Mauguin, ôn ev., tome I
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assemblées provinciales (1). En 1788, nous voyons notamment déjà que, dans le conseil du Poitou, les vœux des campagnes vont être portés par les représentants de la généralité de Poitiers et que leurs doléances tiennent la plus grande place. Les mémoures des cultivateurs du Bas-Poitou, adressés à la même assemblée, font directement appel à l'intervention gouvernementale et considèrent comme une des attributions du gouvernement d’indemniser les laboureurs en cas d’épizooties, d'intempéries (2).
Les rapports adressés par trente et une paroisses de l'élection de Fontenay-le-Comte à la commission intermédiaire de l’assemblée de 1788 fournissent aussi d’utiles renseignements ; si les idées générales y sont rares, on y trouve surtout les vœux modestes des paysans exprimés
avec résolution et fermeté (3).
1. « Pour ce qui concerne la restauration des sociétés d’agriculture, M. d’Ormesson a observé qu’il entrait dans le plan du gouvernement d’avoir dans chaque assemblée provinciale un bureau d'agricullure toujours subsistant ; que ce serait avec ce bureau que le comité de Paris aurait à correspondre pour les objets d’administration et que probablement ce bureau attacherait de l'importance à remettre les sociétés d'agriculture en activité ». Discussion après lecture du mémoire Lavoisier, L’administration de l’agriculture, 642 séance, 31 juillet 1785.
>. Baudrillart. Populations agricoles de la France, Poitou, p. 155.
3. Dans l'assemblée provinciale de Rouen nous voyons que le troisième bureau s’occupe en particulier de l’agriculture : il traite des impôts, de l’état des chemins, de l'instruction à donner aux cultivateurs pour vaincre la routine, de la diffusion d'imprimés dans les campagnes sur les procédés de culture et d'élevage. ::.
Dans l'assemblée secondaire du département de Neufchatel et
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Il y avait là, comme le constate Manguin, plus qu’une institution politique et comme l'essai d’une véritable représentation des intérêts économiques ». L'agriculture s'y imposait par ses nombreux mémoires, elle y parlait par les douze membres de campagnes qui y siégeaient. Pourtant on ne pouvait dire praprement qu’elle y déléguait; les douze paysans, que comprenait l'assemblée, n'étaient pas élus par leurs pairs, mais désignés par le roi et chargés de nommer leurs successeurs ; l’agriculture donc n'avait pas encore dans ce conseil, plutôt politique, une vraie représentation.
Elle avait failli la trouver dans une autre institution,
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‘que les Etats provinciaux avaient précisément contri-
bué à créer. En 1757, Gournai réunissait à Rennes les praticiens les plus éclairés et les invitait à former une association, qui s’occuperait du perfectionnement de l’agriculture, des manufactures et du commerce. A la suite de cette réunion, sur l’initiative d’un abbé de Notre-Dame de Villeneuve, était bientôt fondée en Bretagne une association d’agriculture, arts et commerce, qui s’occuperait de tout ce qui toucherait aux intérêts de ces trois branches. La première société d'agriculture était créée.
Approuvée par les Etats de la province, auxquels elle demanda ses premiers membres, elle se divisait aussitôt en six commissions. Son premier soin fut de s'informer
de l’état de l’agriculture, des causes de ses progrès et de
d’Eu, nous trouvons le second bureau avec, pour attributions, le commerce, Pagriculture et le bien public.
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sa décadence. Chaque commissaire dut rédiger un mémoire développé sur les causes de la fécondité des terres et les moyens de l’accroître. Comme son siège était à Rennes, elle pouvait rentrer facilement en rapport avec les Etats, qui secondaient ses efforts, encourageaient ses essais, l’aidaient de secours en argent. Son action bienfaisante fut très sensible.
Pour remplir complètement la mission dont elle s'était chargée et ne rien négliger des intérêts qu’elle voulait servir et défendre, elle s’enquit auprès des agriculteurs mêmes de leurs besoins et de leurs vœux. « Tous les laboureurs de la province furent en même temps appelés à présenter leurs observations et leurs vues par des mémoires, qui furent ensuite dépouillés, étudiés, analysés dans les procès-verbaux de la société » (Tr).
Après de semblables consultations maintes fois renouvelées, les doléances des campagnes étaient sans cesse exposées aux Etats et, par eux comme par les Commissions, signalées au gouvernement. On demandait aux Etats, la création de nouvelles routes, l’entretien des voies de communication ; on sollicitait du pouvoir avec insistance l’établissement des droits, l’allègement des taxes Les plus onéreuses pour les paysans.
L’élan était donné ; la première tentative avait réussi ;
des sociétés analogues allaient être créées par toute la
1. L'agriculture, les classes agricoles de la Bretagne, par du Châtellier. Efforts des Etats de Bretagne et de la noblesse en faveur de l’agriculture pendant le cours du xvure siècle, note,
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France. En 1760 ce sont celles de Rouen, Tours (1) et Bourges; en 1761 celles de Limoges, Dijon, Paris, Riom, Lyon, Orléans, Soissons, La Rochelle, Mautauban; en 1762 celles d'Auch, de Caen, d'Alençon ; en 1763 celles d'Aix et de Valenciennes ; en 1764 celle de Châlons. Parmi elles il en est une surtout, qui devait prendre de l'importance : celle qu'un arrêt du 1° mars 1761 avait établi dans la généralité de Paris, sur la demande de Trudaine et Turgot. Elle avait quatre bureaux, à Paris, Meaux, Beauvais et Sens. L’intendant avait entrée et voix délibérative dans ces Assemblées. Ses délibérations et ses mémoires devaient être transmis au contrôleur général des finances qui était tenu d’en rendre compte au roi (2). :
Pourtant elle n’était guère à ses débuts qu'une Académie ; c'était surtout de science qu’elle traitait et ses onze sections se préoccupaient plutôt d'étudier des sujets d'agriculture pratique. Elle ne rendait pas non plus tous les services qu’on en pouvait attendre, parce qu’on n’avait pas suffisamment assuré d’abord ses rapports avec les autres sociétés. Celles-ci, du reste, si nous en
croyons un mémoire de Lavoisier de 1787, étaient peu
1. L'année suivante, le 24 février 1761, un arrêt du Conseil constituait, dans l’ancienne généralité de Tours, trois bureaux d'agriculture, dont le siège était dans les villes de Tours, d'Angers et du Mans. Chacun d’eux était composé de vingt membres et avait pour but « de favoriser les progrès de l’agriculture, de faire des expériences et découvertes utiles, d'instruire le public et d’exciter le zèle et l’émulation des cultivateurs » — Baudrillart. Populations agricoles de la France, — Touraine.