ERA ES
filles et chez des femmes très âgées, mais ils s’observent plus fréquemment à partir de l’âge de la puberté, surtout de 20 à 35 ans.
Cattermole rapporte le cas d’un kyste dermoïde de l’ovaire observé chez une petite fille de 8 ans ; après l’opération, l'examen de la tumeur révéla la présence de cheveux et de tissu osseux.
Les kystes dermoïdes siègent plus souvent à droite qu’à gauche. Ils sont quelquefois bilatéraux : sur les 100 cas observés à la clinique Mayo, 14 pour 100 étaient bilatéraux. Dans un travail datant de 1875, Pauly pouvait déjà signaler dans sa statistique de 117 cas de kystes dermoïdes de l'ovaire, que 20 fois il s'agissait de kystes bilatéraux.
Dans un travail récent, R. Lœwy et Guémiot en ont réuni 77 nouvelles observations.
L'existence de kystes bilatéraux est compatible avec l’état de gestation. Un auteur américain, Gellhorn, rapporte un cas où il s’agissait d’une femme enceinte de 4 mois, il enleva alors une des tumeurs, la grossesse continua à évoluer normalement et alla à-terme. La femme eût même une seconde grossesse qu’elle mena à bien. C’est alors seulement que Gellhorn extirpa la seconde tumeur.
En dehors de ces cas de grossesse coexistant avec des kystés bilatéraux, les auteurs ont souvent observé, et les rapports en sont nombreux, la présence simultanée de kyste unilatéral et de grossesse : les femmes vont généralement à terme, redeviennent même enceintes sans avoir été opérées.
Le volume des kystes est très variable, généralement il est égal à celui d’une tête fœtale n’atteignant qu’exceptionnellement les amples dimensions des kystes mucoïdes. Le fait d’une poussée inflammatoire augmentant brusquement les proportions de leur contenu liquide, peut les faire devenir très volumineux.
Généralement, leur augmentation de volume est, lente, ce qui favorise la production d’un long pédicule qui, durant la grossesse, peut se tordre ; quelquefois ils sont inclus dans le ligament large. |
Le kyste de Kœæberlé, opéré par M. Lejars, était très volumineux.
ÉPRdEE
La surface interne de ces kystes rappelle par points l’aspect d’une peau macérée, son caractère distinctif est d’être tapissé de cellules ectodermiques : on y reconnaît l’épiderme avec sa couche cornée, son corps de Malpighi, ses annexes (poils, glandes sébacées, glandes sudoripares). Cette membrane d’enveloppe présente une épaisseur variable suivant les points considérés.
L'ouverture des kystes dermoïdes de l'ovaire révèle l’existence d'éléments les plus variés : ils contiennent tous du sébum dans lequel se trouvent noyés, des cheveux, du tissu osseux, des dents, etc. — dont nous nous entretiendrons plus loin. Cette substance provient vraisemblablement de la sécrétion des glandes sébacées contenues dans la surface interne du kyste. Celle masse sébacée analogue au «vernit caseosa», analogue au mastic ramolli, forme parfois des espèces de boules isolées et flottantes donnant, comme dans un cas observé par Forgue, la sensation de ballottement.
Cette substance, qui peut avoir une consistance huileuse, renferme une grande quantité de cellules épithéliales, de cristaux d’acides gras et de cholestérine.
On y trouve aussi fréquemment des cheveux agglutinés par la matière sébacée, généralement de couleur fauve et roulés en peloton ou en petits chignons, pouvant présenter une très grande longueur.
Ces cheveux s’implantent généralement sur la papille.
Qu'est-ce que la papille ? Lorsqu'on examine la face interne d’un kyste dermoïde de l’ovaire, après l'avoir lavée sous un courant d’eau chaude, pour la débarrasser de la substance graisseuse qui la recouvrait, on constate qu’elle est irrégulière et tomenteuse.
Cette paroi présente toujours, en un point, un épaississement plus ou moins saillant que l’on nomme la papille et c'est sur cette petite saillie que viennent s'implanter les cheveux observés. La papille est d’ailleurs la partie la plus intéressante du kyste et c’est là que l’on doit rechercher ses éléments constitutifs (Pozzi) ; en ce point se trouve associés les différents éléments tissulaires dont la réunion forme la caractéristique des kystes dermoïdes de l'ovaire.
On y trouve aussi du tissu nerveux et de la substance
DE
cérébrale ; constamment, d’après Wilms ; des filets nerveux (Monod et Legros) et même parfois ces filets nerveux se rendaient à des dents.
On a pu même observer des ongles et des mamelles.
Comme autres dérivés de l’ectoderme, nous trouvons d'une façon fréquente des dents : la littérature médicale rapporte un grand nombre de cas de kystes dermoïdes de l'ovaire contenant des dents. C’est particulièrement leur étude que nous avons en vue dans notre travail ; elle fera l’objet des chapitres qui vont suivre.
Les dérivés du mésoderme sont également représentés dans les kystes dermoïdes par du tissu osseux (maxillaires, os craniens), du tissu conjonctif, du tissu adipeux, du tissu cartilagineux et même du tissu musculaire.
Quant aux dérivés de l’endoderme, ils sont le plus souvent à l’état rudimentaire ; c’est ainsi que l’on a pu voir des rudiments d'appareil digestif et même d'appareil respiratoire |
Plus rarement, on a trouvé un tissu qui, à l'examen histologique, n’était autre que le tissu du corps thyroïde.
M. Lecène (1) a observé un cas semblable :
À l'ouverture, outre la matière sébacée et des poils abondants, se trouvait une dent. La paroi était lisse, sauf en un point où s’érigeait cette dent, à la base on pouvait voir un nodule rougeâtre qui, examiné en coupes, révéla la présence d’un épithélium cubique non stratifié, absolument semblable à celui de la glande thyroïde adulte normale.
MM. Plauchu et Gaudon (2) ont eu l’occasion, à Lyon, de voir des faits analogues chez une femme de 21 ans, opérée d’un kyste dermoïde de l'ovaire. Ce kyste contenait un fragment osseux pariébal avec du tissu identifié comme étant du tissu thyroïdien.
La nature thyroïdienne de pareilles formations n’a pas été admise par tous les auteurs.
Gottschalk y voit la dégénérescence colloïde d’une adénome folliculaire de l'ovaire.
(1) Bull. et Mon. Soc. Anat. de Paris, Année 1902, p. 485. (2) Lyon-Médical, Année 1923, p. 1009 à 1011.