aucun caractère histologique de malignité.

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