L'ancien Régime et la Révolution, page
5. « Partout, sauf en des coins écartés, l'affection, Punion des deux classes à disparu, le berger s’est séparé du troupeau et les pasteurs du peuple ont fini par être considérés comme des parasites ». Taine, L'ancien Régime, p. 42.
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furent pas immédiatement comblés, l’empressement qu’on mit à les provoqner, les efforts que l’on tenta pour les satisfaire, prouvent assez la place que l’agriculture avait prise désormais dans l'opinion et dans les conseils.
Penclant cette période, les paysans n’eurent garde de négliger les moyens, qui leur avaient été donnés de renseigner les pouvoirs sur leurs besoins et leurs désirs, et nous verrons combien nombreuses furent les réclamations des campagnes, contenués dans les cahiers de
Mais les Etats généraux n'étaient pas convoqués bien fréquemment ; ils ne s'étaient pas réunis depuis 1614. Les assemblées provinciales, que les paysans pouvaient (au moins de façon indirecte) saisir de leurs griefs, avaient bien des sessions régulières, mais elles étaient bornées aux pays d'Etats. L'agriculture eut pourtant trouvé chez eiles un secours assuré.
Nous voyons en effet qu’en Languedoc, une commission spéciale de l’agriculture est instituée au sein des Etats vers 1760 et qu’elle sollicite des paysans et. rédige des rapports sur les questions agricoles. Chaque année, elle s'inquiète de mémoires semblables et les Etats délibèrent régulièrement sur ces sujets (1) L’Artois fait entendre aussi des vœux énergiques en faveur des campagnes, les Etats de cette province, usant de la pérogative d’adresser au prince toutesles demandes exigées par les intérêts et les besoins des citoyens, « produisent en 1784 un mémoire manuscrit au conseil de sa Majesté »
1. L'administration publique en Languedoc avant 1789 par Astre, tome XXII, page 240.
Neker va généraliser ces assemblées provinciales, et cette institution, empruntée à Turgot, va désormais influer sur la situation de: l’agriculture. Un arrêt du 12 juillet 1778, créait tout d’abord, à titre d’essai, dans le Berry, une assemblée de trois ordres, composée de douze membres du clergé, de douze gentilshommes et de vingt-quatre membres du Tiers-Etat, douze des villes douse des campagnes, choisis par l’intendant. Elle devait se réunir pendant un mois tousles deuxans. Dans l’intervalle de ses sessions, siégeait une commission intermédiaire. Chargée surtout de la répartition des impôts, elle pouvait faire au roi telles représentations qu'elle jugerait convenables et lui proposer tous règlements utiles à la province. Le 10 novembre 1778, elle se divisait en quatre bureaux. dont l’un chargé spécialement de l’agriture ;' elle se montra très active, discuta entre autres des questions agricoles, fit des rapports, distribua des primes.
D’autres conseils furent établis dans le Dauphiné, à Moulins, à Montauban, dans la Haute-Guyenne ; ici l'assemblée organisa des réunions agricoles. L’administration recueillait avec soin les mémoires et les procèsverbaux de ces conseils. Elle en faisait instruire et publier tous les renseignements utiles à l’agriculture et au bien-être des habitants des campagnes. Presque partout ces instructions étaient lues au prône de chaque paroisse, par le curé.
En juin 1787, parut l'édit qui organisait partout des