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CHAPITRE IV

Anatomie pathologique

La constitution réelle d’une corne doit être déduite de l'étude attentive des sections papillaires et cellulaires.

En coupe longitudinale, les cornes présentent, en général une portion en quelque sorte corticale, de consistance très ferme et une portion centrale plus molle.

Ces cornes sont constituées par un élément conjonctif revêtu d’épithélium et plus ou moins pénétré par cet épithélium à leur base.

LE SUBSTRATUM CONJONCTIF est constitué d'éléments papilliformes de longueur extrêmement variable, généralement plus longs vers la périphérie de la tumeur.Les végétations sont de direction très irrégulière et souvent ramifiées. Leur tissu est clair, myxoïde, comprenant des cellules fixes, étoilées et un réseau de fibrilles délicates dans les mailles duquel on rencontre un nombre parfois considérable de cellules

migratrices. Elles sont assez richement vascularisées.

LE REVÈTEMENT ÉPITHÉLIAL est très facile à étudier vers les extrémités papillaires où nous l’examinerons d’abord. Sa constitution est celle de l’épithélium de la peau. Il repose sur les papilles par une couche basale ou génératrice d'éléments cylindroïdes à noyaux serrés et fortement colorés. A cette couche font suite plusieurs assises de cellules polygonales du type Malpighien unies entres elles par les épines de Schulze. Les éléments cellulaires s’aplatissent ensuite progressivement, et dans la zone qui correspond au Stratum Granulosum de la peau normale, on ne trouve que rarement des cellules chargées de granulations d’éléidine, ou du moins s’y rencontrent-elles avec une bien moindre abondance. Il s'ensuit que la kératinisation est anormale et que si les cellules présentent bien les réactions colorantes de la kératine, du moins le noyau a-t-il presque toujours conservé ses propriétés de coloration normale de sorte que dans les parties les plus superficielles de la corne, on rencontre encore des noyaux bien colorés en violet par l’hématéine.

L’épaisseur de cette coudhe de cellules vieilles, irrégulièrement kératinisées, est considérable. C’est à elle surtout qu'est dûe la saillie parfois très accusée de la tumeur. La direction des cellules cornées épouse absolument les contours des saillies papillaires et coiffe à perte de vue ces papilles de cônes.

DANS LES ANFRACTUOSITÉS INTERPAPILLAIRES, l’épithélium se comporte d’une façon un peu différente. En effet, les couches jeunes y sont beaucoup moins nettes et beaucoup moins régulières et la colonne de cel-

dre

lules vieillés provenant de l’évolution de cet épithélium est moins cohérente et s’effrite beaucoup plus facilement.

Vers la base de la tumeur, LES RAPPORTS DU TISSU ÉPITHÉLIAL ET DE LA CHARPENTE CONJONCTIVE se Compliquent étrangement. Les bourgeons interpapillaires se ramifient d’une façon désordonnée et forment un réseau irrégulier mêlé d’une faible quantité de tissu conjonctif d'aspect tout à fait embryonnaire. On rencontre à ce niveau des masses épithéliales évoluant avec une orientation cependant moins diérétique, grâce à laquelle les produits kératinisés de leur évolution ne peuvent plus gagner la surface et restent inclus au sein des masses épithéliales profondes où ils constituent des sphères fortement colorées, à structure concentrique, à évolution centripète ou globes épidermiques. ;

LE DERME sur lequel repose la corne, présente à son niveau une sorte de capsule limitée par un bourrelet circulaire. An contact immédiat des masses épithéliales, ce tissu conjonctif présente un aspect infiltré. Dubreuil a comparé, d’une façon très exacte, cette réaction du stroma à celle qui précède l’irruption des cancers épithéliaux, mais cette altération réactionnelle est très localisée et le derme reprend très vite ses caractères normaux.

Les éléments qui constituent une corne sont donc analytiquement les mêmes que ceux qui constituent la peau normale avec lesquels ils se continuent d’ailleurs : le Stratum Granulosum disparaît le plus souvent et la couche cornée s’exagére d’une façon con-

sidérable.

Le derme et ses papilles se continuent avec la charpente de la tumeur, mais ici, l'adaptation des éléments normaux à ceux de la tumeur a donné lieu à des dis-

cussions que nous allons examiner.

Les auteurs, qui se sont occupés de l’étude anatomopathologique des cornes, les rangent tantôt dans les papiilomes, tantôt dans les épithéliomas.

LES PAPILLOMES étant des tumeurs en quelque sorte d'initiative conjonctive dans lesquels le revêtement épithélial se développe secondairement pour remplir purement et simplement ses fonctions protectrices et subit des dégénérescences en rapport avec les nouvelles conditions nutritives ou mécaniques dans lesquel-

les il se trouve placé.

A ces tumeurs nous opposerons LES EPITHÉLIOMAS, tumeurs dans lesquelles la prolifération néoplasique se produit dans l’épaisseur de l’épithélium, introduisant des modifications secondaires dans l’abondance, la disposition et la constitution histologiques du tissu conjonctif nourricier. Le développement de ces tumeurs s'accompagne d’une désorientation de l’évolution cellulaire amenant la formation de Globles Epidermiques.

Un certain nombre d’auteurs (RINDFLEICH, BALLABAN, SCHOBL, BRAULT, NATANSON, CORNIE, RANVIER, CH.- THÉOD., DUC DE BAVIÈRE), considèrent les cornes comme des formations papillomateuses et les assimilent de la sorte, aux verrues ou papillomes cornés. Ils posent en principe qu’un groupe papillaire est nécessairement la base d’une corne cutanée, cette dernière

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