OBSERVATION V
Mme veuve P.., 44 ans, est envoyée de l’Hôtel-Dieu à la consultation de clinique urologique de Necker en oc- D. Weissberg 5
a OO tobre 1934 pour pollakiurie trouble et douleurs intenses au niveau du méat urinaire.
Antécédents héréditaires : nuls.
Antécédenis personnels : réglée à l’âge de 14 ans, régulièrement.
Une seule grossesse à l’âge de 23 ans, terminée par un accouchement difficile avec déchirure du col. Par la suite la malade a vu s'installer des pertes relativement abondantes qui persistent depuis avec des intensités variables.
La malade n’a jamais été soignée pour cette affection. Ce n’est qu’en 1928 qu’elle a vu un médecin pour des troubles vésicaux survenus à cette époque et consistant en mictions fréquentes, douze à quinze fois dans la journée, trois à quatre fois dans la nuit, avec douleurs peu intenses sous forme de brûlures à la fin des mictions, et urines troubles. En même temps douleurs marquées dans la région lombo-sacrée et écoulement leucorrhéique plus abondant que d'habitude.
Elle fut soumise à un traitement de cystite, antiseptiques urinaires et des instillations, suivies de lavages modérés, qui la soulagea beaucoup, sans toutefois la guérir complètement. Ses urines sont restées un peu louches et les mictions plus fréquentes qu'auparavant ; en outre ses pertes persistaient toujours.
Depuis ce temps elle présenta à trois reprises des phénomènes analogues du côté de la vessie qui s’amendaient chaque fois après quelques semaines, mais sans avoir disparu complètement.
En octobre 1934, au milieu de ces troubles, un phéno-
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mène nouveau survient qui oblige la malade de consulter à l’'Hôtel-Dieu. Depuis plusieurs mois en effet, elle présente au niveau du méat, une douleur vive, violente et surtout accentuée à la fin des mictions, ou spontanément après la marche, qui de ce fait devient pénible. De l’Hôtel-Dieu la malade est envoyée dans le service des voies urinaires de Necker.
Etat actuel de la malade :
La fréquence des mictions persiste, mais les envies sont moins impérieuses qu’au début, il y a quelques années. La malade urine en moyenne toutes les deux heures dans la Journée et se lève deux à trois fois dans la nuit. Chaque miction s'accompagne d’une douleur très vive, surtout à la* fin ; la malade éprouve d’ailleurs la même sensation douloureuse pendant la marche.
En outre, douleurs continuelles dans la région lombosacrée avec sensation de pesanteur dans le bas-ventre ; l’écoulement leucorrhéique persiste toujours.
Urines louches, faible dépôt floconneux.
Examen de la malade :
À la partie antérieure de la vulve, entre les grandes lèvres, une tumeur mollasse de volume d’un haricot, de coloration rouge foncé, dépolie, couverte de sécrétions visqueuses et sanglantes. La palpation est douloureuse ; on ne trouve à la base d’implantation aucune trace de méat, la muqueuse qui recouvre la tumeur se continue avec celle du vestibule. Au sommet de la tumeur, un orifice à bords œdémateux dans lequel s’engage le bout d’une sonde, et à travers lequel s'écoule l’urine.
La vessie est légèrement sensible à la palpation hypo-