‹ Étude sur les cystites consécutives aux inflammations chroniques du col utérinChapitre 10 sur 44 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les altérations que présentent les parois vésicales sont fort variables ; elles diffèrent selon l'intensité et la durée de la cystite.

La muqueuse est le siège principal et presque exclusif des lésions, dont il est possible de rencontrer toute la gamme dans la cystite aiguë. Les urines sont troubles, plus ou moins purulentes ; elles peuvent renfermer parfois des débris épithéliaux.

Ces lésions de la muqueuse vésicale ont pu être particulièrement bien étudiées depuis que la cystoscopie est devenue une pratique courante. Elles ne présentent, dans les cystites d’origine génitale, aucun aspect particulier qui puisse les faire distinguer des autres inflammations vésicales et qui nécessite une description spéciale.

A un premier stade, on trouve une vessie d’une certaine capacité, malgré une pollakiurie parfois assez marquée, et permettant un examen facile. On observe sur la muqueuse des placards rouges, à contours circulaires plus ou moins réguliers, dont le diamètre va

jusqu’à celui d’une pièce de cinquante centimes. Le

reste de la muqueuse présente une coloration rouge pâle plus ou moins orangé, exagération de la teinte normale de la vessie. Cette coloration n’est pas du reste uniforme, mais semble produite par un piqueté atténué par endroits, exagéré en d’autres points du même placard. La surface elle-même de ces placards n’est pas plane, mais irrégulière et terne, sans toutefois présenter l'aspect velvétique. Ces lésions siègent au niveau du bas-fond et un peu en arrière du trigone ; rarement on les constate limitées à une autre partie de la vessie. Les orifices urétéraux sont normaux.

À un degré plus avancé, on trouve de la rougeur diffuse, de l’hyperémie vasculaire et le même tableau cystoscopique, mais il se surajoute de l’æœdème de la région trigonale, soit œdème bulleux en masse, soit de bulles d'œdème isolées. Dans les cas plus graves, on rencontre des hémorragies punctiformes, et par endroits des plaques irrégulières, plus ou moins confluentes, d’une coloration variant du rouge sombre au noir ; ces plaques sont dues à une transformation des suffusions sanguines sous-épithéliales. Quelquefois la muqueuse à leur niveau est frappée de nécrose, d’où la production d’ulcérations, comme si la muqueuse avait été arrachée, mettant à nu les couches profondes de la paroi vésicale. Ces ulcérations, à bords en pente douce, sont entourées d’une aréole dont la coloration va se dégradant des bords à la périphérie. Il n’est pas rare de les voir siéger en des points symétriques de la muqueuse vésicale.

JSF

Dans les cas plus anciens, caractérisées par leur allure chronique, l'aspect cystoscopique de la muqueuse change totalement et se rapproche de ce qu’on observe chez des vieux urinaires. Elle apparaît pâle, blanche ou gris jaunâtre, boursouflée, épaissie et ramollie tout à la fois, avec infiltration œdémateuse ou sclérose des couches sous-jacentes. La cicatrisation des ulcérations, des abcès donne des zones de tissu. plus pâles, rétractiles, qui forment des brides simples ou étoilées, plus ou moins saillantes.

A un degré plus accentué, la muqueuse prolifère, : devient granuleuse, présente des villosités qui peuvent parfois en imposer pour des productions néoplasiques. Elles ne présentent que le premier stade de ce que: nos anciens nommaient fongosités, épithète communément appliquée à toutes les grosses proliférations intravésicales dont la nature était pour eux mal déter-

minée.

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