OBSERVATION XII
Reymond : Des cystites consécutives à une infection de La vessie à travers les parois. Annales des maladies des
org. gén.-urin., 1893.
Mie L. V..., âgée de 30 ans entre dans le service de M. le Prof. Guyon le 25 avril 1892.
2 SA ne
Antécédents héréditaires sans intérêt.
À 13 ans eczéma.
À 15 ans typhoïde.
Elle se marie et a quatré enfants sans aucun: accident:
Jamais la malade n'avait été sondée.
C’est au mois de novembre 1891 que sans raison apparente elle ressentit quelques douleurs en urinant, elle s’aperçut qu'elle urindit plus fréquemment ét que ses ürines étaient troubles ; les symptômes de cystite ne disparurent jamais depuis cette époque.
En même temps la malade constatait des pertes blanches assez abondantes qui constituèrent le seul symptôme dé métrite.
Etat actuel de la malade :
Lorsque la malade vient à l'hôpital, ce sont seulement les phénomènes de cystite qui la déterminent de demander une consultation ; la métrite ne fut reconnué que par l'éxamen des organes génitaux.
Au toucher, on trouva l’utérus mobile; le col gros et déchiqueté. Les culs-de-sac sont libres, on né sent pas les trompes.
Au spéculum, on voit le col gros et rouge; de l’orifice du museau de tanche s'échappe du muüco-pus:
Organes urinaires.
La fréquence des mictions est considérable ; la malade urine toutes les demi-heures, pendant le jour; elle se lève quatre fois chaque nuit.
Les douleurs sont très vives pendant et! après les mie: tions.
La vessie se laisse facilement distendre: on injccté
Qi a
300 grammes avant de provoquer de vives douleurs. Les urines ne sont pas très troubles ; on y trouve une quantité peu considérable de leucocytes, peu considérable aussi des micro-organismes.
Etude bactériologique :
Des cultures furent faites d’une part et à plusieurs reprises avec l’urine de la malade.
Des cultures furent faites d’autre part : 1° avec le mucopus sortant du museau de tanche ; 2° avec le produit du curettage.
Celles provenant de l’urine furent toujours semblables à elles-mêmes, elles furent semblables aux cultures provenant du curettage utérin. Les cultures faites avec le muco-pus contenaient le même micro-organisme mêlé à d’autres espèces.
Les cultures faites avec le produit. du curettage et avec l’urine furent faites dans le bouillon, sur gélose, sur gélatine.
L'identité des micro-organismes venant des deux sources ne laisse aucun doute ; il s’agit d’un gros diplocoque peu mobile très virulent, dont les caractères ne paraissent correspondre pleinement à aucune espèce décrite et dont nous nous proposons de faire une étude plus complète : cette étude serait longue et nous a paru ici hors du sujet.
Suites de la maladie :
Du 25 avril jusqu’au 20 mai l’état de la malade reste le même ; des lavages de la vessie et des instillations ne parurent pas amener une grande modification. Les douleurs étaient un peu moins vives après trois semaines de repos, mais toujours la malade devait se lever quatre fois
par nuit.
Le curettage eut lieu le 21 mai.
Le pansement ne fut enlevé que sept jours après l’opération ; à ce moment la malade remarquait qu'elle souffrait moins en urinant. Quinze jours après elle ne se levait plus pour uriner la nuit.
Elle revint à plusieurs reprises après sa sortie de l’hôpital; les douleurs avaient totalement disparu, le nombre des mictions était normal, les urines claires ; on ne regarda
pas si ses urines cultivaient.